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Rapport de l’Observatoire des territoires 2016 : des disparités spatiales de l’emploi qui ont tendance à perdurer dans le temps

L'Observatoire des territoires du Commissariat général à l’égalité des territoires vient de publier son cinquième rapport intitulé : "Emploi et Territoires" qui a été remis au Ministre de l'Aménagement du territoire, de la Ruralité et des Collectivités territoriales le 13 décembre dernier. Il a été agrémenté de divers indicateurs cartographiques consultables en ligne sur leur site. Ainsi, le rapport rappelle les fortes disparités qui caractérisent les territoires français et qui, depuis des décennies, ne s'améliorent pas. Au contraire. Décryptage.

Les dynamiques actuelles des territoires prolongent les tendances passées

En France métropolitaine, selon les indicateurs retenus par l'INSEE, en 2015, 25,5 millions de personnes ont un emploi alors que 2,9 millions sont au chômage. Le premier constat est que en la matière la France se trouve dans le bas du classement à l'échelle européenne (pp.26-29). Dans le cadre de la stratégie européenne sur l'amélioration du taux d'emploi, Europe 2020, "en 2015, le taux d’emploi français est identique à celui de 2007 (70,0 %; 66,5 % pour les femmes). Aucune des régions françaises – dans leurs anciens périmètres – n’avait atteint l’objectif national en 2013, et si certaines s’en rapprochaient (Bretagne, Pays de la Loire, Île-de-France, Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées), d’autres avaient un taux d’emploi particulièrement éloigné de l’objectif (Nord-Pas-de-Calais et Picardie, Languedoc-Roussillon, Corse, Dom, où le chômage est très élevé)." (p.10)

À l'échelle nationale, la "géographie du chômage" se caractérise par des disparités spatiales qui sont "très stables" dans le temps, déplore le rapport : en 2014, les taux de chômage en France métropolitaine varient de 4,8 %, à Houdan dans les Yvelines, à 17,9 %pour Agde-Pézenas dans l’Hérault : "il existe un rapport de 1 à 4 entre le taux de chômage le plus faible et le plus élevé". Et les flux d'embauche bénéficient majoritairement à 4 régions (Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie et Paca) : Paris concentre 11,90 % des embauches de demandeurs d’emploi en 2015. Ainsi, "entre 1975 et 2012, l’emploi en France métropolitaine a augmenté de 5 millions de postes, soit une croissance moyenne de 0,57 % par an, à des rythmes plus ou moins soutenus selon les périodes. Cette croissance de l’emploi a été sélective : elle s’est concentrée dans certains espaces, au premier chef desquels la cou- ronne parisienne et les grandes agglomérations de l’ouest et du sud de la France, qui ont eu la croissance démographique la plus forte au cours des dernières décennies." (p.14) En 2012, 81,5 % des emplois sont situés dans une grande aire urbaine, particulièrement les villes de l'Ouest et du Sud.

La Lettre de Galilée

Par ailleurs, la croissance démographique et le dynamisme de l'emploi a profité jusqu'aux années 90 aux seuls principales agglomérations françaises."Il existe en effet une polarisation assez nette de la croissance de l’emploi jusqu’aux années 1990 : seuls les pôles urbains et les couronnes des grandes aires urbaines ont vu leur nombre d’emplois augmenter. Les autres types d’espace (couronnes des moyens et petits pôles, communes multipolarisées et communes hors influence des pôles ) ont tous vu leur nombre d’emplois décroître." (p.20) Ouvrons une parenthèse, mais faut-il rappeler que les installations des médecins libéraux participent de ces mêmes dynamiques : les installations se polarisent et rejoignent souvent une offre déjà présente.

Lire : L'erreur dangereuse de Marisol Touraine.


L’emploi dans la sphère publique et le tertiaire productif en forte expansion

Les emplois de la sphère publique ont connu la plus forte croissance : ils représentent aujourd’hui plus de 8 millions d’emplois, soit près d’1/3 des emplois de France métropolitaine (contre 17 % en 1975). Pas de chiffres avancés dans le domaine de la santé et du social, mais "le besoin accru en personnel de santé du fait de la progression de l’espérance de vie et d’une médicalisation croissante" (p.79) est évoqué.

Ainsi, le vieillissement de la population est également un des "vecteurs de la mutation des emplois", notamment à travers l’augmentation des "métiers de la santé et de l’action sociale, massivement investis par les femmes." (p.76)

À l’échelle locale, les disparités de richesse reflètent la carte du chômage

Par ailleurs, analysant le revenu moyen des foyers fiscaux dans les zones d’emploi, "il existe un écart de 1 à 2,3 entre les deux zones d’emploi se trouvant respectivement dans la situation la plus favorable (Houdan, dans les Yvelines, qui a également le taux de chômage le plus faible de France) et la plus défavorable (Lens-Hénin, qui a le troisième taux de chômage le plus élevé de France métropolitaine)." (p.58)

La Lettre de Galilée

Mais, la concentration de l’emploi et des richesses dans les aires urbaines, et plus particulièrement dans leur pôle, se double d’un mouvement fort de périurbanisation de la population, à l’œuvre depuis plusieurs décennies, entraînant un rallongement des trajets domicile-travail. (p.121-125). Les Français mettent globalement 15 minutes pour aller travailler. Autre parenthèse de la rédaction, peu d'études de démographie médicale se sont attardées sur la modification sociologique des consultations sur le lieu de travail (et non de résidence)...

La Lettre de Galilée

Un travail intéressant, une mine d'informations à mettre en regard avec un autre site : celui des données publiques du SNIIRAM sur CartoSanté.

À propos de Vincent Fromentin

Blogueur santé et directeur de publication de La Lettre de Galilée. Voir tous ses articles.
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