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La Lettre de Galilée

Rapport Cordier : attendus et sous-entendus

Après un lancement acrobatique, le rapport Cordier méritait une lecture attentive. Le pensum contient autant de bonnes idées que de propositions qui les contredisent.

A la relecture –car il fallait bien retrouver le fil d’Ariane de ce pensum assez logorrhéique sur la médecine de proximité– le rapport des 7 sages, piloté par Alain Cordier, dont le parcours plutôt sympathique laissait augurer une rédaction apaisante, contient les défauts de ses qualités.
Pour une fois qu’on ne fait pas appel à un énarque pour tenir la plume, le résultat est cependant en dessous des espérances. Dommage !

Péripéties et périphrases

On ne reviendra pas sur les conditions de son accouchement. Plutôt raté comme enfantement, car daté de juin 2013, on ne découvre le bébé qu’à l’automne, au détour des hésitations de la ministre à lancer la « stratégie nationale de santé », titre il est vrai un peu surdimensionné du rapport dont le premier ministre était le commanditaire.

Lire : Stratégie nationale de santé : des hommes et des envieux

Ce qui surprend, c'est d'abord son architecture.
Après 14 pages d'auto-persuasions oscillant entre l'imprécation et l'angélisme, le  rapport dans les premières lignes annonce la couleur : "nous posons un pari stratégique : un soutien à la santé et une organisation des soins résolument plus collaborative conduira à mieux dépenser et à réduire les dépenses inappropriées".
Cette phrase contient la contradiction fondamentale -comme aurait dit le Petit Livre Rouge- de notre système, deux propositions antinomiques dont l'une prendra nécessairement le dessus sur l'autre, sans qu'on sache dans les 130 pages qui suivent à quel moment aura lieu la mise à mort.
S'égrènent ensuite les 19 recommandations clôturées par une synthèse en forme d'incantation à la page 44.
Et comme les auteurs auraient pu imaginer que les lecteurs n'eussent pas bien compris, suivent alors des "notes d'approfondissement" roboratives, écrasantes, plombées dès les premiers mots par une volonté presque dérangeante de persuader son auditoire.
Pour clôturer le tout, le rapport se termine par un benchmarking très tendance sur ce qui se passe ailleurs et cela, bien sûr, dans la langue de Shakespeare.

Pourtant, une fois évacuées toutes les scories stylistiques, il reste dans le tamis quelques morceaux de minerai qui méritent sûrement le chemin de la forge.
Ainsi, à la page 9, une phrase...

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