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Présidentielles : se “trumper” ou “mariner” ?

Au lendemain de l’élection présidentielle américaine qui a vu la victoire de Donald Trump, l’élite occidentale se demande, après le choc des résultats, pourquoi les américains se sont-ils "trumpés" ?  En France, à quelques mois de l’élection présidentielle, l’événement américain associé au récent Brexit, amène l’intelligentsia à s’interroger : les français risquent-ils de "mariner" en portant le Front National et Marine Le Pen à la tête du pays ?

Pourquoi les américains se sont-ils "trumpés" ?

Les temps changent. Seules les élites bien-pensantes et sûres d’elles mêmes, journalistes, instituts de sondage, politiciens et autres intellectuels, ne voient, ni n’entendent ce changement climato-politique venu des peuples en souffrance, des peuples en désespérance. Pourtant les observateurs nous disent que les conditions et le niveau de vie mondial se sont globalement améliorés. Nul ne le conteste. Mais les richesses, quant à elles, ne sont toujours pas justement et équitablement réparties.  Au sein des pays riches où la "valeur travail" est mise en avant, le phénomène des travailleurs pauvres prend de l'ampleur. De plus, la perception par les classes qui souffrent de ces inégalités est beaucoup plus vive. Les disparités demeurent et l’écart a même tendance à se creuser entre les classes sociales. Dans le monde, la fracture économique et sociale, quelle soit bien réelle ou ressentie, est donc loin d’avoir disparu.

Lire : La pauvreté s'enracine en France.

Prônées par des personnages ou des partis populistes, les politiques protectionnistes se vantent de mieux répartir les richesses. Si ces politiques sont menées avec jusqu’au-boutisme, elles ne feront pourtant qu’aggraver, à moyen et à long terme, les inégalités.

Les américains ont choisi Donald Trump pour les protéger et les faire rêver, malgré son arrogance et son irrespect pour autrui. Donald Trump a su, par son charisme ou le déficit de celui de son adversaire Hillary Clinton, et par ses propos de campagne, incarner ce rêve d’une grandeur retrouvée pour l’Amérique et le rejet d’un système. C’est le besoin de changement radical des têtes dirigeantes qui a conduit Donald Trump au succès bien plus que son programme politique. A part construire un mur pour empêcher les mexicains de rentrer aux Etats-Unis, refouler les produits fabriqués en Chine, interdire les personnes de confession musulmane et supprimer l’Obamacare, le programme politique de Donald Trump reste flou.

La France risque-t-elle de "mariner" en mai prochain ?

La situation d’outre-Atlantique a son miroir parfait sur le vieux continent. En Europe, la résurgence des mouvements populistes et nationalistes démarre avec Silvio Berlusconi dans les années 90. "Il Cavaliere" fut élu à trois reprises comme Président du Conseil des Ministres Italien. On peut d’ailleurs faire un parallèle entre Silvio Berlusconi et Donald Trump : tous deux, hommes d’affaires et de médias, ont construit leur image politique avec opportunisme. Depuis, le populisme est fortement ancré sur notre vieille Europe. Chômage, immigration et attentats en constituent le ferment. Les craintes de la population conduisent à un repli sur soi-même qui a deux conséquences : le refus de l’autorité politique dans sa version actuelle et la crainte de l’étranger. C’est sur ces deux arguments que se sont structurés le Brexit et l’élection de Donald Trump.

En France, le ressentiment du peuple souffrant vis-à-vis de l’establishment politique a déjà parlé. Le premier avertissement adressé à l’élite date de 2002 avec la multiplication des petites candidatures à gauche et la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour. Le deuxième est venu lors du premier tour des présidentielles de 2012, avec la percée du mouvement "Bleu Marine", arrivé en troisième position après François Hollande et Nicolas Sarkosy. Plus récemment, le phénomène s’est confirmé au travers des dernières élections régionales où le Front National était, au premier tour, en tête dans six régions.

Reconnaître le peuple

Reconnaître la souffrance et l’expression du peuple est primordial. Ces changements majeurs suffiront-ils à réveiller la classe politico-médiatique française et à lui faire adopter une attitude prenant vraiment en compte le mal-être exprimé ? Les actes doivent se faire les témoins d’un vrai changement qui ne sera pas que "belles paroles".

Jusqu’ici, les ficelles employées par les rhéteurs populistes étaient tellement énormes que l’on pouvait penser leur élection impossible. Les événements récents témoignent du contraire. Et si la souffrance populaire amène le pays à "mariner", ce choix devra être respecté. Car, ce qui est paradoxal dans l’élection américaine, ce n’est pas le fait que Donald Trump ait été élu contre toute attente, mais les manifestations de citoyens démocrates n’acceptant pas le résultat d’une élection pourtant démocratique.

La démocratie bien-pensante serait-elle une sorte de dictature ?

La politico-résistance

A l’instar de l’antibiorésistance pour laquelle l’ONU et l’OMS ont lancé un cri d’alarme, le peuple est devenu politico-résistant face au système classique droite – gauche. Antibiotique ou homme politique, l’innovation et le renouveau seront probablement les seuls moyens de sortir de ce schéma de résistance. Si, pour les antibiotiques, la recherche doit conduire à de nouvelles molécules de remplacement, dans le domaine politique les "mammouths" devront-ils céder leur place aux extrêmes ou à la "Macron-biotique" ?

En attendant le résultat de l’élection en mai 2017,  sondages et médias n’ont pas fini de se tromper et de nous faire mariner …

Crédits photos : Fred Seibert.

 

À propos de Inès Caramouche

Tombée dans la marmite de « l’information » dès son plus jeune âge, Inès Caramouche est passionnée par l’actualité du monde, de la santé (connectée !) et par l’humain. Elle aime lancer des petites alertes pour conjuguer harmonieusement e-technologie, grandes et petites questions de société et valeurs humaines. Inès ne cherche pas à faire mouche mais « titille » de la pointe de sa plume les consciences des uns et les décisions des autres. Voir tous ses articles.
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