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Pour être infirmier, il faut savoir réparer sa machine à laver !

Cette semaine, malgré les apparences pour démêler le vrai du faux, que de la vraie info. Pas de fake news

Pour être infirmier, il faut savoir réparer sa machine à laver !

À l'ère de la fake news, on aurait pensé à un canular. Pourtant, quelle ne fut pas la surprise des infirmiers en découvrant les fiches d'orientation proposées par l'Onisep, l'Office national d'information sur les enseignements et les professions.

Lire : Fake news : Arrachez l’ivraie pour la brûler

Mardi dernier, la Fage, le syndicat étudiant infirmier, s'est fendu d'un communiqué pour critiquer le contenu "très largement discutable" de ces fiches, multipliant des "clichés dégradants envers les professions" et accusant "l’Etat (...) de bâcler ces éléments cruciaux pour l’avenir des jeunes".

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Dans ces fiches d'orientation, les métiers sont conseillés selon les passions des élèves. Et pour les infirmiers, la passion "réparer la machine à laver" est inscrite. Pour devenir pharmacien, il faut  "savoir organiser des fêtes". Pour les sages-femmes, il faut aimer "faire du baby-sitting". Depuis, les fiches ont été purgées de leurs naïvetés.

La Lettre de Galilée

La Lettre de Galilée

France Stratégie : quand le Gouvernement reprend les choses en main

Nommé en conseil des Ministres la semaine dernière à la tête de France Stratégie, l'ex-Commissariat général au Plan, Gilles de Margerie n'aura pas été longtemps aux cotés d'Agnès Buzyn, la Ministre de la Santé. On l'attendait dès décembre dernier, il remplace ainsi Michel Yahiel, l’ex-conseiller social de François Hollande. Une reprise en main d'Édouard Philippe qui suscite cependant des remous. Pour Audrey Tonnelier dans Le Monde, "les raisons profondes de ce changement restent toutefois obscures".

Hervé Nathan, dans Marianne, s'interroge : si Michel Yahiel est un proche de Hollande, "il est « en même temps » un des inspirateurs de la gauche sociale-démocrate ralliée à Macron. Il a notamment animé la première réunion du club « Démocratie vivante », présidée par l’avocat Dominique Villemot. D’où une question : les macronistes venus de LR ont-ils voulu tuer dans l’œuf une tentative d’entrisme d’anciens Hollandais dans le giron LREM ?"

D'après certains, le profil de Gilles de Margerie n'était "pas assez politique" : "il avait quitté l'administration depuis très longtemps et n'était pas à l'aise dans les guéguerres que se livrent les ministères pour obtenir un arbitrage favorable du président de la République ou du Premier ministre" nous rapporte Laurent Fargues dans Challenges. Pour Éric Favereau dans Libération, "la greffe n’a pas pris" : Gilles de Margerie n’a guère convaincu. "Le fait que la ministre ait choisi de le remplacer par un spécialiste de l’hôpital, alors qu’elle en a déjà un dans son cabinet en la personne d’Yves Bubien indique clairement que ce dossier va être prioritaire à la rentrée".

Autre hypothèse soulevée pour expliquer cette brusque reprise en main : Dominique Albertini rappelle qu'en octobre dernier, le Gouvernement avait désavoué un rapport de France Stratégie intitulé "Comment assurer la résorption des dettes publiques en zone euro ?" jugé "farfelu". Une des pistes avancée par le rapport était de nationaliser une partie de l’immobilier français... À l'époque, Édouard Philippe avait démenti vouloir changer la tête de France Stratégie même si il "attendait de ce genre d’organismes qu’il ait des idées, mais d’abord qu’il soit utile".

Une question reste en suspens : celle de l'indépendance politique de France Stratégie...

 

L'hôpital au coeur des débats

Au cours d'un entretien pour le Quotidien du Médecin, Agnès Buzyn a clairement affiché sa volonté de s'attaquer à la réforme de la T2A. « Nous sommes arrivés au bout d’un système », a-t-elle estimé. Son objectif n'est pas de supprimer la T2A mais bien de diversifier les modèles de tarification. Il s'agit de "transformer le modèle de financement de l’hôpital pour qu’il ne pousse pas à une activité démesurée". 

La FHF avait publié un rapport le mois dernier sur la pertinence des soins. Olivier Veran, chargé par Marisol Touraine de réfléchir sur les possibilités d'évolution du financement des établissements de santé, avait rendu un rapport qui préconisait d’associer plusieurs modes de rémunération «pour favoriser la transition épidémiologique» : la T2A pour des activités standardisées, des forfaits pour des épisodes de soins lourds ou pour les maladies chroniques.

Lire : Quand l’hôpital est dans le rouge

Jonathan Herchkovitch dans What's up Doc? nous rappelle que cette réforme n'est pas "simplement une histoire de financement". Il évoque les conditions de travail des personnels soignants, mis en lumière par plusieurs affaires, notamment au CHU de Grenoble. "En un an, l’établissement a vu l’un de ses médecins démissionner, un neurochirurgien se suicider et deux pédiatres dénoncer dans une lettre ouverte un « harcèlement économique », reprochant à leur direction de les pousser à choisir des actes rémunérateurs et à limiter la durée de leurs consultations."

Devant l’accumulation des signaux d’alarme, Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, fera des annonces en février. Car l'étau budgétaire est particulièrement serré cette année : pour le public, les pertes vont tripler à 1,5Md€. Pour le privé, de nombreuses cliniques sont en difficulté. En vingt ans, le nombre de cliniques privées a diminué de moitié. "158 cliniques étaient en difficulté en 2016 et présentaient un déficit cumulé de 110 millions d’euros", détaille Lamine Gharbi, le patron de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP).

Dans une tribune de Libération, mille médecins et cadres hospitaliers s'unissent contre cette "nouvelle cure de rigueur budgétaire de 1,6 Md€ imposée aux hôpitaux". Alors que leur budget n’augmentera en 2018 que de 2 %, les charges programmées augmenteront quant à elles de plus de 4 %. "Les hôpitaux sont donc condamnés à augmenter sans cesse leur activité tout en réduisant le nombre de leurs personnels. Ce «toujours plus avec toujours moins» entraîne une dégradation des conditions de travail, provoquant épuisement et démotivation des soignants et en conséquence, une baisse de la qualité des soins".

Ainsi, "nous soutenons la volonté exprimée par la ministre d’améliorer la pertinence des soins en réduisant la disparité injustifiée des pratiques, en supprimant la prescription d’examens inutiles, en améliorant la coordination entre la ville et l’hôpital, en favorisant la prise en charge ambulatoire à chaque fois qu’elle ne compromet pas la qualité des soins, en aidant à la construction d’un véritable service de santé de proximité."

Pour l’hôpital, cela n’est envisageable qu’à cinq conditions :

  1. Limiter la place de la T2A aux soins standardisés et programmés.
  2. Assurer une stabilité des tarifs correspondant aux coûts réels.
  3. Introduire pour les soins non standardisés et non programmés d’autres modes de financement.
  4. Maintenir dans chaque unité de soin un taux de soignants présents permettant de garantir la sécurité des patients et la qualité des soins.
  5. Regrouper l’activité quand cela est pertinent par rapport aux besoins de santé des territoires concernés, en gardant la cohérence médicale des différents sites hospitaliers.
Crédits photos : Yann Gar

À propos de Vincent Fromentin

Blogueur santé et directeur de publication de La Lettre de Galilée. Voir tous ses articles.
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