Politique

Formation médicale : le DPC dépecé

Le rapport de l’IGAS paru il y a un peu plus d’un mois sur le développement professionnel continu taille un costume au dispositif poussivement mis en place depuis 2012. La CSMF réagit.

Marisol Touraine s’est énervée. Les multiples récriminations portées à sa connaissance sur le mauvais fonctionnement de l’Organisme de Gestion du Développement Professionnel Continu (OGDPC) lui ont valu une poussée d’hypertension au point de déclencher une inspection de l’IGAS. Et une occasion de plus de dénigrer la loi HPST de juillet 2009 qu’elle n’a jamais trop portée dans son cœur.
Pourtant, cette loi sur laquelle a longuement bataillé sa devancière, a mis un peu d’ordre dans une histoire qui traînait depuis 20 ans.

De la cueillette à l’industrialisation

Car, dans les années 90, si les médecins hospitaliers bénéficiaient du dispositif de droit commun applicable à toutes les entreprises depuis 1971, la formation des médecins libéraux était plus aléatoire. Les premiers avaient droit à un congé rémunéré de quinze jours par an cumulables financé sur les fonds de la formation continue des hôpitaux ; les seconds n’avaient pas d’autres choix que de glaner ici ou là quelques séances de formation généralement payées par Lire la suite…

Discours de ministres : dix ans de mots

A quelques encablures de la présentation par Marisol Touraine de sa « stratégie nationale de santé » (le 17 juin) le survol des discours de nos ministres depuis une décennie nous laisse plutôt perplexes.

L’un des avantages d’Internet est de retrouver presque tout dans les archives de la République. Les discours prononcés par nos ministres de la santé successifs sont conservés dans leur poussière originelle et, avec un peu de chance, une vidéo de l’événement  fournit la mise en scène. Quant aux scénaristes et dialoguistes, les « plumes » discrètes tapies dans les ailes des cabinets ministériels, ils ont généralement disparu des génériques.

Les forçats des cabinets ministériels le savent tous : un discours n’est pas une circulaire, on ne met pas six mois pour la rédiger. « De toute façon, dit Alain Coulomb dans ses inimitables démonstrations, « les circulaires sont faites pour tourner en rond, et les arrêtés pour ne pas bouger !« . Ni planifié, ni même parfois seulement prévu, le blabla d’un ministre s’écrit sur un coin de table, ou sur les genoux dans la voiture, avec une seule consigne : effacer toute trace d’improvisation.
On mesure mal sans doute l’étonnante capacité des occupants des soutes ministérielles à établir toutes les connexions nécessaires. Les présidents de la République sont bien évidemment mieux armés que leurs ministres, fussent-ils bien placés dans l’ordre protocolaire. Sarkozy, le président en mouvement permanent, avait l’habitude d’envoyer quelques éclaireurs discrets sur les lieux d’une improbable visite. On se souvient par exemple de sa visite à Bletterans dans le Jura en octobre 2008 pour lancer son opération anti-désertification médicale. Avant lui, Chirac missionnait son conseiller, Frédéric Salat-Baroux, devenu plus tard secrétaire général de l’Élysée et même gendre du président, pour investir les nombreux réseaux chiraquiens. Le discours de reconquête du corps médical en 2002 après les affres du plan Juppé ne méritait-il pas le plus grand soin !

Lire : la révolution du premier recours.

Les ministres de la santé sont moins bien lotis. Sur des sujets aussi variés et des problèmes aussi nombreux, un ministre de la santé, au pire simple « ministre délégué » d’une star, au mieux ministre omnipotent sur le champ de la solidarité, est une machine à parlotte. Avec cette règle immuable : bien connaître les dossiers.

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Plan anti-tabac : l’enfumage de Touraine

À l’occasion de la journée sans tabac, le Figaro a fait fuiter quelques mesures anti-tabac prévues par Marisol Touraine dans le cadre du projet de loi qu’elle présentera le 17 juin prochain. Interdiction de la cigarette électronique dans les lieux publics, paquets neutres et sans logo, possibilité d’actions de groupe contre les fabricants, renforcement de l’aide au sevrage, etc. autant de propositions, non démenties pour l’heure par le Ministère, qui tendraient à faire de la France « un des pays les plus en pointe dans les mesures anti-tabac« . Au même moment, un rapport du Comité National contre le Tabagisme (CNCT) enfonçait le clou en rappelant les relations encore troubles des industriels du tabac avec les parlementaires et les médias. Depuis les années 1970, les ventes de tabac ont chuté L‘image du cow-boy (suite…)

MEDEF, le retour

Après un long silence, les patrons de l’hexagone s’intéressent à nouveau à la bonne santé des Français. Quand les stars du CAC tracent un « cap » qui décape. On les avait perdus de vue. Les vieux barons du CNPF avaient pris de la bouteille, les anciens « maîtres de forge » de la vieille UIMM étaient même morts avec la fermeture des usines. La désindustrialisation de la France avait fait émerger une nouvelle génération de patrons aux neurones davantage câblés sur les marchés financiers que sur le bien-être des salariés. Le couple FO/CNPF a fonctionné pendant plus de 25 ans jusqu’à son coup de grâce dans la décennie 90. Relisez l'article : « Blondel, la mort d’un éléphant » Devenue MEDEF, l’organisation patronale a gardé un œil sur les URSSAF, mais s’est évertuée à dénoncer (suite…)

Rapport Malvy Lambert : une bombe dans la finance publique

Le rapport de Martin Malvy et d’Alain Lambert, intitulé « Pour un redressement des finances publiques fondé sur la confiance mutuelle et l’engagement de chacun » et remis le 16 avril dernier à François Hollande, propose au travers de 57 pages et 53 propositions de « restaurer la confiance », « clarifier chaque échelon autour d’une nouvelle donne territoriale », « mettre en place de nouveaux outils pour maîtriser les finances publiques » afin de « répondre collectivement à une dégradation globale ».  Dans un texte clair et instruit, les deux rapporteurs partent d’une idée simple : face au délabrement de la finance publique et au sentiment grandissant du « fatalisme du tendanciel en dépenses » (p.55), il faut que chacun se mobilise autour d’un « effort collectif« , véritable sursaut culturel. Il s’agit ainsi d’instaurer des « mécanismes effectifs de responsabilisation du prescripteur de la dépense », en tenant compte de (suite…)

Plan d’économies pour le système de santé : du réchauffé et pas de réforme en vue

Marisol Touraine, reconduite dans ses fonctions, a présenté vendredi dans Les Échos son plan d’économies pour la santé. Dans la droite ligne du plan d’austérité de Manuel Valls, la Ministre de la Santé et des Affaires Sociales est la première à rendre sa copie : 10 milliards d’économies prévus mais pas la moindre réforme à l’horizon. Le plan détaillé prévoit 4 axes majeurs d’économie pour que le système de santé soit « plus simple, plus proche et mieux organisé« . Mais derrière les vœux pieux et les éléments de langage définis par le gouvernement, les chiffres avancés ont suscité de vives réactions. Plan d’économies ou plan de communication ? Après les premiers cafouillages du remaniement, où la santé semblait avoir été oubliée des attributions de la Ministre Marisol Touraine, l’attente était forte autour (suite…)

Hôpitaux publics : le poison d’avril

La Cour des Comptes a présenté le 11 avril son rapport sur « la dette des établissements publics de santé ». Beaucoup de bruit dans la presse sur les emprunts toxiques mais peu sur les éclaircies financières.

Il fallait s’y attendre. La commande faite à la Cour des Comptes par le président de la commission des affaires sociales de l’assemblée nationale et ceux de la MECSS datait du 12 octobre 2012. Le rapport de l‘enquête, qui porte sur seulement une vingtaine d’établissements sur les 947 répertoriés, était attendu pour le 31 mars.

Bruits sélectifs

Le Monde en fait un titre à l’acide sulfurique, avec cette manière pseudo-interrogative devenue courante aujourd’hui de mettre le lecteur en alerte : « comment les hôpitaux sont aussi touchés par les emprunts toxiques ». Avec en prime, pour les curieux de la mécanique boursière et financière, un petit abécédaire pour les nuls : « tout comprendre des emprunts toxiques en dix questions ». (éditions abonnés).
A choisir, on préfèrera les explications de Patrick Saurin, sur Mediapart, sur la nature des « emprunts structurés » (autre nom pudique des emprunts toxiques) dont la thèse selon laquelle les emprunts toxiques seraient des opérations spéculatives (et donc pénalement répréhensibles), n’enlève rien aux vertus pédagogiques de l’article.

Denis Meynard, correspondant du journal Les Échos, dans un article du 13 avril, braque le projecteur sur le CHU de Saint Etienne, établissement, il est vrai, épinglé par la Cour des Comptes comme le champion de l’endettement, « dont l’encours structuré représente près de la moitié d’un endettement total de 290 M€ » (p. 103).
Le Figaro parle « d’asphyxie » des hôpitaux, tandis que le Journal du dimanche évoque une attaque contre des banques scélérates par les établissements, offensive musclée conduite par le président de la fédération hospitalière de France, face à la (l’ab)surdité du Gouvernement. Il est vrai que la ministre de la santé, Marisol Touraine, restée seule aux commandes de ce grand vaisseau, aurait été bien inspirée de se doter d’un expert financier quand on mesure la pauvreté de son discours sur le sujet. D’ailleurs, elle n’en parle pas. C’est plus simple. Le site du ministère est d’une remarquable indigence et dans sa dernière conférence de presse accordée à Ouest France la ministre se contente d’exprimer des « regrets ».

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Valls… a mis le temps

Sujet sensible et électoralement volcanique, la santé ne sera pas l’objet de réformes en profondeur. La gestion soporifique de Marisol Touraine fera l’affaire jusqu’en 2017. Lire : Touraine en mode mineur Tourne à gauche, tourne à droite La photo de famille du 2ème gouvernement Hollande montre des sourires figés. Une équipe reconduite presque dans la même configuration aurait pu incliner un moment à penser à un canular. Mais les deux sortants et les deux entrants dans l’équipe du « jeune homme pressé » confirment au contraire le savant calcul du président sur la suite des opérations. Le départ de Moscovici était attendu. C’est ce que, en telle circonstance, les intéressés racontent toujours, après coup. Il est vrai que Bercy abritait un peu trop de ministres et que locaux, bureaux avec vue sur (suite…)

Touraine en mode mineur

Polémique autour du portefeuille de Marisol Touraine : si la Ministre est reconduite dans ses fonctions, le terme « santé » a disparu de l’intitulé du ministère. La santé sera confiée à un secrétaire d’État dont on attend la nomination prochaine. Lire : Valls... a mis le temps Réactions indignées Le Conseil de l’Ordre des Médecins croit encore au poisson d’avril et demande dans un communiqué lapidaire de réparer au plus vite cet « oubli ». Le Dr Hamon de la FMF déplore également cette absence et s’interroge sur ce remaniement dont « le maintien de Marisol Touraine tient sans doute plus à la solidarité  gouvernementale dont elle a fait preuve plutôt qu’à son bilan où l’immobilisme était en marche et le dogmatisme constamment présent. » La pilule passe mal confie au Nouvel Obs Mickael Benzaqui, secrétaire général (suite…)

L’étrange destin du commandant Rocky

L’information a déjà circulé sur les réseaux sociaux et dans les principaux quotidiens, c’est maintenant confirmé : Frédéric Van Roekeghem quitte la CNAMTS. Trop c’est trop Libération le voyait émigrer pour diriger Malakoff Médéric et succéder à Guillaume Sarkozy, le frère de Nicolas, patron de ce grand groupe mutualiste depuis plusieurs années. Mais cette information, présentée par le quotidien comme un scoop, datait du 13 avril 2013 et était démentie le lendemain même par l’Argus de l’assurance, affirmant que « le bureau de la sommitale, et tous les présidents des institutions et commissions, ont d’ailleurs eu l’occasion la semaine dernière encore de valider les orientations stratégiques et managériales proposées par le délégué général. » En réalité, certains ont pris leurs désirs pour des réalités au point de rêver tout haut d’un point de (suite…)

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