Politique

35 députés présents pour voter le tiers-payant

Le tiers-payant, contre lequel 50 000 professionnels de santé sont descendus dans la rue a été adopté en première lecture devant… 35 députés. Selon le détail du vote sur le site de l’Assemblée Nationale, 23 ont voté pour et 12 contre ce fameux article 18. Sur 577 élus. Une absence bien remarquée… Les 19 députés socialistes qui ont voté pour sont Alexis Bachelay, Marie-Arlette Carlotti, Fanélie Carrey-Conte, Martine Carrillon-Couvreur, Marie-Anne Chapdelaine, Michèle Delaunay, Guy Delcourt, Marie-Hélène Fabre, Hélène Geoffroy, Michel Issindou, Bernadette Laclais, Catherine Lemorton, Martine Martinel, Monique Orphé, Martine Pinville, Denys Robiliard, Gérard Sebaoun, Suzanne Tallard, Catherine Troallic. Seulement 9 députés de droite étaient présents et ont voté contre; il s’agissait d’Elie Aboud, Julien Aubert, Dino Cinieri, Bernard Debré, Jean-Pierre Door, Guillaume Larrivé, Gilles Lurton, Fernand Siré, Dominique Tian. Mais que faisaient (suite…)

L’alcoolisme chez les jeunes : un phénomène préoccupant

Depuis les années 60, la consommation d’alcool est en baisse. Néanmoins, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la France reste l’un des plus gros consommateurs au monde, au-dessus des moyennes européennes. L’INPES dans son baromètre santé, ce 1er avril, consacre un numéro spécial sur l’alcoolisme en France, toujours considéré comme risque majeur de santé publique et sujet de préoccupation, particulièrement  chez les jeunes. Malgré l’efficacité de la loi HPST qui avait reculé à 18 ans l’âge légal pour acheter de l’alcool, les pratiques liées à la consommation d’alcool des jeunes semblent évoluer dramatiquement. Découverte de plus en plus jeune,  la consommation d’alcool  se fait plus violente, plus habituelle et, de fait, ne reste pas sans conséquence sur la santé de ces populations. La Ministre s’attaque à l’alcool et au « binge drinking«  Dans son article (suite…)

Fin de vie : chronique d’une loi qui déçoit

Le vote de la loi sur la fin de vie ne se fera pas sans douleurs. Mesure emblématique du candidat Hollande, l’engagement 21 souhaitait ouvrir  « pour toute personne majeure en phase avancée d’une maladie incurable » un droit à « bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité« . Le 14 janvier, lors d’une conférence de presse à l’Élysée, il a rappelé qu’il souhaitait une nouvelle loi pour compléter la loi Leonetti du 22 avril 2005 relative aux droits des patients en fin de vie. Aujourd’hui débattue au Parlement, cette loi tiède déçoit les parties prenantes.

Retour sur un « sujet présidentiel »

François Hollande a su maintenir le flou artistique jusqu’au bout, quitte une fois de plus à se griller les ailes avec sa propre majorité. « C’est l’histoire d’une promesse de campagne si habilement formulée que chacun y a lu ce qu’il voulait y voir » formulait habilement Le Monde. Même Leonetti reprochait à Hollande de « flouter ses positions » dans son entêtement à ne pas préciser sa pensée sur la fin de vie.

Dès son élection, le président fraîchement élu semble s’emparer du sujet de la fin de vie. En juillet 2012, il missionne Didier Sicard, l’ancien président du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), sur le sujet. A la remise du rapport, six mois plus tard, François Hollande demande au CCNE un travail sur les directives anticipées, écrites par le patient qui permettent d’éclairer sur son choix de fin de vie, et sur la manière de « rendre plus dignes les derniers moments d’un patient dont les traitements ont été interrompus », mais aussi sur les « modalités et conditions strictes » qui permettraient « l’assistance médicalisée au suicide ». La porte est-elle pour autant ouverte ?

L’ampleur des manifestations contre le mariage pour tous qui ont rassemblé des centaines de milliers de Français a certainement fait réfléchir l’Élysée. Début 2013, la fin de vie n’est plus d’actualité. Le sujet semble enterré. Mais, un an plus tard, lors d’une conférence de presse en janvier 2014, François Hollande revient sur son engagement et annonce qu’un nouveau texte « rassembleur » sera déposé. « Je souhaite que ce texte puisse être élaboré sans polémiques, sans divisions et simplement dans l’idée qu’un cheminement est possible pour rassembler toute la société », déclare le chef de l’État.

Marisol Touraine, favorable à la mise en place du suicide assisté depuis longtemps, aurait pu mener la barque mais certainement trop occupée avec sa loi de santé, elle est mise sur la touche. L’enjeu est présidentiel et une mission parlementaire est nommée, portée par deux parlementaires : Alain Claeys et Jean Leonetti. Modérés, leur expertise sur le sujet doit permettre de trouver une entente…

Lire la suite…

La santé vue par les femmes : une enquête IPSOS – STERIA

Une enquête IPSOS-STERIA réalisée en octobre 2014 auprès de 1000 femmes à la demande du LIR nous éclaire sur les voies à prendre (ou à éviter) pour notre système de santé. Devant le déficit abyssal d’originalité de nos politiques sur les questions de santé plusieurs acteurs iconoclates formulent des propositions qui tombent avec mépris dans l’indifférence générale. La santé n’intéresse pas le pouvoir. Le jeu de cache-cache est connu. La droite quand elle est dans l’opposition fait la roue devant les médecins et, une fois au pouvoir, promesses bues, les massacre. Juppé en sait quelque chose. La gauche fait pareil. Le bulldozer idéologique se met en marche dans l’euphorie de la victoire du peuple mais ralentit quand il y a le feu. En ce moment Marisol Touraine fait du rodéo (suite…)

Le lobby des cigarettiers met à mal la politique anti-tabac

Dans l’indifférence générale, un amendement proposé par le secrétaire d’État au budget, Christian Eckert, en décembre dernier, modifie la fiscalité du prix du paquet de cigarettes. Initialement prévu pour soutenir l’économie des buralistes, au final, cette nouvelle fiscalité bénéficie aux cigarettiers. Lire : Plan anti-tabac : l'enfumage de Marisol Touraine Auparavant, le mécanisme fiscal consistait chaque année à augmenter automatiquement le prix  du paquet de cigarettes de 20 à 30 centimes. C’est vrai que le calcul de l’augmentation était complexe et peu lisible. Du coup, le Gouvernement souhaitait « fixer strictement le même niveau de fiscalité en 2015 qu’en 2014. » C’est maintenant chose faite puisque l’amendement modifiant le calcul de la fiscalité des produits du tabac a été voté (par 7 députés) : selon le Figaro, « pour la première fois depuis (suite…)

Consommation pharmaceutique : l’héritage empoisonné de Rocky

La baisse des dépenses pharmaceutiques, claironnée triomphalement l’année dernière par l’ancienne équipe de Rocky, dissimule en réalité un échec de ses méthodes On n’a pas tari d’éloges sur les méthodes fortes de l’ancien patron de la CNAMTS, Frédéric Van Roekeghem, fanfaronnant sur le respect de l’ONDAM deux années consécutives et mettant un point d’honneur à avoir terrassé la progression de la consommation pharmaceutique des Français, considérés (à tort) comme les champions du monde dans cette discipline. Discours cnamien d’autant plus puissant et univoque que la maison mère de l’assurance maladie détient jalousement le monopole des datas, de l’analyse et de l’interprétation des données. L’article de Que Choisir dans son numéro de janvier 2015, à partir d’une enquête portant sur 347 ordonnances, exhume un vieux sujet : la polymédication des personnes (suite…)

Réseaux démences : un dément… démantèlement

L’arrêt du financement par les ARS de certains réseaux de santé pose problème à des centaines de médecins. Les neurologues dans les réseaux Alzheimer en font partie Dans le début des années 2000 une multitude de réseaux de soins, devenus « réseaux de santé », voit le jour avec une frénésie due la création d’un fonds salvateur : le FAQCSV (fonds d’amélioration de la qualité et de la coordination des soins de ville), opportune poire pour la soif dédiée aux médecins libéraux en mal d’innovation. Et il est vrai que, en dehors de quelques cas farfelus, la plupart des projets présentés à l’époque aux URCAM révélaient un dynamisme des médecins libéraux peu connu. Comme les oncologues, montrant la voie aux autres à la faveur d’un Plan Cancer très tôt soutenu par les pouvoirs (suite…)

Rapport IGAS/IGF : l’étatisation par les deux bouts

Commandée par Marisol Touraine en janvier 2013, la mission conjointe IGAS/IGF sur la gestion des régimes obligatoires et complémentaires a fait l’objet d’un rapport remis à sa donneuse d’ordres en septembre 2013  mais rendu public seulement en décembre 2014. C’est-à-dire au cœur d’un conflit dur avec les médecins libéraux. « L’art de la guerre » de Napoléon Bonaparte, réécrit à la sauce moderne pour la guerre des mots, reste une source d’inspiration favorite des conseillers en stratégie de la générale en chef de la santé : ouvrir un front opposé pour déstabiliser l’adversaire. Prudences et approximations Le rapport de 386 pages, rédigé par un sextuor à cordes et à vents (trois alto de l’inspection générale des finances, tous très jeunes, et trois clarinettes de l’inspection générale des affaires sociales, dont une ancienne de (suite…)

Départ de Frédéric Van Roekeghem de la CNAMTS : un adieu chuchoté

Peu d’effusions dans la presse, Roekeghem s’en va sans bruits, Revel arrive à pas feutrés. Demain, feu la CNAMTS ? Nous avions annoncé son départ le 1er avril dernier (Lettre n° 252), mais c’était pour rire. Cette fois, c’est vrai, Fréderic Van Roekeghem quitte la CNAMTS, sans fanfare, après dix ans d’une gestion qui laisse quelques traces. Nicolas Revel lui succède, inconnu, en tout cas dans le petit monde de la protection sociale. Retour sur un non-événement. Rayon d’X à Ségur En 2004, contrairement aux usages de cette bonne maison, l’énarchie n’avait pas phagocyté le cabinet du ministre de la santé. Un polytechnicien avait pris le commandement. Celui qu’on appellera très vite « Rocky », apportait au ministre ce que ce dernier n’avait pas : une rigueur militaire, une fulgurance dévastatrice, une endurance (suite…)

Le rouge et le jaune

On le sait, les comptes de l’État sont dans le rouge. Et, dans un jaune budgétaire annexé au projet de loi de finances pour 2015, quelque peu passé inaperçu, les chiffres des comptes relatifs aux pensions de retraites de la fonction publique, donnent encore plus le tournis. On y apprend, en substance, page 16, que la France vieillissant, « le montant total des engagements directs de l’État en matière de retraite s’élève à 1 302 Md€ au 31 décembre 2013 » alors même que selon l’INSEE, « à la fin du deuxième trimestre 2014, la dette publique s’établit à 2 023,7 Md€ ». Les 5,4 millions d’agents publics, titulaires, militaires ou contractuels sont couverts pour le risque vieillesse par six régimes de retraite distincts et représentent 20 % de l’emploi total (privé et public) (suite…)

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer