Politique

L’Ordre des dentistes est-il devenu un simple (mais très coûteux) syndicat ?

C’est en substance la question que pose la Cour des Comptes dans son rapport annuel dont elle consacre une partie à l’Ordre des chirurgiens-dentistes  Hier, la Cour des Comptes a rendu son traditionnel rapport annuel : 27 chapitres, 101 recommandations, 1 300 pages. Quelques chapitres nous intéressent : l’indemnisation amiable des victimes d’accidents médicaux, l’Ordre National des Chirurgiens-dentistes, l’hébergement des personnes sans domicile, le soutien aux débitants de tabac, la Caisse de prévoyance des professions libérales (CIPAV) ou encore la gestion des hôpitaux d’Ajaccio et de Bastia. Tout y passe; chacun en a pour son grade. Décryptage du premier chapitre.

L’Ordre des dentistes dans le viseur : « bijoux », « montre sertie de diamants », « grands vins » offerts avec prodigalité

La charge la plus violente concerne l’Ordre des chirurgiens-dentistes : avec 20M€ de cotisations annuelles, l’Ordre « a délaissé une partie de ses missions d’organisation et de contrôle de la profession dentaire au profit de la défense d’intérêts catégoriels qui ne lui incombe pas« . De plus, « l’aisance financière que lui procure une augmentation continue des cotisations a favorisé de graves désordres dans les comptes et la gestion«  annonce poliment la Cour des Comptes en préambule de son chapitre.

« La pratique des cadeaux, achetés sur les fonds de l’Ordre, et donc au moyen des cotisations ordinales, en faveur des conseillers, des membres de leur famille ou parfois des salariés, est extrêmement répandue : grands vins, coffret « Relais et châteaux® » d’une valeur de plusieurs milliers d’euros, bijoux et accessoires de haute couture, pulls en cachemire, montre sertie de diamants, ordinateurs, stylos de grande marque, soins de thalassothérapie et autres chèques cadeaux sont offerts avec prodigalité. » (p.138)

Alors que la loi HPST de 2009 préconisait le « principe du bénévolat de la fonction ordinale« , limitant les indemnités à un plafond annuel de 115 848 € par conseiller, la Cour nous apprend que « le montant des indemnités versées en 2015 aux membres du conseil national a, au total, dépassé 600 000 €, dont plus de 400 000 € pour les huit membres du bureau (soit 50 000 € par conseiller en moyenne). » (p.134) A cela s’ajoute des indemnités lorsqu’ils participent à des réunions ou des événements extérieurs, parfois « dans un esprit fort éloigné du bénévolat : participation au goûter de Noël des enfants du personnel, participation à un concert organisé par une mutuelle, à un cocktail de départ d’un agent de l’ARS, aux cérémonies du 14 juillet ou à diverses réunions syndicales. » (p.135)

Le Dr. Philippe Rudyard Bessis avait déjà osé évoquer ces indemnités démesurées; en 2011, il avait été radié à vie.

Cerise sur le gâteau pour les apparatchiks du Bureau : un appartement de fonction gratis, tous frais payés à Paris : « Toutes les charges afférentes à ces logements sont payées par l’Ordre, jusqu’aux factures de blanchisserie du linge de maison, pour un total de plus de 100 000 € par an« .

La Lettre de Galilée

Pierre Bouchet, trésorier adjoint – Alain Scohy, trésorier – Jean-Marc Richard, vice-président – André Micouleau, vice-président – Paul Samakh, vice-président – Geneviève Wagner, secrétaire générale – Gilbert Bouteille, président – Myriam Garnier, secrétaire générale

Christian Couzinou, l’ancien président de l’Ordre, jusqu’en 2015, pour bénéficier d’une rémunération maximale alors qu’il était retraité, s’était fait embaucher en avril 2009 comme  » assistant dentaire » (!) auprès d’un confrère. Une demi-journée de travail qui lui permettait de toucher, ainsi en tant qu’actif, les « indemnités ordinales au taux maximum« . Soit un complément de revenu de 107 000€ entre 2009 et 2015. L’Ordre s’est justifié : « C’est justement pour rester en prise directe avec la réalité de l’exercice, qu’il a souhaité maintenir une activité professionnelle durant les huit années de sa présidence.« 

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La santé dans les primaires de gauche : les 7 candidats ont livré leur programme… ou presque

Éditorial de la 389 En 2011, 2,9 millions de Français s’étaient pressés pour départager les candidats lors des primaires de gauche. Depuis l’idée a fait son chemin et gagné tous les partis. Le 22 et 29 janvier prochains, 7 candidats de la « belle alliance populaire » se présenteront au vote pour de nouvelles primaires de gauche : Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Vincent Peillon, Sylvia Pinel, François de Rugy et Jean-Luc Bennahmias. Quelques florilèges de leurs idées sur la santé. Manuel Valls Si le programme est encore assez succinct et flou, on peut s’attendre, dans la veine des réformes déjà engagées et des promesses de la Grande Conférence de Santé l’année dernière à une poursuite voire un renforcement de la politique menée par Marisol Touraine en matière de santé. Manuel Valls (suite…)

Valls : une volte-face peut-elle en cacher une autre ?

Manuel Valls, tout jeune ex-premier Ministre du quinquennat de François Hollande, se prendrait-il pour le Richard Virenque de la politique ? Après avoir dopé, à l’insu de son plein gré, sa politique à coup de 49.3, le voici empressé de jeter dans les poubelles de la rue Montpensier, le siège du Conseil Constitutionnel, le fameux article de notre Constitution. Sur sa lancée, pourrait-il réserver les vidoirs de la rue de Ségur à la loi de santé de Marisol Touraine tant décriée ? Candidat de la primaire à gauche, Manuel Valls avait annoncé le 15 décembre dernier qu’il souhaitait, s’il était élu Président de la République, supprimer l’article 49.3 de notre Constitution. En l’absence de majorité, cet article permet au Premier Ministre de faire adopter, en engageant sa responsabilité devant l’Assemblée (suite…)

À propos du petit risque : la reculade de Fillon

Éditorial de la 386 Assailli par les reproches sur son programme santé, Fillon a été obligé de faire marche arrière. Les péripéties de ses propositions sur la politique de santé confirment la difficulté à réformer le secteur. Eric Le Boucher dans sa chronique des Echos de samedi résume parfaitement la situation : « le candicat (…) a dû reprendre sa copie devant les critiques et les sondages qui montrent que 9 Français sur 10 veulent qu’on préserve le système de santé. Et l’auteur identifie deux raisons : la première est la « schizophrénie de nos concitoyens » favorables aux réformes … sauf à celles qui touchent à leur sécu. La seconde est l’emballement médiatique sur des sujets trop ardus. « La réforme proposée n’a pas fait l’objet d’analyse sur le fond, dit-il, et tant (suite…)

Le pacte social, nouvelle tarte à la crème dans le débat sur la santé

Le débat sur la santé démarre, de manière inattendue, sur les chapeaux de roues. Dans les campagnes précédentes, les sujets de santé étaient plutôt évacués ou se contentaient d’enfoncer des portes ouvertes. Là, les boulets fusent de toutes parts au point que Fillon a été obligé d’intervenir pour s’expliquer. Parmi les attaques sur le document de campagne de Fillon, plusieurs relèvent du procès d’intention. On parle de « privatisation« , de « médecine à deux vitesses« , de « déremboursement »… Nous aurons l’occasion d’y revenir. Il en est un cette semaine qui retient notre attention : celui de la « rupture du pacte social ». Rien de plus facile de balancer ce type d’argument pour bloquer tout le reste. Pacte social : quésaco ? O n peut dire que le pacte social est un ensemble de droits (suite…)

[Débat] Le programme santé de François Fillon

https://media.blubrry.com/la_lettre_de_galile/p/lalettredegalilee.fr/wp-content/uploads/2016/12/debat%20fillon%20sante_BARBET%20Clement_1070159.mp4Podcast: DownloadAbonnez-vous Android | Google Podcasts | RSSPhilippe Rollandin, chroniqueur habitué de La Lettre de Galilée, était l’invité vendredi dernier de l’émission LCI & Vous, sur LCI, pour débattre du programme santé de François Fillon avec l’économiste Frédéric Bizard et Serge Grouard, député LR du Loiret, soutien du candidat qui a rédigé son programme santé. https://lalettredegalilee.fr/wp-content/uploads/2016/12/debat%20fillon%20sante_BARBET%20Clement_1070159.mp4 (suite…)

Assurance-maladie : le projet Fillon ou la règle des trois i

Le programme du vainqueur de la primaire de la droite et du centre en matière de couverture maladie, visant à recentrer la Sécurité sociale sur les ALD et les maladies chroniques et à transférer le « petit risque » sur les assurances privées et les mutuelles est injuste, inefficace et incohérent, en plus de tourner le dos aux principes de la Sécurité sociale, socle du pacte républicain. Depuis son élection triomphale, dimanche 27 novembre, à la primaire de la droite et du centre, François Fillon est à la fois le leader de l’opposition et la cible des médias. Pour lui, commence l’ère du bashing, selon les nouvelles et cyniques règles du jeu politico-médiatiques qui ne s’embarrassent ni du principe de la vérification des informations, ni de celle d’un minimum de respect, l’essentiel (suite…)

3 (fausses) idées-reçues sur le programme santé de Fillon

Désormais présidentiable, François Fillon n’a pas fini de prendre des hallebardes en pleine poire. Ce qu’on a entendu cette semaine sur « la privatisation » de la sécu donne une idée de la force des mots, lancés dans l’opinion sans contrôle. D’ici mai 2017, chaque victime d’un boulet catapulté sans scrupules méritera bien une autopsie, qu’elle soit d’ailleurs de droite ou de gauche (enfin… quand cette dernière voudra bien se mettre en ordre de bataille, autrement que par les gesticulations de Marisol Touraine sur Twitter !). Privatisation a-t-on entendu toute la semaine à l’heure du café sur le zinc… Qu’en est-il ? Lire :  Primaires de droite, quelques murmures sur la santé Sacralisé autant qu’il se prétend radical, le programme publié par Fillon reste la référence. Ce programme, oui ou non, annonce-t-il une (suite…)

Primaires de droite : quelques murmures sur la santé

Surprenants, les résultats de la primaire à droite ont porté Fillon, dans tous les départements français (sauf en Aquitaine), loin devant les autres. On attendait Juppé et, pour ne rien vous cacher, nous allions dans ces lignes nous interroger sur le fait de savoir comment Juppé, devenu présidentiable, allait détricoter le plan qui porte son nom. Car au fond, cette indigestion d’Etat dont il est la cause depuis ses Ordonnances de 96 paralyse aujourd’hui la médecine française et permet depuis 20 ans aussi bien à la gauche qu’à la droite de taper impunément (c’est à dire avec la bénédiction du Parlement) dans le porte-monnaie de la vieille dame. Lire : Juppé et ses tontons flingueurs. Ouf ! diront les hussards de la CSMF qui ont battu le pavé en 1995 (suite…)

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