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Plan santé : Big Bang ou Big Crunch ?

Éditorial de la 456ème

Dans la fougue de la rentrée, on ne sait quel sujet santé évoquer tant ils sont nombreux : l'inscription de la télémédecine dans le droit commun conventionnel à l'issue des négociations en juin entre Assurance maladie et syndicats de médecins, la parution à la fin de l'été du rapport du député Vigier "pour lutter contre la désertification médicale en milieu rural et urbain", le rapport IGAS d'Émilie Fauchier-Magnan et Véronique Wallon sur le déploiement des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) instaurées par la loi Touraine en 2016, la remise début septembre du rapport de la mission présidée par le Dr Gérald Kierzek et Magali Leo et installée à la suite de l'affaire Lévothyrox sur l'"amélioration de l’information des usagers et des professionnels de santé sur le médicament", la présentation le 13 septembre dernier par le Président de la République d'un plan pauvreté, avec 8Md€ sur 4 ans et ce matin même la présentation du "plan santé", la stratégie de transformation du système de santé tant attendue.

Après sept mois de concertations tous azimuts et quelques hésitations, les principales annonces étaient déjà plus ou moins connues : la fin du numerus clausus pour les étudiants de PACES ou la mise en place d'environ 4 000 postes d'assistants médicaux pour les regroupements de médecins.  Avec à la clé 400M€ supplémentaires, soit au final un budget de un budget de 3,4 Md€ d'ici 2022. La Ministre de la Santé, Agnès Buzyn, devrait détailler cet après-midi les 54 mesures de cet ambitieux plan santé.

Est-ce un Big Bang pour la santé ? Ou est-ce un ultime plan de mesures pour se rabibocher avec un électorat que Marisol Touraine avait fâché ? Emmanuel Macron le reconnaît lui-même, "on peut très bien s’habituer à tous les plans ou toutes les stratégies, parce qu’ils mettent à distance la réalité".

Autre rapport de rentrée (sur lequel nous reviendrons) qu'a dévoilé Solveig Godeluck dans Les Échos la semaine dernière, celui de Christian Charpy de la Cour des Comptes et de Julien Dubertret de l'Inspection des finances. Au regard des récents rapports de la Commission des comptes de la sécurité sociale sur les prévisions plutôt optimistes des comptes de la sécurité sociale, les hauts fonctionnaires proposent de ponctionner les excédents à venir de la Sécurité sociale vers l'État. "Selon les prévisions établies dans la LPFP à fin 2017, l'ensemble des administrations de la Sécurité sociale (dont le périmètre est plus vaste et inclut notamment les recettes de la Caisse d'amortissement de la dette sociale) devrait enregistrer un excédent supérieur à 20 milliards d'euros l'an prochain, qui irait croissant. La loi prévoit que tout ce qui sera au-dessus du seuil de 0,8 point de PIB, c'est-à-dire près de ces 20 milliards, sera écrêté au profit de l'Etat : 3 milliards en 2019, 14 milliards en 2020, 20 milliards en 2021, et plus de 27 milliards en 2022."

Certains risquent de voir rouge...

Crédits photos : Magnifique Savoie.

 

 

À propos de Vincent Fromentin

Blogueur santé et directeur de publication de La Lettre de Galilée. Voir tous ses articles.
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