DMP

Le petit DMP est attendu à la caisse

On reparle du dossier médical personnel. Accaparés par la loi de santé, les syndicats de médecins n’ont pas eu le temps de voir s’approcher le char d’assaut de la CNAMTS. Le voilà aux portes de la ville (la médecine « de ville », s’entend) canon pointé sur les patients. Depuis plus de 10 ans qu’on tergiverse, le big data a envahi la planète, Facebook a dépassé le milliard de comptes actifs,  mais l’accès à ses données personnelles de santé reste pour le moment un vœu pieux. Un article de la newsletter de TIC-Santé évoque la cinquième conférence santé connectée organisée par Les Échos à Paris jeudi dernier. Une histoire chaotique Souvenez-vous qu’un certain ministre de la santé, aujourd’hui chantre pipolisé mais sûrement sincère de la défense des grandes causes perdues, s’était engagé en 2004 (suite…)

Données de santé : l’irrésistible aspiration de l’État

A l’approche du débat sur la loi de santé, trois documents devraient accrocher l’intérêt de nos honorables parlementaires sur l’utilisation de nos données de santé : la note de réflexion de Jean-Yves Robin, l’ancien directeur de l’ASIP, le rapport coordonné par Jacques Lucas vice-président du CNOM, le rapport remis au gouvernement par Philippe Lemoine en novembre dernier. Les trois réclament un renforcement de l’État. Mais le bénéfice-risque d’un renforcement des pouvoirs publics n’est-il pas défavorable ?

Petite histoire de monopoles

Le livre blanc du CNOM, précis comme un cours d’anatomie et habile comme un manuel pour les nuls (plus nombreux qu’on ne croit), retrace avec beaucoup d’esprit la petite histoire du numérique en France.
Pour Jacques Lucas, l’histoire du déferlement numérique remonte à seulement quelques années depuis notamment qu’un anglais a remplacé le « e » de electronic par le « m » de mobile. On ne compte plus les superlatifs pour définir aujourd’hui la période que nous vivons et qu’on assimile volontiers à une révolution mondiale aussi structurante que la révolution industrielle du XIXème siècle par son intensité et sa rapidité, tantôt redoutée (Lévy), quelques fois considérée comme une imposture (Besnier), le plus souvent encensée avec un optimisme inoxydable (Michel Serres).
Le passage du « e » au « m » marque en réalité une étape : 1980 l’ordinateur personnel, 1990 Internet, 2000 le déferlement des Smartphone, I-Phone et autres tablettes interconnectées. Le livre blanc du CNOM s’aventure à fournir des chiffres qui se périment à grande vitesse tant il est vrai que le marché des appareils connectés paraît aujourd’hui comme exponentiel (100 milliards d’objets connectés prévus sur la planète en 2020).

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DMP : chronique d’une folie d’État

Le DMP, dossier médical partagé devenu « personnel» à force de balbutiements stratégiques, n’en finit pas d’agoniser. L’énormité des sommes englouties n’étonne plus. Le fiasco fait à peine l’objet de temps à autres d’un subreptice article dans la presse. Comment expliquer cet échec, alors que la plupart des autres secteurs ont réussi leur tournant technologique ? Le DMP est le prototype même d’une couillonnade publique hissée en dix ans au niveau de l’excellence dans l’échelle du ridicule.

Douste l’approximatif

La Lettre de Galilée

Tout le monde se gausse de Douste-Blazy, coupable d’avoir imprudemment annoncé en 2004, alors qu’il était ministre de la santé et de la protection sociale, l’accès de chaque Français à son dossier médical informatisé d’ici… 2007. Ceux qui l’ont connu ou simplement côtoyé savent que le maire de Toulouse survolait les dossiers, ne regardait pas ses notes et donnait des sueurs froides à ses scribouillards lorsqu’il commençait un discours. On ne nous enlèvera pas de l’idée qu’il n’y avait pas, dans son cabinet, quelques esprits éclairés sur les questions de technologies de santé pour lui souffler une énormité pareille. Si la vision n’était pas fausse et eut pu fort bien être inspirée par un Alexandre Moatti alors conseiller du ministre, le premier « monsieur DMP » avant son officialisation par la loi du 13 août 2004, l’argument économique, selon lequel le dossier médical éviterait 3 milliards d’euros de dépenses par an à la sécu, relève davantage de la rhétorique du directeur de cabinet lui-même, un certain Frédéric Van Roekeghem, dont on connaît aujourd’hui la destinée.

Peu importe aujourd’hui la responsabilité des Pygmalion de l’époque. Le discours est parti trop vite. Le concept n’a pas été ficelé. On y décèle en effet trois fonctions dont on ne sait pas, dix ans après, encore se départir :

  • Coordination entre les professionnels
  • Information du patient
  • Économie pour la sécu.
Ces trois ambitions du DMP sont complémentaires mais incompatibles. Le glissement sémantique de « partagé » vers « personnel » montre bien la confusion. Avant de préférer le ministère des affaires étrangères à un méga-ministère de la santé, Douste le dandy met

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DMP…de lapin?

Bondée, la salle Pierre Laroque au ministère de la santé pour écouter ce jeudi 9 avril le discours fébrilement attendu de la ministre sur « le programme de relance du DMP et des systèmes d’information partagés de santé ». Initialement prévue le 23 mars, cette grand-messe apostolique aurait pu être repoussée de quelques jours supplémentaires pour coïncider pile poil avec la Résurrection. Car, après la traversée du désert que Roseline Bachelot a infligée elle-même au dossier en diligentant « une revue de projet » restée mémorable, il s’agissait bien d’une renaissance. Une répétition tellement vraie que Christian Saout, le président du Collectif inter associatif sur la santé (CISS), frappé par la métempsychose du DMP, se demandait s’il n’avait pas déjà vécu ce moment … dans une autre vie. Même réaction (suite…)

DMP : Top-down, bottom-up et grand tournis

Canardisée par le sulfureux rédacteur du site i-med, la conférence internationale organisée hier et aujourd’hui à Paris sur « les défis des systèmes d’information de santé » procure aux laborieux tâcherons de notre introuvable DMP (dossier médical personnel…ou partagé, selon le côté où l’on se place) un bien agréable frisson d’autosatisfaction. Car, finalement, cette revue comparative des systèmes européen et américain nous révèle sans détours que c’est un peu le bazar dans le monde entier. De quoi rassurer nos responsables français volontiers prompts à se battre la coulpe. Ni les Allemands, ni les Suédois, encore moins les Belges ou les Canadiens n’ont de modèle qui évite l’incertitude, les faux pas et la grogne des utilisateurs. Les systèmes étatiques, parachutés « clés-en-mains » sur le terrain, ne marchent nulle part. Depuis Newton, tout le (suite…)

La mission-Gagneux sur le DMP : empirique mais œcuménique

On peut juger de la portée d’un rapport à son contenu –et c’est généralement la règle des commentaires saluant la publication d’un document officiel demandé par le gouvernement à une personnalité– et on peut aussi l’aborder par … ce qu’il ne dit pas. Ainsi le rapport-Larcher se montre-t-il peu disert sur les deux sujets « qui fâchent » à savoir le lien quasi-incestueux entre le management de l’établissement et la collectivité locale d’accueil, la protection des personnels par le statut avantageux du Titre IV de la fonction publique. L’auteur a de toute évidence opté pour une proposition ménageant la congruence des élus locaux et la … susceptibilité des partenaires sociaux. Cette stratégie de contournement s’avère finalement assez pragmatique et n’étonnera pas de la part d’une personnalité qui ferait, à défaut de la (suite…)

DMP : à Pâques ou à la Trinité ?

Après un pronostic très réservé prononcé à l’automne par la mission interministérielle (IGF, IGAS et CGTI) mandatée par une ministre elle-même dubitative, le Dossier Médical Personnel paraît redonner signe de vie. Il semble que le DMP entre dans sa phase de rédemption, la mission Gagneux a promis de le sortir du tombeau à la fin du mois. Ça tombe bien, ce sera Pâques. Qu’on ne s’y trompe pas néanmoins, la feuille de route de la mission vise à redéfinir les grandes étapes du projet, à améliorer sa gouvernance et à organiser la concertation. Comme si le GIP avait fauté sur tous ces points ! Mais pour l’instruction du dossier, il vaut mieux se référer au rapport d’information de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales présenté il y a un (suite…)

Feu le DMP : et vive le dossier … professionnel partagé !

Le DMP « bouge encore » … Si peu mais quand même ! Le Quotidien vient de se faire l’écho des réticences que suscite dans la communauté médicale le chantier ouvert par le ministère à l’enseigne d’une « Task Force » sensée désembourber le dossier avant fin février. Pilotée par l’inspecteur IGAS Michel Gagneux, un des co-auteurs du rapport assassin de novembre, celle-ci tient ce mardi sa deuxième réunion de travail après avoir, la semaine passée, auditionné les ministres ayant eu à connaître du sujet. Jacques Sauret, le patron du GIP et André Loth, successeur du précédent à la tête de la Mission Interministérielle pour le Système de Santé (MISS) sont évidemment membres de ce focus-groupe, ainsi que deux représentants de la CNAMTS (Denis Richard et Alain Folliet), un représentant des médecins en la personne (suite…)

La mission d’audit public sur le DMP, … le bébé et l’eau du bain

Une véritable « Bérézina » : le mot est suffisamment rare sous la plume des très prudes inspecteurs de l’IGAS, de l’IGF et du Conseil Général des Technologies de l’Information (CGTI) pour aiguiser la curiosité de tous les observateurs qui ont eu à connaître le chantier-DMP. Leur rapport d’audit, maintes fois différé, n’est pas encore officiellement publié -Mme Bachelot le fera sous quelques jours simultanément à l’annonce de ses propres conclusions- que la curée médiatique a déjà commencé. Un peu malsaine venant d’anciens thuriféraires du chantier et de ses maîtres d’œuvre. C’est à la fois trop d’honneur et largement indigne. Trop d’honneur parce qu’il n’était pas besoin d’une mission d’audit public pour entériner un constat que tout le monde avait fait de longue date : ce chantier était décidément mal-né (suite…)

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