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Michel Drucker, Le Point et la HAS…

Le 5 janvier dernier, au sein de La Chapelle St Louis de l'hôpital de la Pitié - Salpêtrière Michel Drucker passait une nuit avec les professionnels de santé. Au-delà de la performance de services phares, comme une maternité où l’actrice Esa Zylberstein a montré de jolies larmes, de la disponibilité et de la compétence des urgentistes du SAMU, récemment soulignées à juste titre à l'occasion des attentats de l'an passé, de louanges parfois méritées décernées par le patron de l’AP – HP, Martin Hirsch, on n'a pas eu beaucoup à s'appesantir sur une analyse des forces et faiblesses du système de santé : l’hôpital est performant, tout va bien, dormez bonnes gens, même en cas d'attentat vous serez soignés, tout cela a un coût, mais ces professionnels de santé sont tellement formidables ! Bref un show réussi, mais qui ressemble plus à la visite d'un appartement témoin qu'à l'exposé d'une réalité forcément bien plus complexe.

Au mois d’août, le magazine Le Point a publié son palmarès annuel des établissements de santé : après analyse des réponses à un questionnaire envoyé à plus de 1400 établissement en France, avec l’appui des données du PMSI et d'autres sources comme la liste des centres d'excellence, plusieurs critères sont renseignés. Ainsi, le volume d'activité, la notoriété, la technicité, la spécialisation, l'utilisation de l'ambulatoire, de la cœliochirurgie, l'indice de gravité des cas traités, et l'évaluation de la mortalité, permettent, après pondération, d'affecter une note puis de réaliser un classement. Cette méthodologie, même si elle ne montre que les meilleurs, établissant un palmarès, réalise déjà une approche plurielle des prestations de santé dans les établissements en France. Elle met ainsi le doigt sur l'absence d'homogénéité de la réponse sanitaire en fonction des institutions, des hommes et des femmes, des organisations. Elle a peut-être le mérite de créer une émulation entre les meilleurs, pour maintenir son rang, voire l’améliorer, mais mobilise peu la grande masse des établissements de santé.

Pendant ce temps-là, et depuis 1999, la Haute Autorité de Santé met en œuvre un mécanisme d'évaluation du fonctionnement des établissements de santé : elle les certifie, ou pas, et accrédite les praticiens de certaines disciplines afin d’évaluer et d'améliorer la qualité des soins et la sécurité des patients dans les établissements. La dernière version, dite V2014, est appliquée depuis un an maintenant ; elle représente une évolution importante de ce dispositif, qui a toujours eu une double fin, l'évaluation et la pédagogie, comment on fonctionne et comment on peut s’améliorer. Le manuel de référence, lui aussi évolutif, rédigé à partir des contributions de professionnels du secteur, constitue une base de comparaison pour chaque établissement. Un suivi longitudinal est assuré par la rédaction d'un compte qualité par et pour chaque établissement, où il sélectionne ses risques et les éléments pour les maîtriser, dans le cadre d’une vingtaine de thématiques ; une visite d'experts visiteurs tous les 4 ans en moyenne permet de valider les constats : l’analyse des processus concourant à la prise en charge, alimentés si besoin pas la méthode nouvelle du « patient traceur », éclaire sur la capacité réelle de l’établissement à maîtriser ses risques, inhérents à son activité. On devine aisément le regard acéré que permet de porter ce système d’évaluation, certes complexe, sur tous les hôpitaux et cliniques de France ; et pourtant, il est encore perfectible et sera amélioré.

Trois points de vue sur l’institution hospitalière, publique et privée ; lequel éclaire le mieux à la fois le décideur politique et le patient utilisateur, et incite le plus les professionnels et les organisations à progresser ? Lequel est le plus accessible (en dépit des efforts réels de la HAS avec son site Scope Santé, lui aussi promis à une belle évolution) ? Les classements dans ces deux palmarès semblent bien être strictement inverses ; on peut regretter que le gagnant en terme de visibilité, pour performant qu’ait été le spectacle, soit aussi le moins informatif, et que le plus pertinent soit le plus difficile à consulter, le moins mis en avant. Le levier sur l’amélioration des pratiques y gagnerait en efficacité, et l’enjeu est rien moins que la qualité et la sécurité des soins hospitaliers partout en France, pour le prochain patient.

Crédits photos : Web-Tv Festival.

À propos de Jean Halligon

Le Dr Jean Halligon, médecin généraliste phlébologue et ancien président de la Conférence des présidents des CME de l’hospitalisation privée, donne son point de vue dans les brèves d'Alex pour La Lettre de Galilée.
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