La Lettre de Galilée

Messi, lacis et ACI mal assis

Éditorial de la 263

Entre la promesse d’une résurrection des footeux français avec les deux buts de Benzema dans le Mondial et celui de Messi pour l’Argentine, la pluie sur les 24 heures du Mans, la réélection de Santos en Colombie et les vicissitudes de l’UMP, il y avait peu de place pour les questions de santé dans la presse du week-end.
La toujours futée lettre d’annuaire sécu nous détaille toutefois les effets secondaires du pacte de responsabilité sur la loi de financement de la sécurité sociale rectificative de 2014. Le document remis aux caisses nationales le 6 juin dernier pour avis a reçu un accueil plutôt glacial des administrateurs nationaux de la sécu.

Dans le brouhaha dominical deux informations seront passées inaperçues.
La première concerne l’interview sur deux pleines pages dans le journal Libération de samedi d’Etienne Caniard, président de la puissante mutualité française après un passage à la haute autorité de santé et architecte, dans les années 2000, du droit des patients. L’article d’Eric Favereau recueille les propos d’un homme qui a été un patient durement atteint avant d’être le haut responsable du monde de la santé qu’il est devenu. Son approche empirique nous éclaire sur la lenteur de l’évolution des mentalités car, estime-t-il, les médecins "pensent trop souvent que l’intérêt du malade n’est pas synonyme d’accès à l’information, d’une plus grande autonomie. Ce sentiment me semble souvent fondé sur un jugement a priori".
Le bilan de la loi de 2002 est cependant difficile à réaliser. On sait qu’une couche importante de la population n’accède même pas à l’information. Ce qui rend pour elle bien compliqué l’exercice de ses droits dans le lacis des textes de 2002.

Lire notre article : médecins/patients : une relation singulière

Quant à l’évolution de la maturité des médecins, sans minorer la valeur d’un témoignage aussi précieux que celui d’Etienne Caniard, constatons que de nombreux paramètres objectifs manquent pour en mesurer l’impact. Un seul indicateur : le nombre de formations demandées par les professionnels explose. Demandes non satisfaites en raison de l’imbroglio de la formation médicale. Quand l’Etat s’en mêle, assurément, c’est pour fabriquer des usines à gaz.

Lire notre article : le DPC dépecé

La deuxième information qui a peu "beuzé" concerne le rififi occasionné par les discussions sur le financement de la coordination des soins dont l’aboutissement est attendu par la ministre, Marisol Touraine, toutes affaires cessantes.
A l’origine, un accord cadre, signé en mai 2012 et nommé ACIP pour accord cadre interprofessionnel, entre l’UNCAM et l’Union nationale des professions de santé (UNPS).
Mais l’UNCAM a ouvert les discussions en avril dernier sur une autre base, un ACI sans le "P", pour accord conventionnel interprofessionnel, sur lequel la CSMF ne décolère pas, estimant que les revendications des syndicats majoritaires au sein de l’UNPS chargée de mener la négociation sont méprisées. Pour Luc Duquesnel, le patron des généralistes de la CSMF, comme le soulignait Le Généraliste lors du premier round, la rémunération des équipes "ne doit pas concerner que les 5 à 10 % de médecins qui travaillent en maison ou en pôle de santé mais il faut qu’on arrive à ce que tout le monde soit concerné".
Mal barrée la rémunération de la coordination des soins!

À propos de Remy Fromentin

Cofondateur de La Lettre de Galilée en 2007, il a mené une carrière de dirigeant au sein de l'Assurance maladie jusqu'en 2002. Il est depuis cette date consultant international. Voir tous ses articles.
Contenu non disponible.
Merci d’accepter les cookies en cliquant sur « Accepter » sur la bannière.
x

Lisez-aussi

La Lettre de Galilée

Virage ambulatoire : l’objectif est-il tenable ?

Éditorial de la 426ème " D’ici à 2022, je souhaite porter la ...

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer