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Médecine du futur : courbe du chômage, santé, TIC, et éthique

Emmanuel Macron recycle les 34 plans industriels d’Arnaud Montebourg. Le programme Nouvelle France industrielle, phase 2, regroupe 9 solutions industrielles pour 9 marchés prioritaires. La médecine du futur y figure comme un marché prioritaire. Sous le couvert d’enjeux industriels et de santé publique, la santé n’est plus un système !

Lire : Cols blancs, cols bleus, Colbert : quel avenir pour notre santé ?

La stratégie nationale de santé développée par le Gouvernement doit permettre de relever les grands enjeux auxquels la politique de santé est confrontée. L’innovation au service de cette stratégie ne devrait pas, en principe, remettre en cause le caractère solidaire et universel de notre système de santé. Mais le chemin tracé semble bien différent.
"Depuis le lancement de la Nouvelle France Industrielle en septembre 2013, la reconquête industrielle est en marche. Avec l'Industrie du Futur et les neuf solutions industrielles, elle entre dans sa seconde phase pour réussir la réindustrialisation adressant de nouveaux besoins et de nouveaux marchés, en France comme à l'export. " C’est le Ministère de l’Économie qui le dit.

La médecine du futur, un marché d’avenir pour lequel la France a des atouts :

  •  20 % par an de croissance du marché mondial du cloud computing sur les prochaines années,
  • 7,4 % par an de croissance du marché du calcul intensif d’ici 2017,
  • 9 Md€ en 2020 pour le marché français du Big Data, filière en forte expansion appuyée par l’excellence française en mathématiques, statistiques et informatique,
  • des leaders internationaux sur l’ensemble des domaines de l’économie de la donnée : infrastructures de cloud computing, fabrication de supercalculateurs, chaîne de valeur de la simulation numérique…
  • un très fort dynamisme de créations de startups porté par la French Tech.

Le dossier de presse du Gouvernement "Réunir la Nouvelle France Industrielle" du 18 mai 2015 consacre 3 pages au plan "Médecine du futur". L’objectif affiché est d’organiser un parcours de soins plus performant grâce à l’innovation médicale et digitale.
De nombreuses innovations technologiques sont porteuses d’un fort potentiel de transformation de l’organisation du système de santé et d’amélioration de qualité de prise en charge. Toutefois nombre d’entre elles sont loin d’avoir fait la preuve de leur efficience.
Une certaine dose de vigilance sera nécessaire afin que l’objectif industriel purement économique et celui de l’infléchissement de la courbe du chômage ne prennent pas le pas sur l’efficience médicale et médico-économique.

Le gouvernement ne peut à la fois demander aux Agences Régionales de Santé et à l’Assurance Maladie de réguler fortement les dépenses de santé, à défaut de les diminuer, et demander à ce même secteur de dépenser plus pour faire vivre l’industrie !

La médecine à deux vitesses et la marchandisation de la santé, ne sont pas les sujets du Ministère de l’Economie.

Il est à craindre que le verdict de l’Ordre des médecins sur l’activité du site internet "deuxièmeavis.fr" ne pèse pas lourd au regard des enjeux industriels et des problèmes de chômage.
En sus des injonctions de l’Europe pour ouvrir à la concurrence le système de protection sociale, la Médecine du futur est-elle, elle aussi, entrain de signer la fin d’un système de santé régulé par les pouvoirs publics ?

L’innovation technologique pour un réel usage ne peut se construire qu’en rapprochant industriels, acteurs de santé, chercheurs, sociologues et patients.
Loin de nous l’idée de faire un procès aux éminents membres du Comité de pilotage du plan « Médecine du Futur ». Ils auront à n’en pas douter la capacité à mettre quelques pincées d’éthique dans tout ce chantier ! Composé à majorité d’industriels et sous couvert de bénéfices de santé publique et économiques, le volet humain de la médecine du futur risque au final de passer au second plan, placé sous la dictature des objets connectés et autres innovations.
Dans le casting des 30 personnalités nommées dans ce Comité de pilotage, un grand absent, le Comité Consultatif National d’Ethique, présidé par Jean-Claude Ameisen.

Oncle Bernard, écrivain, journaliste mais surtout économiste humaniste disruptif, un anti manuel de Macron-économie en quelque sorte, tombé sous les balles de barbares le 7 janvier 2015, au siège de Charlie Hebdo, doit se retourner dans sa tombe…
Le 8 janvier 2016 à Paris, au moment même où l'Unesco inaugurait, en son honneur, une chaire unique au monde, économie et société, la "Chaire Bernard Maris", vrai nom d’Oncle Bernard, la Macron-mania naissait au Consumer Electronic Show de Las Vegas, où le très libéral Emmanuel Macron accompagnait les Startup de la Nouvelle France industrielle.

Crédits photos : Tiger Pixel.

À propos de Inès Caramouche

Tombée dans la marmite de « l’information » dès son plus jeune âge, Inès Caramouche est passionnée par l’actualité du monde, de la santé (connectée !) et par l’humain. Elle aime lancer des petites alertes pour conjuguer harmonieusement e-technologie, grandes et petites questions de société et valeurs humaines. Inès ne cherche pas à faire mouche mais « titille » de la pointe de sa plume les consciences des uns et les décisions des autres. Voir tous ses articles.
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