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Maternités : proximité ou efficience ?

Le récent rapport de la Cour des Comptes remet sur le devant de la scène le problème des petites maternités, réalisant moins de 300 accouchements par an.

Lire : Faut-il fermer les petites maternités ?

Voici revenue la contradiction proximité / efficience : peut-on avoir auprès de chez soi une maternité idéale, avec tous les professionnels nécessaires, entraînés, disponibles 24 heures sur 24 en tous points du territoire ? La question se pose aussi, bien évidemment, pour les blocs opératoires effectuant moins de 1000 interventions par an, et on peut parier qu’elle va resurgir bientôt dans l’actualité pour ce secteur-là aussi.

Outre que cela dépasse les possibilités financières de la nation, la démographie des chirurgiens, des obstétriciens, des anesthésistes, force à répondre clairement non à cette double question.

À supposer même qu'il y ait suffisamment de professionnels, une activité inférieure à certains seuils est corrélée à un risque majoré de moindre qualité : par manque d’entraînement des équipes, par un biais possible des indications... La population ne s'y trompe pas toujours, les taux de fuite, pour les activités techniques, étant souvent élevés.

Reste que, tous les Français contribuant à leur financement, l’usage des maternités et les blocs opératoires ne peut être réservé aux seuls habitants des grandes villes ; il faut donc en organiser l'accès, avec des transports facilités, donc au moins partiellement financés, des consultations délocalisées, décentralisées, un retour précoce auprès du lieu de vie dès que possible après la prise en charge initiale. La question ici est celle des situations « aigües », les pathologies chroniques posent d’autres problèmes et nécessitent d’autres solutions, qui peuvent aussi être portées par les centres hospitaliers de proximité.

Il y a donc bien la place pour transformer certains centres hospitaliers ayant une faible activité, peu d'attractivité pour les professions médicales spécialisées, en structures d’accueil en amont et en aval des plateaux techniques, qui ne peuvent se multiplier ; cette mutation a déjà eu lieu dans plusieurs endroits (La Mure, Royan, Valognes…), avec succès, mais elle demande d'une part le courage politique des élus locaux et d'autre part un changement culturel de la population.

On relira sur ce sujet avec bénéfice le rapport de Guy Vallancien, qui date de 2006 ; les chiffres ne sont certainement plus pertinents, mais les arguments pour une restructuration des hôpitaux et cliniques à faible activité le demeurent incontestablement. Reprendre à son compte les 10 propositions de ce rapport, notamment la grille ESO (Évaluation, Soins, Organisation) pour l'aide à la décision publique, permettrait, pourquoi pas au ministre de la Santé dont c’est le travail, de répondre à l’excellente question des magistrats de la rue Cambon...

Crédits photos : Traité de gynécologie clinique et opératoire (1890), Masson, Paris

À propos de Jean Halligon

Le Dr Jean Halligon, médecin généraliste phlébologue et ancien président de la Conférence des présidents des CME de l’hospitalisation privée, donne son point de vue dans les brèves d'Alex pour La Lettre de Galilée.
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