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Marisol Touraine, le bilan des 3 ans

Nommée Ministre des Affaires sociales et de la Santé dans le premier gouvernement de Jean-Marc Ayrault, le 16 mai 2012, Marisol Touraine constitue aujourd'hui une figure féminine incontournable du gouvernement Valls et une fidèle de Hollande. Confortée dans son poste pour avoir soutenu des réformes de gauche, la Ministre a tout de même réussi à fédérer une large opposition contre elle dans le monde de la santé. Retour sur ces trois années.

Le "pacte de confiance"

Dès la rentrée 2012, Marisol Touraine lance le pacte de confiance : il s'agit de quitter les fantômes de la loi HPST et de regagner la "confiance des Français dans leur système de soins", celle des "responsables politiques" et la confiance "au sein même de l’hôpital public". Dans son discours de présentation, elle affirme que "le monde a changé" que "les pouvoirs publics doivent faire face aux profondes mutations de notre société dans tous les domaines qui relèvent de leur responsabilité." Ce constat "nous oblige à réorganiser en profondeur l’action de notre système de soins, dont l’hôpital public est l’épine dorsale". L'objectif est de caresser dans le sens du poil l'hôpital malmené quelque peu par la T2A en 2004 et la loi HPST en 2009. Pour cela, la confiance passe par le dialogue social. "Plusieurs décrets seront publiés avant la fin du mois de septembre qui amélioreront le bilan social des établissements de santé : ces bilans doivent être vraiment utiles et permettre une évaluation efficace des politiques conduites en s’appuyant notamment sur des indicateurs de ressources humaines pertinents. Je souhaite également qu’un volet social apparaisse très clairement dans chaque projet régional de santé, ainsi que dans toutes les opérations de restructuration qui seront conduites. La dimension sociale ne peut plus être un codicille de nos projets d’établissements." Pour renouer la confiance avec l'hôpital, la Ministre commande un rapport à Edouard Couty.

Lire : l'hôpital reste une question centrale

En février 2013, le rapport Couty est remis. Il fait écho à la mission Fellinger/Boiron qui avait déjà remis ses conclusions en janvier l'année passée. Le constat est connu : la grogne est unanime et l'hôpital est au bord de la dépression.

La médecine libérale a certainement eu moins d'égard. Dès ses premiers mois d'exercice, la Ministre a obtenu le succès d'une négociation conventionnelle majeure entre l'UNCAM, les trois syndicats de médecins (MG France, CSMF, SML) et l'UNOCAM :

  • La mise en place d’une nouvelle procédure de sanctions conventionnelles des pratiques tarifaires excessives,
  • La création d’un « contrat d’accès aux soins » pour les médecins à honoraires libres afin de réduire les dépassements et le reste à charge des patients
  • L’extension des tarifs opposables à tous les assurés dont les revenus sont modestes (éligibles à l’Aide à la Complémentaire Santé - ACS) pour l’ensemble des médecins exerçant en secteur 2 (4,7 millions de personnes potentiellement concernées)
  • Une diversification accrue de la rémunération des médecins en secteur 1 et des adhérents au contrat d’accès aux soins.

Le début d'un divorce avec la médecine libérale... Aujourd'hui, le bilan est plutôt positif puisque l'Assurance Maladie vient de confirmer une baisse du taux de dépassements d'honoraires des médecins passant de 55,1% en 2013 à 54,1% en 2014.

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À propos de Vincent Fromentin

Blogueur santé et directeur de publication de La Lettre de Galilée.Voir tous ses articles.
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