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Loi de santé : No flop, no drop ?

Éditorial de la 334

Ce mardi 27 octobre, la Commission Mixte Paritaire a présenté ses conclusions de 9h30 à 10h30 pour sceller son désaccord sur la loi de modernisation de notre système de santé. L'objectif de cette commission présidée par la députée Catherine Lemorton est "d'essayer de dégager un texte commun entre l'Assemblée Nationale et le Sénat". Point principal de désaccord politique : le fameux article 18, le tiers-payant généralisé jugé trop "complexe" et incompatible avec la médecine libérale. Pour Arnaud Robinet, "l'Assemblée nationale instaure une véritable étatisation de notre système de santé", les médecins sous la coupe de la CNAMTS, les patients sous celle des complémentaires et des mutuelles... Mais il déplore "l'impréparation du travail parlementaire" avec le dépôt en dernière minute d'un amendement de six pages sur l'organisation de la santé mentale en France, "qui n'avait pourtant pas sa place dans le texte". Impréparation également qui s'illustre dans le "manque de concertation avec les professionnels de santé, dont témoigne la très forte mobilisation - aussi bien publique que privée - dans quelques jours."

Un combat de dinosaures entre idéologues...

Malgré l'avis défavorable de la commission des affaires sociales, le Sénat a pourtant rétabli des articles sur l'avortement : les articles 16 bis et 17 bis qui respectivement autorise les centres de santé à pratiquer les IVG par voie chirurgicale et non plus seulement par voie médicamenteuse et supprime le délai d’attente d’une semaine entre les deux rendez-vous médicaux conditionnant l’accès à l’avortement. Et également l’alinéa de l’article 31 relatif à la mention de l’IVG médicamenteuse parmi les compétences des sages-femmes a également été rétabli.

Lire : Et si les Françaises ne faisaient plus confiance à leurs pilules ?

On aurait pourtant aimé un débat plus éthique qu'idéologique... Ou politique comme sur le rejet du paquet neutre défendu par Marisol Touraine (en se réfugiant derrière une directive européenne)...

Les médecins quant à eux se mettent en ordre de marche pour leur grève du 13 novembre. Les élections professionnelles du mois dernier ont révélé un climat crispé. Jean-Paul Ortiz, président du syndicat historique en France, la CSMF, grande perdante au profit des syndicats les plus contestataires, a regretté "une poussée du poujadisme et des replis identitaires". On s'attend au pire. Un "échec attendu" pour la Ministre selon Eric Favereau dans Libé. Même si Marisol Touraine tente de séduire en débloquant 250 M€ pour attirer les jeunes médecins vers l'hôpital, c'est Manuel Valls qui doit voler à son secours pour tenter d'éteindre le feu avec les médecins... Invité au congrès de l'Ordre, le Premier Ministre a tenté en vain de renouer le dialogue avec les frondeurs : tous les syndicats ont confirmé leur intention de boycotter la grande conférence de santé prévue le 17 février prochain. Un "flop" pour le QdM.

Un de plus.

Crédits photo : ND Strupler.

À propos de Vincent Fromentin

Blogueur santé et directeur de publication de La Lettre de Galilée. Voir tous ses articles.
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