Levothyrox, le retour

Éditorial de la 468ème

Dans l'affaire Levothyrox, selon le Procureur de Marseille, Xavier Tarabeux, le Parquet, qui avait ouvert une information judiciaire pour "blessures involontaires", a élargi l'enquête pénale au chef d'"homicide involontaire" depuis  le 30 novembre dernier.

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Le Levothyrox est un médicament pour le traitement de la thyroïde, produit par le laboratoire allemand Merck. Cette hormone de synthèse est prescrite à 3 millions de patients, majoritairement des femmes. Elle figure dans les substances les plus vendues en pharmacie avec le paracétamol, l’ibuprofène ou l’amoxicilline.

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La controverse vient d'un changement de formule recommandé par l'ANSM en mars 2017 afin de mieux stabiliser dans le temps la teneur en substance active. Depuis la sortie d’une nouvelle formule,  de nombreux patients se plaignent d’effets secondaires importants.

Lire : Lévothyrox, faut-il enterrer le débat ?

Même si le médecin et député Jean-Pierre Door avait établi, en novembre dernier, dans les conclusions de la mission "Flash" qui lui fait été confiée par la Commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale, qu'"il n’y a pas de crise sanitaire, mais une crise médiatique, autour de la nouvelle formule du Levothyrox" (p.9), pour Me David-Olivier Kaminski, l'avocat des 200 plaignants, "le dossier Levothyrox prend une nouvelle dimension (...) Il s’agit bien d’une crise sanitaire majeure dans laquelle les victimes ont été totalement délaissées."

Le laboratoire Merck malgré tout reste confiant. Me Mario-Pierre Stasi, leur avocat, assure que "l’entreprise coopérera pleinement avec la justice afin de démontrer qu’aucune infraction n’est caractérisée". Les différentes enquêtes de pharmacovigilance de l’ANSM n'avait pas pu établir de lien de causalité entre les décès et le changement de formule du médicament.

Concernant le volet civil du dossier, une action collective portée par plus de 4 000 plaignants a été engagée contre le laboratoire Merck au tribunal de Lyon pour défaut d’information et préjudice d’angoisse. Le délibéré doit être rendu le 5 mars. C'est une forme inédite d'action menée par l'avocat Me Christophe Lèguevaques : des milliers de plaignants réunis dans la "plus grande action collective" via une plateforme Web, MySmartCab, lancée par l'avocat toulousain en juin 2016.

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On assiste à une porosité de plus en plus grande entre les réseaux sociaux, les crises sanitaires et les actions en justice. Mais si le nombre fait la force, jusqu'où aller dans l'action collective ?

Crédits photos : FaceMePLS.

À propos de Vincent Fromentin

Blogueur santé et directeur de publication de La Lettre de Galilée. Voir tous ses articles.
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