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L’erreur dangereuse de Marisol Touraine

Éditorial de la 383

Lors du débat télévisé entre les deux candidats au second tour de la primaire de la droite, Marisol Touraine s'est lâchée avec un "live-tweet" déchaîné, incendiant l'un, critiquant l'autre mais défendant surtout son bilan. On ne sait si elle était seule en pantoufles devant la TV ou si un staff de communicants planchait en direct et lui soufflait les tweets à publier...

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Pour faire mieux, elle a annoncé, lors d'un débat sur une proposition de loi visant à édulcorer la liberté d'installation, une augmentation du numerus clausus de 478 places pour 2017. Mais qui a dit qu'il manquait de médecins ? Il n'y en a jamais eu autant qu'aujourd'hui; ils sont juste mal répartis sur le territoire. Cette décision hasardeuse est une erreur dangereuse.

Lire : Désertification médicale, la fin du problème avec la coercition  ?

Car, d'une part, les capacités de formation ne suivent pas. Le doyen de la faculté de Brest a déjà dit "non !" Il trépigne dans les colonnes du Télégramme : "À Brest, nous avons un enseignant pour dix étudiants, alors qu'en Ile-de-France, le ratio est d'un enseignant pour quatre étudiants. Les enseignants travaillent aussi à l'hôpital et font de la recherche. Nous avons le ratio le plus bas de France. Et toutes mes demandes de création de postes sont refusées par le ministère. Dernièrement encore, j'ai transmis un dossier pour un poste indispensable mais on m'a répondu que je n'avais aucune chance d'obtenir un poste supplémentaire. J'ai donc dit non à une augmentation du numerus clausus de Brest".

D'autre part, le fait d'augmenter le nombre de médecin ne fera qu'augmenter mécaniquement la polarisation des installations des professionnels dans les territoires déjà bien lotis que l'on connaît aujourd'hui. Le problème de la désertification médicale n'existe pas : ce n'est que la conséquence de l'abandon total et du retrait assumé de l'État dans les périphéries délaissées de nos territoires depuis les années 80. Combien de MSP, construites par des mairies en mal de voix et payées par le contribuable, resteront vides car il n'y a ni transport, ni poste, ni vie culturelle alentours ? Quel médecin ou quel plombier serait intéressé pour s'y installer ?

Lire : Santé à deux vitesses, la France coupée en deux ?

Crédits photos : Franck Michel.

À propos de Vincent Fromentin

Blogueur santé et directeur de publication de La Lettre de Galilée. Voir tous ses articles.
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