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Le désert, la poule et le Président

Éditorial de la 401ème

Cette année, le 1er avril a été bien discret tant la course à la Présidence a accumulé les (trop vrais) poissons pourris et les rebondissements. Pour ce traditionnel premier avril, on a à peine souri quand François Hollande a convié les Français à son pot de départ de l'Élysée sur sa page Facebook officielle (qui avait été piratée pour l'occasion...). En écoutant le discours à Marseille d'Emmanuel Macron plagiant le Hollande de 2012, on a souri quand François Hollande a pronostiqué la victoire du candidat. On a souri quand François Hollande a rencontré dimanche Abraham Poincheval au Palais de Tokyo : l'artiste, enfermé dans un cube de plexiglas pendant une vingtaine de jours, joue à la poule en couvant une douzaine d'oeufs. [NDLR] Le Président ne s'y est pas rendu en scooter. 

Mais ce n'étaient pas des poissons d'avril. Juste la réalité.

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Des carabins qui se tournent toujours davantage vers les spécialités

Un document de la Drees analyse les résultats des épreuves classantes (ECN) des études de médecine : 7 700 étudiants ont été affectés. "Depuis 2011, les voies parallèles d’admission prennent une place croissante : près de 700 candidats sont issus des passerelles, du numerus clausus complémentaire ou sont titulaires d’un second cycle européen." (...) "Plus de la moitié des étudiants sont affectés dans une subdivision qui n’est pas celle où ils ont effectué leur second cycle. Parmi ces étudiants, près de 40 % ont ainsi obtenu une spécialité que leur classement ne leur aurait pas permis d’obtenir dans leur subdivision d’origine." De quoi inquiéter légitimement le Collège national des généralistes enseignants (CNGE) qui s'était alerté la semaine dernière des ajustements de dernière minute de la réforme du 3ème Cycle.

Lire : Les bidouillages de la réforme du 3ème cycle.

La médecine générale tente de rattraper son retard

Sans surprise, même si la tendance est au "rééquilibrage", "les cinq spécialités pour lesquelles des postes sont restés vacants sont la médecine générale, la médecine du travail, la santé publique, la psychiatrie et la biologie médicale." Ainsi, si en 2011, 16% des postes ouverts en médecine générale restaient vacants, en 2016, seulement 6% n'étaient pas pourvus. Les spécialités les plus prisées sont pour l’essentiel des spécialités médicales. Leur mode d’exercice est pour certaines majoritairement libéral (cardiologie, radiologie, dermatologie) ; pour d’autres, comme la néphrologie, la médecine interne et la neurologie, il est salarié. Les spécialités chirurgicales les plus prisées sont l’ophtalmologie et l’oto-rhino-laryngologie. Toutes ces spécialités figurent plutôt parmi les plus rémunératrices.

Lire : Désertification, métropolisation et lutte des classes : les médecins dans le viseur

Paris, Nantes, Lyon et Montpellier attirent toujours

La polarisation des installations se confirme d'années en année puisque 20% des étudiants sont affectés en Île-de-France. Dans les villes attractives , Nantes arrive en tête, suivie par Lyon, Montpellier, Rennes, Bordeaux, Toulouse et Paris. Il aurait été intéressant de connaître la géographie d'implantation pour la médecine générale.

Lire : Et si les déserts médicaux étaient un mirage ?

Pour recruter un généraliste, les communes tournent des clips

Les communes qui construisent à tour de bras des maisons de santé, un business lucratif, vendues comme le remède miracle à la désertification par tous les politiques de droite comme de gauche, peinent toujours à trouver des médecins. Combien de coûteuses MSP vides faudra-t-il encore ? Pour quelques dizaines de milliers d'euro, certaines communes n'hésitent pas à faire appel à des cabinets de recrutement.

Lire : Désertification médicale : la fin du problème avec la coercition ?

Samedi dernier, c'est la petite commune de Bourth dans l'Eure, plus connues pour ses femmes à barbe, qui a tourné un clip de promotion destiné à séduire un médecin. Elle avait déjà réussi à recruter un dentiste et un médecin espagnol. C'est pourquoi, "la comm se fera sur le territoire national mais aussi en Espagne, en Roumanie, en Grèce."

Lire : Démographie médicale : un médecin sur cinq est étranger.

Ce n'est pas la première commune à se lancer dans l'aventure d'un clip : LiffréPlouvornLandudec, HuelgoatErgué-Gabéric Guiclan. Avec plus ou moins de succès. L'Agence Régionale de Santé (ARS) avait organisé en octobre dernier un "généraliste dating" : 27 communes bretonnes cherchant un ou plusieurs praticiens ont tenté de convaincre des internes en médecine de s'installer chez elles au travers de clips.

Les délais d'attente et le renoncement aux soins augmentent

Une étude IFOP/Jalma sur l'accès aux soins qu'a publié lundi dernier Le Figaro révèle que les délais d'attente pour obtenir un rendez-vous chez le médecin se détériorent. "Le délai moyen d'obtention d'un rendez-vous chez un médecin spécialiste libéral est en effet passé de 48 à 61 jours en cinq ans. (...) Quant au généraliste, il faut désormais patienter une semaine, le double qu'en 2012, pour décrocher un rendez-vous." Un coup dur pour le bilan du Pacte Territoire Santé que défend bec et ongle Marisol Touraine.

Lire : L'erreur dangereuse de Touraine

Une des raisons avancées est le recours pour les généralistes à un mode d'exercice particulier (MEP) : médecine du sport, ostéopathie, nutrition, etc. dont la pratique n'est que peu ou pas encadrée en termes de prix. En plus, un praticien ayant un «exercice particulier» effectue moins de 2000 consultations par an, contre 3500 pour un généraliste classique. La raison ? "On a écrasé leurs revenus, diabolisé les dépassements d'honoraires et, au bout du compte, a déclenché une catastrophe sanitaire" avance Mathias Matallah, le président de Jalma.

Mieux vaut aller admirer les performances du Palais de Tokyo. C'est plus sympa.

Crédits photos : Martine.

À propos de Vincent Fromentin

Blogueur santé et directeur de publication de La Lettre de Galilée. Voir tous ses articles.
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