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La santé vue par les femmes : une enquête IPSOS – STERIA

Une enquête IPSOS-STERIA réalisée en octobre 2014 auprès de 1000 femmes à la demande du LIR nous éclaire sur les voies à prendre (ou à éviter) pour notre système de santé.

Devant le déficit abyssal d’originalité de nos politiques sur les questions de santé plusieurs acteurs iconoclates formulent des propositions qui tombent avec mépris dans l’indifférence générale. La santé n’intéresse pas le pouvoir.
Le jeu de cache-cache est connu. La droite quand elle est dans l’opposition fait la roue devant les médecins et, une fois au pouvoir, promesses bues, les massacre. Juppé en sait quelque chose. La gauche fait pareil. Le bulldozer idéologique se met en marche dans l’euphorie de la victoire du peuple mais ralentit quand il y a le feu. En ce moment Marisol Touraine fait du rodéo sur un baril de poudre.
Résultat : rien n’avance. Ponctuée par les sonneries de détresse de la cour des comptes, la torpeur du système s’interrompt une fois par an, au moment de la LFSS.

Mais au fond, que pensent réellement les Français de leur système de santé ? Les représentants du peuple n’étant plus capables de capter ce que pensent leurs mandants, d’autres s’en chargent. L’enquête réalisée par IPSOS en octobre 2014 fait partie de ces études qui nous éclairent sur ce qu’il conviendrait de faire…ou de ne pas faire.

La femme est l’avenir…de la médecine

N’en déplaise à Aragon si la portée de sa maxime s’arrête au monde de la médecine, (en attendant mieux), il est une évidence aujourd’hui que la transformation sociologique de la médecine a commencé avec la féminisation des études médicales. Il suffit de compulser la dernière édition de l’Atlas du CNOM de 2014 pour s’en convaincre. Tous âges confondus, 44% des médecins sont des femmes, une sur deux chez les spécialistes hors médecine générale. En dessous de 45 ans elles sont devenues largement majoritaires. Selon l’INSEE, les 2/3 des étudiants en médecine sont… des étudiantes. Voilà du côté des professionnelles. Contentons-nous de rappeler comme nous l’avons souvent souligné ici, que les pouvoirs publics semblent ignorer que la question des soins primaires ne se résoudra pas à coups de primes à l’installation ou de contraintes administratives et que la politique territoriale est vouée à l’échec si l’on ne tient pas compte de cette transformation sociologique majeure justement liée à la féminisation de la profession.
Du côté des patientes, les constats sont les mêmes car les femmes tiennent un rôle majeur dans l’utilisation du système de soins. Elles en sont même le pivot, comme le montre l’enquête IPSOS-STERIA réalisée à la demande du LIR dans le cadre de sa stratégie de communication "imaginons le futur de la santé". Les premières analyses tirées du sondage auprès de 1015 femmes représentatives de la population féminine française confirment son rôle central.

« Pourquoi interroger les femmes ?
Parce que comme le montre l’enquête, ce sont elles qui pour beaucoup, au sein de la structure familiale, gèrent et suivent la santé des enfants (85%).
Les pères en font encore peu. En cela, elles apparaissent aujourd’hui comme des acteurs essentiels, d’autant plus que leur action en matière de santé ne se limite plus désormais à leur seul foyer. L’allongement de la durée de la vie avec pour corollaire la question de la gestion de la dépendance des plus âgés a aussi eu pour conséquences de les amener de plus en plus à gérer la santé de leurs parents (53%), voire pour partie d’entre elles de leurs beaux-parents ou grands-parents de leurs conjoints (27%) et de leurs propres grands-parents (19%) »

Liberté, liberté… de choisir

Dans l’enquête IPSOS, la question de la liberté de choisir son médecin, considérée par les sondées comme une «  essentielle », leur est posée (cf le slide 16 sur le site d’IPSOS). L’analyse des résultats laisse entendre que la gente féminine serait réticente à toute réforme.

« Depuis un certain nombre d’années déjà, les Français ont pris conscience que leur système de santé devait être réformé, même si dans le même temps, ils expriment aussi de réelles craintes face à ce que sera « l’après ». Mais ce que montre l’enquête réalisée par Ipsos pour le LIR, c’est qu’au-delà de leur prise de conscience, les Françaises ont aujourd’hui beaucoup de mal à accepter de modifier leurs comportements et à renoncer au moins en partie à leur liberté de choix. Ainsi, la très grande majorité d’entre elles estiment qu’il est « essentiel » qu’elles puissent rester libres de choisir librement parmi les professionnels de santé celui qui sera leur référent vis-à-vis de la sécurité sociale (76%). Elles ne transigent pas non plus sur leur liberté de pouvoir choisir d’aller se faire soigner dans un établissement public ou privé (72% considèrent que c’est une liberté essentielle).

Plus grave, une majorité de femmes ne se montre pas prête à renoncer à la liberté d’aller consulter « autant de médecins qu’elles le souhaitent » (86%). Près d’une femme sur deux considère même que c’est une liberté essentielle (41%). L’enquête montre d’ailleurs que la quasi-totalité des Françaises dit avoir consulté au moins une fois un médecin généraliste ou spécialiste au cours des 3 derniers mois. Plus d'une femme sur trois (40%) a même consulté trois fois ou plus pendant cette période.

Enfin, elles affirment aussi un attachement très fort à leur liberté de refuser que l’on remplace le médicament prescrit par le médecin par un générique (82% dont 44% estiment même que c’est une liberté essentielle). Dans ce contexte, la généralisation des génériques pour maitriser les dépenses de santé n’est pas pour demain. Ces résultats montrent surtout à quel point les Françaises risquent d’avoir du mal à modifier profondément leurs comportements face aux innovations que va connaître le système de santé »

Discussion. Pourquoi considérer que l’attachement à la liberté de choix de son médecin et de son traitement constitue un frein à toute réforme ? En fait, il est probable que l’attitude des femmes révèle de leur part un refus de se laisser entraîner vers des solutions convenues d’avance. Le conditionnement des esprits opéré depuis des années par l’élite publique de ce pays visant à considérer que les seules voies économiques sont celles de la contrainte financière et l’encadrement public de l’offre de soins (dont la plus belle manifestation est la loi de santé de Marisol Touraine), semble avoir eu moins de prise sur les femmes que sur la population masculine.

Tous les espoirs sont permis

Même si l’enquête part d’un a priori sur la capacité des femmes à réformer le système, les réponses aux autres questions nous renseignent sur les marges de manœuvre.
Nous reproduisons ci-après la plupart des conclusions de cette enquête.

Les Françaises sont prêtes à faire des efforts pour préserver le système de santé mais ils sont plutôt limités : d’abord mieux gérer leur stock de médicaments !

Nous avons pu identifier les efforts auxquels les Françaises étaient prêtes à consentir pour maintenir en l’état le système de santé et là encore, le moins que l’on puisse dire est qu’ils sont relativement modérés. Pour mesurer le mieux possible la réelle capacité des individus à modifier leurs comportements, il convient de s’attacher de déterminer quelle proportion d’individus est « tout à fait » prête à consentir au changement.
Le seul effort qui recueille un assentiment fort et majoritaire est de « mieux gérer leurs stocks de médicaments » (97% sont prêtes à le faire dont 66% disent même « tout à fait »). En revanche, les autres changements de comportements envisageables recueillent un assentiment beaucoup plus modéré.  Seule une minorité déclare qu’elles accepteraient « tout à fait » de se soigner elles-mêmes pour des maladies bénignes sans passer par un médecin (41%), les autres disent qu’elles seraient seulement « plutôt » prêtes à le faire (41%). Ces deux types d’efforts sont aussi ceux qui demandent le moins d’implication de leur part.
Dès lors que l’effort demandé implique un réel changement de comportement ayant des répercutions fortes sur la chaîne de santé telle qu’elles la connaissent aujourd’hui, la capacité à réellement modifier leur façon d’agir fléchit, même si beaucoup se disent toutefois « plutôt » prêtes à changer. Ainsi seule une minorité d’entre elles se dit « tout à fait » prête à aller moins souvent consulter leur médecin (31%), à payer un peu plus de leur poche pour les petits bobos (15%) ou encore à remplacer une visite chez un médecin par un appel ou par un échange par Internet (18%).
dès lors que les efforts consistent à accepter la réorganisation de la carte territoriale  hospitalière ou une augmentation des cotisations, le refus est majoritaire. Ainsi, 65% des Françaises n’accepteraient pas la fermeture de certains hôpitaux de proximité pour qu’ils soient regroupés en centres hospitaliers d’excellence et 84% n’accepteraient pas une augmentation des cotisations pour leur sécurité sociale ou leur mutuelle. 

Lire : Faut-il fermer les petites maternités ?

Les Françaises ont un rapport encore très distancié à la médecine 2.0.

Là encore, les résultats de l’enquête ne font pas apparaître de réelle résistance de la part de la population française mais plutôt un assentiment modéré face aux évolutions futures que pourrait connaître la médecine de demain. Certes, sur les questions de santé, le recours à internet s’est diffusé dans toutes les catégories de la population féminine française (12% l’utilisent "systématiquement" et 49% l'utilisent "parfois", soit un total de 61%, pour obtenir des réponses à des questions de santé). Toutefois, elles se montrent dans le même temps plutôt circonspectes face aux innovations technologiques qui pourraient transformer en profondeur le rapport à la médecine et les parcours de soins des patients. Parmi les différents dispositifs testés dans l’enquête, les outils de la médecine 2.0 sont souvent ceux que les femmes ont le moins l’intention d’utiliser même si là encore il n’y a pas de refus.
Ainsi, si 59% des femmes se disent prêtes à utiliser des objets connectés avec leur téléphone mobile ou leur ordinateur pour mesurer leur degré d’activité physique, leur tension ou l’équilibre de leur alimentation, seulement 22% se disent « tout à fait prêtes » à le faire tandis que 42% avouent qu’elles n’utiliseraient pas ce genre d’objets.

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Les moins de 35 ans, les cadres et les hauts revenus montrent un intérêt un peu plus marqué (respectivement 70%, 63% et 67% sont intéressées). Ces chiffres permettent surtout de relativiser le niveau d’appétence pour les objets connectés qui certes se diffusent de plus en plus (balances intelligentes dans les salles de bains, bracelets «trackers» d'activité, montres intelligentes au poignet, etc.) mais qui restent encore très éloignés des préoccupations de très nombreuses Françaises qui n’en voient pas aujourd’hui encore l’intérêt.

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De même, si 54% des femmes pourraient avoir recours à un diagnostic à distance en vidéo conférence avec un médecin, seulement 18% seraient « tout à fait » prêtes à le faire. Pire, près d’une femme sur deux refuserait de s’engager dans un tel dispositif (46%). A noter là encore que l’intérêt pour le diagnostic à distance est plus fort chez les cadres (60%), les femmes aux revenus les plus élevés (64%) et les ruraux (57%).

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Une part importante de la population féminine accorde encore une importance « modérée» aux examens de dépistage et de prévention.

Beaucoup de progrès restent à faire auprès de la population féminine en matière de prévention. L’importance accordée aux examens de dépistage est certes majoritaire (59% effectuent systématiquement les examens de dépistage recommandés par les professionnels de santé) mais beaucoup ne les font qu’en partie (36%), voire pas du tout (5%).
Ce phénomène est d’autant plus préoccupant que le manque de suivi est plus fort encore chez les jeunes (65% des 18-24 ans n’effectuent qu’en partie ou jamais ces tests, 46% des 25-35 ans) et au sein des catégories les plus fragiles (47% des employées, 44% des chômeuses, 47% des salariées à temps partiel, 48% des femmes dont les revenus sont les plus faibles). A l’évidence, le pouvoir d’achat a un impact très direct sur les comportements en matière de prévention et montre à quel point l’inégalité d’accès aux soins est aujourd’hui importante, même dans le domaine préventif.

Lire : Plan anti-tabac de Touraine : l'enfumage

Parallèlement, il subsiste aujourd’hui dans la population française un très fort manque de sensibilisation à tout ce qui relève de la politique de la prévention. Certes, la grande majorité des Françaises se dit prête à participer à des programmes de prévention, mais alors même qu’on parle de leur santé, leur souhait de s’investir est mesuré. Si 74% des femmes salariées concernées disent qu’elles pourraient s’engager à participer à des programmes de prévention sur le tabac, les maux de dos ou le burnout dans leur entreprise, seulement 32% d’entre elles sont « tout à fait » prêtes à s’engager. De même, 70% des femmes pourraient participer à des programmes de prévention avec des nutritionnistes, des psychologues et des kinésithérapeutes sur recommandation d’un médecin, mais 26% seulement sont "tout à fait" prêtes à y participer.

Il existe un déficit d'information fortement ressenti, qui explique la réticence des femmes à se saisir elles-mêmes d’avantage de la gestion de leur santé et de celle de leurs proches.

Les françaises sont mal informées au sujet des problèmes de santé, et elles l'expriment clairement.  Ainsi seul un quart des femmes se considère "très bien informées" sur leurs maladies et sur le traitement qui leur est prescrit. L'étude montre que les seuls relais d'information qu'elles jugent fiables à part leur médecin est le pharmacien (pour 56%) et leurs proches (40%). Internet n'est consulté pour répondre à leurs questions que par 5% des répondantes, et les brochures, les articles de presse réunissent très peu de réponses positives (entre 7% et 11%). Les relais classiques d'information restent par conséquent prédominants, or comme ces interlocuteurs traditionnels sont rares, surchargés, et pas toujours pédagogues, les femmes en France manquent à la fois de l'information, de la compétence et des interlocuteurs adéquats pour leur expliquer comment changer de comportement, notamment renforcer l'automédication et réduire les fréquences de leurs consultations, surtout celles dont l'objectif est plus la recherche d'information que la demande de soins.

Cette faiblesse s'exprime dans l'enquête Ipsos par des souhaits massifs en matière de demande d'information.

Ainsi, les Françaises sont avant tout intéressées par tout ce qui relève des soins et notamment sur les risques opératoires lors d’une intervention médicale (59% considèrent qu’il est « très » important d’être informée sur ce sujet), sur les effets secondaires des médicaments (55%), et près d’une femme sur deux considère qu’il est « très » important d’être mieux informée sur la manière de prévenir les maladies chroniques (46%) ou sur les comportements qui présentent un risque pour la santé (44%).
Les femmes mieux renseignées seront plus confiantes pour pratiquer une automédication compétente, elles consulteront moins leurs médecins, et apprendront à faire davantage confiance à d'autres auxiliaires de santé, ainsi qu'aux outils modernes d'autodiagnostic et de soins.

Des raisons d’espérer : les Françaises sont toutefois prêtes à souscrire à de nouveaux services permettant de se soigner différemment

Les Françaises ne sont pas opposées à l’émergence de nouveaux services mais ont clairement besoin d’être sensibilisées à leur utilité

Il existe chez les femmes une réelle appétence à l’égard de certains nouveaux services. C’est le cas des services associés à la médecine génétique. 79% des femmes interrogées pourraient participer à des consultations pour évaluer leur risque génétique à certaines maladies et entrer dans un programme de surveillance médicale en prévention même si seulement un tiers d’entre elles sont « tout à fait »  prêtes à le faire.
De même, 82% des femmes interrogées seraient prêtes à effectuer un test ADN qui leur permettrait de prévoir quels types de maladie elles risquent d’avoir dans les années qui viennent (dont près d’une sur deux - 46% qui seraient tout à fait prêtes à faire le test). De fait, sémantiquement parlant, à partir du moment où les changements de comportements possibles sont intégrés au sein d’un parcours médical (en l’occurrence le dépistage génétique), la capacité des Françaises à évoluer est bien plus forte. A l’opposé, à partir du moment où la prévention n’est pas reliée à un parcours médical d’une façon ou d’une autre, elle suscite un intérêt bien plus modéré.

Lire : santé et vie privée, mariage impossible ?

Il n’en demeure pas moins qu’un important travail de pédagogie reste à faire pour convaincre les Françaises de l’intérêt des services de la médecine de demain. Les attentes qu’elles expriment en termes d’innovation dans le domaine de la santé l’illustrent là encore parfaitement bien. Elles espèrent d’abord et avant tout la découverte de nouveaux médicaments permettant de traiter les maladies mal soignées (71%). Les innovations qui renvoient aux services de la médecine 2.0 : l’amélioration de la gestion par les patients eux-mêmes de leur maladie, l’optimisation de l’échange d’informations entre patients et professionnels de santé ou les dispositifs facilitant la remontée des effets secondaires des médicaments sont moins citées (en dernière position avec respectivement 48%, 37% et 32% de citations).

Un angle peut être essentiel pour les sensibiliser à l’intérêt de la médecine 2.0 : le grand âge et la fin de vie

Les résultats de l’enquête mettent en évidence l’irruption de la problématique de la fin de vie parmi les questions de santé qui préoccupent le plus les Françaises. De fait, le vieillissement est aujourd’hui une inquiétude majeure pour les Françaises, sans doute parce qu’elles sont de plus en plus souvent appelées à gérer la santé de leurs seniors. Pour 62% des femmes, le souci de vivre sa fin de vie dans la dignité et sans détresse est quelque chose de très préoccupant. Cette crainte est aussi forte que celle de voir leurs propres enfants ou petits-enfants un jour victimes d’un problème de santé (sujet très préoccupant pour 64% des femmes interrogées) et nettement plus élevée que la peur de développer une maladie grave comme un cancer ou un Alzheimer (47%).
Dans ce contexte, les Françaises soutiennent la recherche et les innovations médicales visant à améliorer les conditions de vie des séniors et des personnes en fin de vie. Pour 48% des femmes, la priorité en matière d’investissements médicaux doit être donnée à la recherche de nouveaux traitements ou services pour une fin de vie sans souffrance. Les femmes soulignent aussi l’importance des recherches de nouveaux traitements pour vivre le plus longtemps possible en bonne santé, à 35%, c'est-à-dire presque autant que les recherches pour de nouveaux traitements contre les maladies rares et délaissées.

Crédits photos : Vladimir Pustovit

À propos de Remy Fromentin

Cofondateur de La Lettre de Galilée en 2007, il a mené une carrière de dirigeant au sein de l'Assurance maladie jusqu'en 2002. Il est depuis cette date consultant international. Voir tous ses articles.
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