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La pauvreté s’enracine en France

Malgré les annonces, la pauvreté s'enracine en France et la crainte de sombrer dans la précarité est à un niveau historique selon un sondage du Secours Populaire Français.

François Hollande, lundi 7 septembre, lors de sa 6e Conférence de presse semestrielle à l'Élysée, a annoncé une baisse de 2 Md€ d'impôts pour 8 millions de foyers fiscaux, "en priorité les ménages les plus modestes". Un "bricolage fiscal" et un "jeu dangereux" pour Olivier Bargain dans Le Monde car il s'agit en réalité d'un "geste très symbolique (les gains sont minimes pour les classes moyennes) et d’une démagogie certaine puisqu’aucune baisse d’IR ne profitera aux 55 % de Français les plus modestes… ceux qui ne paient pas d’IR."

Lire : la pauvreté dans les centres-villes, des disparités préoccupantes.

Et pourtant, selon un baromètre IPSOS-SPF, la crainte de basculer un jour dans la précarité et de voir ses enfants connaître le même sort touche une part de plus en plus large de la population. Ainsi, "87 % des sondés estiment les risques plus grands pour leurs enfants de connaître un jour la pauvreté, qu’ils ne l’étaient pour leur génération". Le niveau le plus élevé depuis la création du baromètre en 2007...

Les Français qui affirment avoir vécu une situation de pauvreté ou être en passe de la vivre sont plus nombreux : en 2007, ils étaient 45% a exprimer cette angoisse. Aujourd'hui, ils sont 57%. Les premières restrictions concernent la santé : 40% disent rencontrer des problèmes à l’heure de payer des soins médicaux mal remboursés par la Sécurité sociale.

La perception de la pauvreté chez les enfants est davantage ancrée, dès le plus jeune âge. Un sondage  réalisé auprès des enfants atteste qu'ils éprouvent, "dès leur plus jeune âge, de réelles craintes par rapport à la pauvreté. Ainsi, 58 % d’entre eux redoutent de devenir pauvres un jour".

La Drees, dans son numéro Dossiers Solidarité et Santé de juillet dernier, consacre un dossier les renoncements aux soins. Ainsi, comparant différentes études, "environ 20 % des personnes déclarant avoir renoncé à un soin au moins n’ont pas de diplôme ; environ 30 % appartiennent au 1er quintile de niveau de vie (les 20 % des ménages aux revenus en équivalent adulte les plus faibles), et 30 % au deuxième quintile." (p.11) Sans surprise, c'est sur les soins dentaires et l'optique que l'on constate les taux de renoncement les plus élevés.

Deux autres études parues ce mois-ci, ici et , sur la santé des populations sans domicile méritent d'être lues. Selon l'INSEE et l'INED, les populations fréquentant des services d'hébergement ou de distribution de repas sont estimées à 141 500 personnes. Parmi celles-ci, on compte, au bas mot, 81 000 sans domicile. Sans surprise non plus, les enquêtes révèlent que les sans domicile se considèrent moins en bonne santé que la population générale : respectivement 55% contre 69%. "L’état de santé bucco-dentaire constitue un des marqueurs d’une santé physique dégradée chez les sans-domicile." (p.3) Même si la proportion des sans-domicile qui déclarent avoir leurs dents intactes est plus élevée (26% contre 16 % parmi la population générale), ils sont plus souvent en partie ou totalement édentés (31% contre 26 %). Un quart des personnes sans domicile interrogées se disent en dépression (p.4). Sur la consommation d'alcool, deux profils se dégagent : près d'un SDF sur deux (49%) déclare ne pas avoir bu d'alcool dans l'année (seulement 1 sur 4 dans la population générale) alors qu'a contrario un sur trois déclare avoir une consommation à risque (proportion quasi identique dans la population générale).

Des chiffres intéressants qui bousculent quelque peu les idées reçues.

Crédits photo : Paul Downey.

À propos de Vincent Fromentin

Blogueur santé et directeur de publication de La Lettre de Galilée. Voir tous ses articles.
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