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Immigrations, élections et divisions

Editorial de la 287

Alors que Le Monde consacre aujourd’hui un plein feuillet sur le vivre ensemble, où l’on apprend selon un sondage Ipsos pour Accenture, que 61% des Français considèrent que ce qui les sépare est plus fort que ce qui les rassemble, les chefs se bousculent pour trouver une légitimité dans la course aux présidentielles. Partout on assiste à la multiplication des divisions et, sur ce terreau fétide, les satrapes auto-proclamés de l'UMP ou du FN n’ont que peu de légitimité. La France déboussolée n’attend plus son chef. Elle n’y croit plus. Le consensus sera mou. Et sans tête, ce Léviathan est prompt à lapider, ce peuple électrisé assoiffé de sang n'hésitera pas à désigner sans tarder cet Autre à condamner, à éliminer. "La France stigmatise la différence au lieu de la valoriser, nous rappelle Le Monde, confondant uniformité et uniformité : au nom de la norme érigée en dogme, elle cultive la peur de l’anormalité. Il nous faut réhabiliter l’altérité comme facteur de richesse."

Dans un contexte de crise où l’espérance est morte, malgré les mises en garde devant le Parlement européen du Pape François sur la nécessité "vitale" d’approfondir aujourd’hui une "culture des droits humains qui puisse sagement relier la dimension individuelle à celle de bien commun, de ce « nous-tous », la Vieille Europe "fatiguée", et vieillie comme une "grand-mère qui n'est plus féconde et vivante" se meurt et n’a plus confiance en elle, dépasseé par les jeunes pousses venues de l’Est. Le Saint Père se veut porteur d'un "message d’espérance fondé sur la confiance que les difficultés peuvent devenir des promotrices puissantes d’unité, pour vaincre toutes les peurs que l’Europe est en train de traverser". Et il ajoute : "Une Europe qui n’a plus la capacité de s’ouvrir à la dimension transcendante de la vie est une Europe qui lentement risque de perdre son âme."

Deux faits dans l'actualité illustre une réalité toute contraire. Alors que depuis 2008, en Pologne, la croissance du PIB est de +20,1%, les autres pays de l’Union ont connu un recul de -0,9%. Ce n’est pas un hasard donc si, preuve de la vivacité et du dynamisme de cette Europe de l'Est, c’est Donald Tusk qui a été élu à la tête du Conseil européen. Au contraire, au Royaume-Uni, David Cameron, à la suite de la publication des statistiques d’immigration, souhaite geler les prestations sociales pour les étrangers (majoritairement européens) qui plombent l’économie. Tout un symbole de deux mondes qui ne se comprennent plus et en finissent par perdre leur âme.

En France, le phénomène est identique. INSEE et CNOM publient, hasard du calendrier, un atlas sur les flux migratoires en France. La Vieille Europe a peur de ces nouveaux venus, de ces diplômes roumains, etc. Les tendances ne seront pas à la baisse. Au contraire. Faut-il avoir peur de ces médecins étrangers ? Contribueront-ils à résoudre l’équation insoluble de nos déserts français ? Saurons-nous nourrir les espoirs du Pape François ?

Rome s’est brisée faute d’une nouvelle vision des élites. Relisons certainement les lettres de Pline le Jeune à Trajan...

VF

Crédits photos : European Parliament

À propos de Vincent Fromentin

Blogueur santé et directeur de publication de La Lettre de Galilée. Voir tous ses articles.
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