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Hôpital : violences et dérive communautaire

Un rapport de l'Observatoire national des violences en milieu de santé (Onvs) paru fin août, alertant sur l'augmentation en 2014 des violences, verbales comme physiques a pris une toute autre dimension lorsque le 13 septembre dernier un médecin urgentiste de l'Hôpital Lafontaine de Saint-Denis s'est vu casser les mains par le frère d'un patient. Par ailleurs de nombreuses voix s'élèvent pour condamner les violences faites au nom de l'islam rigoriste.

" On ne va pas travailler à Saint-Denis parce qu'on aime Saint-Denis, on y vient parce que personne ne veut y aller. Nous faisons ce que les médecins français ne veulent pas faire, et je les comprends ! C'est hard, ici." explique un médecin maghrébin dans les colonnes du Figaro dans son édition du 27 septembre dernier. "Maghrébins, africains, asiatiques, roms, les patients sont généralement issus de milieux défavorisés. Le médecin raconte cette anecdote. Face au défilé de patients et de médecins dans les couloirs, un interne tunisien, qui faisait son stage à Delaofntaine, a eu cette phrase : "Mais je ne vois pas de Français !" Réponse de l'urgentiste maghrébin qui l'accompagnait : mais enfin tu n'es pas en France ici, tu es à Saint-Denis, tu sais que ce n'est pas un département français !"

Mardi 13 septembre aux urgences Delafontaine, un médecin s'est donc fait casser les deux mains par le frère d'un patient. La raison ? Il s'inquiétait. Deux infirmiers qui tentaient de s'interposer finissent aux urgences... sur place.

La Lettre de Galilée

Visite de Laurence Rossignol à la maternité de l'hôpital Delafontaine de Saint-Denis

Ce fait-divers illustre pourtant une réalité souvent passée sous silence :  à l'hôpital, en France, il y a une agression toutes les 30 minutes : 18143 victimes déclarées représentent un "hospitalier" victime toutes les 30 minutes. (p.6). Ainsi, en 2014, 10 638 atteintes aux personnes et 4 098 atteintes aux biens étaient signalées. La région Ile-de-France représente 30% des déclarations avec 4 426 signalements en 2014 pour 61 établissements déclarants. Bien que l'on constate que les services sont globalement tous exposés à la même violence, ce sont les urgences (15%) et la psychiatrie (21%) néanmoins qui déclarent le plus d'incidents.

La majorité des atteintes aux personnes sont des violences physiques (48% des signalements) voire des violences avec arme pouvant aller jusqu’au crime (2% des signalements). (p.17)

On peut lire que "certains services sont le lieu d’expression principal des violences verbales avec une escalade pouvant déboucher sur des coups. Ces situations se retrouvent notamment dans les services où l’attente du patient est forte, chargée en émotion et en angoisse (pédiatrie, urgences) ou lorsque le patient estime que la prise en charge ne correspond pas à ses besoins. Les conditions d’accueil (services ponctuellement surchargés, longueur de l’attente, manque de personnel, communication insuffisante) peuvent constituer des facteurs de tensions supplémentaires. Dans certains cas, on constate que l’agressivité et la violence sont les seuls modes d’expression connus par les protagonistes. La consommation d’alcool et de produits stupéfiants facilite le passage à l’acte." (...)  "Aux urgences, les violences sont peu liées à la pathologie du patient. Elles sont souvent importées ou la conséquence de facteurs multiples dont sont la cible les personnels présents."

85% des victimes d’atteintes aux personnes sont les personnels des établissements. Parmi eux, ce sont le personnel soignant (46%), les infirmiers (45%) et les médecins (9%), qui sont touchés. Les aides-soignants représentent l’immense majorité des déclarants de violences de la catégorie autres personnels soignants. (p.31)

La violence est issue de situations individuelles ou collectives très diverses, ce qui rend particulièrement complexe l’analyse de ses déterminants, tout autant que sa prévention et sa prise en charge. (...) La violence en milieu de soin n’est pas une fatalité. (p.48)

Annick Girardin, radicale de gauche, doit rendre les conclusions mi-novembre d'une commission "laïcité et fonction publique". Elle était à l'hôpital Bichat le 23 septembre dernier. La violence prend la forme de l'intégrisme religieux. Dans Le Figaro du 27 septembre dernier, Patrick Pelloux, le président de l'association des médecins urgentistes de France (Amuf) décrit un "combat de l'islam intégriste politique pour mettre lament sur la santé". Il dénonce le manque de courage de certains médecins et doyens qui tolèrent le voile sur les bancs et les divers contournements des tenues réglementaires pour porter le voile. Philippe Deruelle; secrétaire général du collège national des gynécologues et obstétriciens alertait déjà dès 2006 sur les agressions récurrentes de gynécologues par des maris de patientes.

Les conclusions de la Commission sur la Laïcité et la Fonction publique semblent attendues de pied ferme par le personnel hospitalier. À suivre.

Crédits photos : Ministère, Parti Socialiste.

À propos de Vincent Fromentin

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