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EHPAD : une étude révèle des difficultés de recrutement toujours importantes

Éditorial de la 454ème

Jeudi dernier, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) a publié une étude sur les ressources humaines et l'activité de près de 10 870 établissements d’hébergement pour personnes âgées (Ehpa). Son constat est alarmant.

Lire : Grève dans les EHPAD : est ce vraiment à l’État de financer les maisons de retraite ?

Un établissement privé sur deux éprouve des difficultés pour recruter son personnel. "10 % des Ehpad ont un poste de médecin coordonnateur non pourvu depuis au moins six mois et 9 % ont au moins un poste d’aide-soignant non pourvu depuis au moins six mois".

La France compte 7400 établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad)  où travaillent 430 000 employés, soit 600 400 places d’hébergement. Ce qui correspond à 98 places pour 1 000 personnes âgées de 75 ans ou plus. En France, on compte 1,5 million de personnes de 85 ans et plus. A l’horizon 2050, elles seront 4,8 millions. L'enjeu démographique et économique est énorme.

Le taux d’encadrement moyen en Ehpad a augmenté depuis 2011, date de la dernière étude. Il s’élève à 62,8 ETP pour 100 places en 2015 pour 59,5 ETP en 2011. Parallèlement, le niveau de dépendance des personnes hébergées augmente également (+21 points). Toutefois, si "les structures privées à but lucratif accueillent des personnes âgées aussi dépendantes que les structures publiques hospitalières, (...) leur taux d’encadrement est inférieur de 10 points. D’une manière générale, les Ehpad publics emploient plus de personnel pour accompagner un même nombre de résidents que ceux du privé." (p.2)

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Pour autant, les établissements font face à des turn-over importants : 15 % du personnel a moins d’un an d’ancienneté. Et c'est un facteur aggravant. Ainsi, "dans les établissements dont tous les postes d’aides-soignants sont pourvus, ces professionnels travaillent dans la structure depuis dix ans en moyenne. En revanche, dans les Ehpad comptant des postes d’aides-soignants non pourvus depuis au moins six mois, le personnel est en poste depuis sept ans en moyenne. On peut supposer que les facteurs à l’origine des difficultés de recrutement sont les mêmes que ceux qui causent un turnover élevé, ou que des conditions de travail plus difficiles en sous-effectif conduisent plus souvent le personnel à quitter l’établissement." (p.4)

De plus, "les difficultés de recrutement sont susceptibles de faire fonctionner la structure en sous-effectif, de façon plus ou moins durable. C’est le cas pour 63 % des structures déclarant des difficultés de recrutement, qui ont au moins un poste non pourvu depuis six mois ou plus" remarque l'étude.

La géographie est un élément qui peut impacter les difficultés de recrutement : à la campagne, il est plus difficile de recruter un médecin coordonateur, alors qu'en ville ce sont plutôt les aides-soignantes qui manquent. 15 % des Ehpad localisés dans des communes isolées ont des postes de médecins coordonateurs non pourvus; 10% des Ehpad situés dans les communes appartenant à un grand pôle ou multi-polarisé déclarent un ou plusieurs postes d’aides-soignants non pourvus. Aussi, "plus l’aire urbaine d’implantation de l’Ehpad est densément peuplée, plus l’ancienneté du personnel est faible. Ainsi, les établissements implantés dans des aires urbaines isolées, bien qu’ayant de fortes difficultés de recrute- ment, emploient du personnel présent depuis en moyenne 10 ans dans la structure. C’est notamment le cas pour les aides-soignants qui travaillent dans ces structures depuis 11 ans et 5 mois en moyenne." (p.5)

Si la situation semble s'améliorer légèrement par rapport à la précédente étude en 2011 (-2 points), 44 % des Ehpad sont toujours confrontés à des difficultés de recrutement. La situation avait été exposée dans les médias lors des grèves du personnel des Ehpad en début d'année.

La ministre de la santé avait, quelques mois après, proposé sa feuille de route pour le grand âge et l'autonomie qui en avait déçu plus d'un. C'est sûr que l'idée d'un "large débat associant l’ensemble des acteurs et des citoyens pour imaginer le modèle de prise en charge de l’âge et de la perte d’autonomie de demain et qui permettra à la France d’être au rendez-vous en 2030" ne passionne pas les foules et ne changera pas le quotidien des soignants...

Crédits photos : doubichlou14.

À propos de Vincent Fromentin

Blogueur santé et directeur de publication de La Lettre de Galilée. Voir tous ses articles.
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