De loin en loin

Éditorial de la 315

La garantie universelle d'un accès aux soins pour tous, porté sur les fonts baptismaux de la IIIème République, constitue une constante des politiques de santé. L'aménagement sanitaire du territoire, la couverture maladie, l'amélioration des transports et de l'accessibilité à l'offre de soins, le conventionnement des professions libérales et l'encadrement des pratiques tarifaires, etc. sont autant d'efforts volontaristes de la puissance publique pour garantir les droits de chacun à sa santé. Mais les inégalités sont toujours fortement marquées et posent toujours la question des difficultés et des obstacles à un accès équitable aux soins.

Le 41ème congrès de la Mutualité Française qui s'est déroulé le 11, 12 et 13 juin dernier a eu pour objectif de définir les grands axes stratégiques du secteur pour les trois années à venir. Au programme, justement : "Utilité sociale, justice et efficacité". L'accord national interprofessionnel (ANI) de janvier 2013 avait acté, dans son article premier, la "généralisation de la couverture complémentaire des frais de santé" pour tous les salariés, au plus tard le 1er janvier 2016. Cet accord quelque peu boiteux et les difficiles réformes de l’aide à la complémentaire santé (ACS) ou des contrats responsables ont incité le parterre du congrès à accueillir la ministre de la santé sous les sifflets. L'homme providentiel qui lui a ravi la vedette était plutôt François Hollande en annonçant "la généralisation de la complémentaire santé soit effective pour les retraités d'ici à 2017". Comme le soulignait le patron de la Mutualité Française, Étienne Caniard, "les populations qui ne sont pas en emploi doivent être protégées dans les mêmes conditions que les salariés. […] Jamais autant de nos concitoyens n’ont été exclus du monde du travail : les jeunes en difficulté d’insertion, les chômeurs de longue durée, les retraités notamment". Le coût moyen d’un contrat santé peut-être multiplié par 3,5 en moyenne pour une personne atteignant l’âge de la retraite.

Derrière les effets d'annonces, le Gouvernement n'ayant rien dans sa besace pour financer une telle réforme, reste à savoir par quel mécanisme redistributif mener à bien tout cela...

Crédits photos : James Halliday

À propos de Vincent Fromentin

Blogueur santé et directeur de publication de La Lettre de Galilée. Voir tous ses articles.
Contenu non disponible.
Merci d’accepter les cookies en cliquant sur « Accepter » sur la bannière.

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer