Bloody Friday

Editorial 336

Il est des grèves maudites. La dernière fois que les médecins ont fait grève, elle a été brisée par le carnage de Charlie Hebdo. Aujourd’hui, c’est par les attentats qui ont frappé Paris vendredi. Le Black Friday tourne au Bloody Friday. Ironie funeste, le matin même, le Samu, la préfecture de police et les pompiers répétaient un exercice grandeur nature simulant une attaque terroriste multi-sites…
Le plan rouge pour les pompiers et le plan blanc pour les hôpitaux ont été déclenchés. Mais l’élan général de solidarité des équipes médicales s’est spontanément mobilisé pour prendre en charge l’afflux de blessés. Ou presque. Jean-Yves Nau relève ainsi la transformation médiatique du Pr. Philippe Juvin, patron des urgences de l’Hôpital européen Georges-Pompidou, aujourd’hui bon samaritain, hier fortement décrié. Le Dr. Bonnot, un de ces médecins anonymes venus tenter de secourir des "blessés de guerre", regrette, dans les colonnes du Quotidien du Médecin, ces médecins urgentistes interviewés sur leur bonne gestion de la crise, alors que de nombreuses vies auraient pu être sauvées si SMUR et pompiers travaillaient ensemble. "Monsieur Pelloux, inutile de faire de la gloriole sur notre système de secours et de jouer au héros. Je n’ai jamais vu arriver vos camions qui étaient tous concentrés Place de la République ou il n’y avait pas grand-chose et pas encore l’attaque du Bataclan. Et en résumé, je dirais que tous les blessés graves de la Fontaine au Roy sont morts. Certains auraient pu être sauvés. Seuls les blessés légers (balles dans les jambes ou bras) sont survivants. Pas de quoi pavoiser. Et guère mieux que les secours de la guerre de 14-18 il y a plus d’un siècle ! (...) pourquoi ne pas donner aux véhicules de sapeur pompier une trousse d’urgence et de réanimation en dotation, avec morphine et perfusions, afin que des les médecins présents sur les lieux des attentas puissent faire leur travail. Fini le temps ou les secours devaient transporter des entorses ou des malaises cardiaques… maintenant il convient de véhiculer des corps affreusement mutilés par des blessures de guerre"

On pense à la violence aveugle de ces islamistes. On ne peut s'empêcher de penser à la secte des Hachachins (pas celle de Baudelaire et du Dr Moreau de Tours !) autour de Hassan qui droguait ses troupes pour commettre les pires exactions... C'est aussi la question que pose le Dr. Luc Perino : "la barbarie est bien souvent chimique et j’ignore si l’on dose systématiquement les substances psychoactives chez les terroristes capturés ou abattus. Si cela est fait, il est étonnant qu’il y ait aussi peu d’information sur ce thème qui me paraît tenir un rang élevé dans la liste des causes du passage à l’acte terroriste."

Crédits photos : June Monteiro

 

À propos de Vincent Fromentin

Blogueur santé et directeur de publication de La Lettre de Galilée. Voir tous ses articles.
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