Bis repetita placent

Éditorial de la 300

Juste au moment où le Gouvernement vient discrètement d’enterrer son emblématique taxe à 75% sur les rémunérations supérieures au million d’euro, voilà qu’on annonce un bonus d’arrivée d’Olivier Brandicourt à la direction générale de Sanofi de 4 millions d’euro. Même si l’État en récupèrera la moitié au final, l’annonce fait désordre. Valls, entre deux vaches du salon de l’agriculture, droit dans ses bottes, crottées pour la circonstance, ne se félicite pas de voir revenir en France un patron français pour diriger un groupe mondial et juge la prime « indécente« . Un cadeau pourtant dans la norme, légèrement au-dessus qui révèle les difficultés pour trouver un nouveau patron. Pascal Soriot avait touché une somme quasiment équivalente chez AstraZeneca 1,35 million d’euro de bonus d’arrivée en plus de son salaire fixe de 1,49 million d’euro et l’équivalent de 360.000 euro en actions. « Ou bien le marché s’est tendu ou bien les conditions du départ de Chris Viehbacher de Sanofi ont rendu le poste moins attractif » concluent Les Échos.

Le gouvernement avait publié un décret fin juillet 2012 pour plafonner à 450 000 euro la rémunération brute annuelle des dirigeants d’entreprises publiques. Mais difficile de dompter le serpent de mer du privé. D’autant qu’on apprend également en ce début d’année que les entreprises du CAC40 ont versé 56 milliards d’euro de dividendes à leurs actionnaires, au détriment certainement de l’investissement dans l’innovation. Le même niveau qu’en 2007. Avant la crise. Comme quoi, aucune leçon pérenne n’en a été tirée.

Voilà presque 8 ans que nous portons notre lunette galiléenne sur les rotations de la planète santé. Notre lettre n° 300 confirme notre patiente observation hebdomadaire : le monde de la santé tourne sur lui-même. Une révolution n’est après tout qu’un retour à la case départ.
Impression de déjà vu, sentiment que les échecs du passé ne servent à rien, certitude que les cabinets ministériels successifs se croient tous animés d’une mission biblique, persuadés à chaque fois de détenir la vérité. Les ministres de la santé se suivent et se ressemblent, le diagnostic est le même : surdité bilatérale à l’égard des professionnels de santé, comportement turbulent et provocateur en début de mandat, mythomanie chronique, tendance à la procrastination en fin de parcours. Que cherche Marisol Touraine en s’obstinant à braquer plus de 50 organisations professionnelles contre elle ? À imprimer dans la mémoire du peuple son nom, fut-il détestable ? Comme Bachelot avant elle, comme Juppé 10 ans avant ?
Selon une information syndicale, on dit que le tiers-payant généralisé serait remisé jusqu’en 2017 et que le « service territorial public de santé », devenu en cours de route « service territorial de santé au public », changerait encore de nom…

R&V

Crédits photos : Philippe Fabry

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Depuis 2007, la Lettre de Galilée propose une analyse critique et indépendante de l'actualité de santé en France.
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