Archives de cet auteur: Remy Fromentin

Cofondateur de La Lettre de Galilée en 2007, il a mené une carrière de dirigeant au sein de l'Assurance maladie jusqu'en 2002. Il est depuis cette date consultant international.Voir tous ses articles.

Jean de Kervasdoué : nostalgies et portes ouvertes

Plutôt décevant, le livre de Jean de Kervasdoué « ils ont perdu la raison » est resté  discret. Normal :  les lecteurs ont connu mieux. Jean de Kervasdoué fait partie de cette aristocratie catho bretonne qui a viré à gauche, en gardant la particule, le regard altier et cette façon de parler avec componction comme si chaque mot produit devait être une pépite que s’arracherait un auditoire conquis. Le livre qu’il vient de commettre, ils ont perdu la raison, paru en février 2014 aux Éditions Robert Laffont est un essai, écrit à la première personne, livrant pêle-mêle ses coups de blues et ses nostalgies de militant socialiste, ses coups de gueule sur les grands sujets de société, ses coups de griffe (plutôt succulents) sur des écolos devenus imbéciles, ses analyses (plutôt pertinentes) (suite…)

MEDEF, le retour

Après un long silence, les patrons de l’hexagone s’intéressent à nouveau à la bonne santé des Français. Quand les stars du CAC tracent un « cap » qui décape. On les avait perdus de vue. Les vieux barons du CNPF avaient pris de la bouteille, les anciens « maîtres de forge » de la vieille UIMM étaient même morts avec la fermeture des usines. La désindustrialisation de la France avait fait émerger une nouvelle génération de patrons aux neurones davantage câblés sur les marchés financiers que sur le bien-être des salariés. Le couple FO/CNPF a fonctionné pendant plus de 25 ans jusqu’à son coup de grâce dans la décennie 90. Relisez l'article : « Blondel, la mort d’un éléphant » Devenue MEDEF, l’organisation patronale a gardé un œil sur les URSSAF, mais s’est évertuée à dénoncer (suite…)

L’hôpital, rien que l’hôpital

La FHF revendique une plus grande liberté de gestion et une diminution sensible de la pression de la tutelle de l’État au prix d’une politique de terre brûlée à l’égard de la médecine de ville. Opportune austérité Le registre lexical du document de la FHF peut surprendre. Comme si plusieurs mains avaient participé à la construction de l’édifice sans un plan de masse commun tant il renferme de contradictions. Le texte de la FHF commence par un paradoxe : le plan de redressement présenté par Manuel Valls « peut devenir une chance pour le secteur hospitalier« . Assertion assez redoutable car si l’on se réjouit de réduire la production des soins au nom des économies utiles, c’est qu’assurément on ne se sent pas concerné. Les économies sont pour les autres. « En clair, (suite…)

Petit marquis et grand maquis

Éditorial de la 255 C’est reparti. Les révélations de Mediapart sur les conflits d’intérêts d’Aquilino Morelle, la plume d’Hollande virée la semaine dernière, alimentent une gouaille stérile ; Le Point donne à l’article de Jérôme Béglé le titre de « honte et déshonneur » – n’exagérons rien – et l’ancien président de l’assemblée nationale, Bernard Accoyer, va jusqu’à demander dans Le Journal du Dimanche l’audition par les parlementaires de l’ancien conseiller du président. L’affaire Cahuzac exhale ses remugles ; la politique du moment n’a pas besoin de ses relents. Au moment où l’industrie pharmaceutique s’évertue à redorer son blason et réussit presque à faire oublier ses frasques anciennes, voici qu’un ancien dirigeant de Lundbeck, probablement dégagé de lien contractuel, en d’autres termes, viré depuis du laboratoire danois, étale sur la place publique des méthodes (suite…)

Les étranges convergences entre le MEDEF et la FHF

À quelques semaines d’intervalle, la Fédération Hospitalière de France et le MEDEF publient leur plateforme respective. On y relève quelques étonnants points communs.

La Lettre de GaliléeAllons donc ! Ne nous mettons pas à imaginer que les scribouillards de la Fédération Hospitalière de France et les gratte-papier du Medef se réunissent à la nuit tombée pour tremper leur plume dans le même encrier quelque part entre l’avenue Bosquet et la rue Cabanis.
Notons seulement qu’à la lecture des propositions de la FHF, présentées par son fringant président, Frédéric Valletoux, le 11 avril dernier, on y pêche quelques similitudes avec la « contribution du Medef au débat sur la stratégie nationale de santé » parue en février dernier.

Lire : Touraine en mode mineur

Desserrer l’étau de l’État

O n peut s’en douter, quand l’État annonce 10 milliards d’économie sur l’assurance maladie, on entend rugir des sauve-qui-peut dans les fonds de cales. Même s’il n’est pas facile à identifier, le plan de redressement économique annoncé par le premier ministre aura au moins la vertu de stimuler les cerveaux de l’intelligentsia sanitaire pour trouver des exécutoires et sauver son pré-carré.

La FHF en vient à considérer le plan comme une chance pour l’avenir du secteur hospitalier.

La FHF en vient à considérer le plan comme « une chance pour l’avenir du secteur hospitalier. En clair, il s’agit de faire rapidement des économies à court terme, comme la lutte contre les prescriptions inutiles, tout en mettant fin à l’inflation de procédures bureaucratiques source de surcoûts prohibitifs ».

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Les champignons de printemps

Éditorial de la 254 Au moment où Marisol Touraine, désormais seule aux commandes d’un ministère boulimique, usant d’un égo de plus en plus marqué, lance une campagne sur sa stratégie nationale de santé, le premier ministre, lui, ferraille avec sa propre majorité pour lancer le pacte de responsabilité voulu par le président Hollande. Déjà, la CGT et la CGT-FO, reçues en bilatéral à Matignon, comme les autres syndicats et le patronat, ont refusé tout compromis. « Il donne les clés du camion au patronat et nous demande de monter dans la remorque » dira Jean-Claude Mailly, le leader de FO, aux Échos. La littérature sanitaire et sociale a poussé cette semaine comme des morilles après une ondée nocturne. Le MEDEF (encore lui) vient de publier sa contribution au débat sur la stratégie (suite…)

Hôpitaux publics : le poison d’avril

La Cour des Comptes a présenté le 11 avril son rapport sur « la dette des établissements publics de santé ». Beaucoup de bruit dans la presse sur les emprunts toxiques mais peu sur les éclaircies financières.

Il fallait s’y attendre. La commande faite à la Cour des Comptes par le président de la commission des affaires sociales de l’assemblée nationale et ceux de la MECSS datait du 12 octobre 2012. Le rapport de l‘enquête, qui porte sur seulement une vingtaine d’établissements sur les 947 répertoriés, était attendu pour le 31 mars.

Bruits sélectifs

Le Monde en fait un titre à l’acide sulfurique, avec cette manière pseudo-interrogative devenue courante aujourd’hui de mettre le lecteur en alerte : « comment les hôpitaux sont aussi touchés par les emprunts toxiques ». Avec en prime, pour les curieux de la mécanique boursière et financière, un petit abécédaire pour les nuls : « tout comprendre des emprunts toxiques en dix questions ». (éditions abonnés).
A choisir, on préfèrera les explications de Patrick Saurin, sur Mediapart, sur la nature des « emprunts structurés » (autre nom pudique des emprunts toxiques) dont la thèse selon laquelle les emprunts toxiques seraient des opérations spéculatives (et donc pénalement répréhensibles), n’enlève rien aux vertus pédagogiques de l’article.

Denis Meynard, correspondant du journal Les Échos, dans un article du 13 avril, braque le projecteur sur le CHU de Saint Etienne, établissement, il est vrai, épinglé par la Cour des Comptes comme le champion de l’endettement, « dont l’encours structuré représente près de la moitié d’un endettement total de 290 M€ » (p. 103).
Le Figaro parle « d’asphyxie » des hôpitaux, tandis que le Journal du dimanche évoque une attaque contre des banques scélérates par les établissements, offensive musclée conduite par le président de la fédération hospitalière de France, face à la (l’ab)surdité du Gouvernement. Il est vrai que la ministre de la santé, Marisol Touraine, restée seule aux commandes de ce grand vaisseau, aurait été bien inspirée de se doter d’un expert financier quand on mesure la pauvreté de son discours sur le sujet. D’ailleurs, elle n’en parle pas. C’est plus simple. Le site du ministère est d’une remarquable indigence et dans sa dernière conférence de presse accordée à Ouest France la ministre se contente d’exprimer des « regrets ».

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Valls… a mis le temps

Sujet sensible et électoralement volcanique, la santé ne sera pas l’objet de réformes en profondeur. La gestion soporifique de Marisol Touraine fera l’affaire jusqu’en 2017. Lire : Touraine en mode mineur Tourne à gauche, tourne à droite La photo de famille du 2ème gouvernement Hollande montre des sourires figés. Une équipe reconduite presque dans la même configuration aurait pu incliner un moment à penser à un canular. Mais les deux sortants et les deux entrants dans l’équipe du « jeune homme pressé » confirment au contraire le savant calcul du président sur la suite des opérations. Le départ de Moscovici était attendu. C’est ce que, en telle circonstance, les intéressés racontent toujours, après coup. Il est vrai que Bercy abritait un peu trop de ministres et que locaux, bureaux avec vue sur (suite…)

Poisson, prison, potion

Éditorial de la 253 Vous l’aurez compris, La Lettre de Galilée s’est autorisée quelques canulars pour le 1er avril, ici et là. Le commandant Rocky reste bien caserné, à la CNAMTS, à la tête de ses 80 000 hommes prêts à bondir sur tout ce qui dépasse la ligne de… l’ONDAM. Et puisque le 1er avril correspond au jour de l’an dans le calendrier julien, souhaitons à l’occasion nos bons vœux de longue réussite à ses nouveaux interlocuteurs : Jean-Paul Ortiz le nouveau patron de la CSMF, Patrick Gasser celui de l’UMESPE et Luc Duquesnel patron de l’UNOF (élu en octobre 2013). Quant aux dollars des Qatari, inutile de vous dire la grande déception que nous ont exprimée certains de nos lecteurs qui commençaient à croire qu’on pourrait édifier des (suite…)

Blondel : la mort d’un éléphant

Un éléphant dans un magasin de porcelaine ? oui, sans doute, mais surtout un syndicaliste d’une espèce en voie d’extinction, un pachyderme à la mémoire longue, qui s’est éteint en silence juste avant ses 76 ans. On lui reprochera ce qu’on voudra, les repas interminables, le Montecristo n°3, les bretelles à la Lary King, ses allures de capitaliste avec chauffeur et garde du corps… mais on ne mesurera pas assez l’importance dans l’histoire de la protection sociale de son tonitruant aphorisme lancé sur le plateau de La marche du siècle en 1995 en réaction au plan de « sauvetage de la sécurité sociale » concocté en catimini par Juppé. Car au fond, que retiendra l’historien un tant soit peu attaché à l’histoire de l’humanisme ? que consignera le journaliste d’investigation (suite…)

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