Archives de cet auteur: Remy Fromentin

Cofondateur de La Lettre de Galilée en 2007, il a mené une carrière de dirigeant au sein de l'Assurance maladie jusqu'en 2002. Il est depuis cette date consultant international.Voir tous ses articles.

Google et gueule de bois

Éditorial de la 285 Un dossier dans Les Echos du mercredi 29 octobre 2014 révèle les intentions du géant Google sur la médecine. Le journal en fait sa manchette : « le pari fou de Google pour réinventer la médecine« . On connaissait les enjeux des « big data », ces milliards d’informations sur la vie privée et les habitudes de vie des deux ou trois milliards d’internautes dans le monde. Voilà le géant californien prêt à se lancer dans les nanotechnologies : « faire circuler dans le sang des particules nanoscopiques (2000 fois plus petites qu’une cellule sanguine) précise Benoît Georges, l’auteur de l’article, pour mesurer les changements biochimiques annonciateurs d’une tumeur… ». Lire : Quand Google vaccinera L’intention n’est pas nouvelle. Déjà en 2008 Google et Microsoft prétendaient mettre sur le marché des modèles de dossier (suite…)

Médicament : l’ire du LEEM et l’âme du LIR

La stratégie de communication du LEEM et du LIR s’appuie sur un nouveau paradigme. Mais des efforts de transparence restent à faire sur la fixation des prix La décapitation sans sommations de l’état major de SANOFI par son conseil d’administration la semaine dernière montre la brutalité du management des capitaines d’industrie, même si Pôle Emploi, toute compassion gardée, n’est pas la destination promise à Christopher Viehbacher, son sémillant ex-DG, après que les actionnaires de la grande firme française ont décidé de le virer. Capital, au printemps dernier, ironisait sur son salaire car, dixit le journal, le patron de Sanofi était le mieux payé des 98 premières entreprises françaises. Au-delà des vicissitudes des grands de ce monde, le départ de Viehbacher coïncide avec le décrochage du titre de Sanofi en bourse. (suite…)

Réformes sociales : les dindons des doux dingues

Éditorial de la 282 Trois événements, la semaine dernière, contiennent les signes discrets de réels changements de paradigmes dans notre système social : le rapport de la Cour des comptes sur le TGV français, la modulation des prestations familiales et la retraite-chapeau du patron de GDF-Suez. Commençons par un rapport qui n’a pas grand-chose à voir avec le social : le rapport assassin de la Cour des comptes sur le fleuron du transport ferroviaire français. Le site d’information Mediapart n’est pas tendre : «Outrepassant sa mission de contrôle, elle préconise, sans débat public, le remède : réserver les lignes TGV aux plus riches sur quelques grandes villes. Pour les autres, il faut libéraliser le bus. Un rapport qui tombe à pic pour briser de nouveaux tabous.». La une du journal Les Echos du 24/25 (suite…)

Loi de santé : le mal-être des présidents de CME privés

Réunis en assemblée générale pour renouveler leurs instances, les présidents de CME des établissements de santé privés de la région Pays de la Loire, ont exprimé leur inquiétude.
Voyage en Marasmie occidentale.

Après avoir, il y a quelques années, piloté la conférence nationale des présidents de CME des établissements privés (CNPCMEHP), aujourd’hui présidée par Jean-Luc Baron, Jean Halligon a réuni la conférence des Pays de Loire le 25 septembre dernier pour transmettre le relais à son successeur. Soirée consacrée aussi au déchiffrage des projets politiques qui toucheront directement l’activité des établissements privés.

Le dit et l’écrit

Nous le savions, les CME des établissements privés n’ont pas leur langue dans leur poche, même si le ton reste très policé. Le rapport adressé à Marisol Touraine en octobre 2012, sans doute pour rappeler l’hospitalisation privée au bon souvenir de la nouvelle ministre et éviter sa dédaigneuse indifférence, en est l’exemple cruel. Les propositions contenues dans ce pensum n’ont pas suscité la moindre inspiration dans la tête des rédacteurs de la «stratégie nationale de santé» attendue avec l’angoisse du condamné à mort par les médecins des établissements privés.

La Lettre de Galilée

Entre deux coups de bistouri, les présidents de CME auront réussi à capter la semaine précédant leur réunion les bribes de trois discours qui ont marqué l’actualité politique.

D’abord, le discours, pugnace et ponctué d’anaphores devenues la marque de fabrique de l’exécutif («non ce n’est pas de l’austérité !»), du premier ministre appelant la confiance du Parlement. On attend la 39ème minute pour comprendre que ce que le chef du gouvenement aura retenu comme point fort de sa politique de santé était le tiers payant généralisé.

Lire : Tiers payant : un combat idéologique ?

Ensuite, insignifiante sur les questions de santé, la conférence de presse du président de la République (qui, il est vrai, a d’autres chats à fouetter). Sa petite phrase sur la santé n’aura pas marqué les esprits, le président considérant déjà comme acquise la loi de santé présentée par sa ministre au conseil des ministres. Circulez, il n’y a rien à voir !
Enfin le retour bruyant et gesticulant de Sarkozy dans une droite divisée, caractérisée par l’absence de projet original sur la santé et la protection sociale (suivi quelques jours plus tard de celui de Juppé à la télévision dans un exercice de contrition sans différence notoire sur le fond).

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Réforme de la protection sociale : chaud devant

Éditorial de la 281 Mal partie la réforme des allocations familiales. Le journal Libération du week-end parle d’une « onde de choc » qui pourrait bien faire descendre moult mécontents dans la rue comme la réforme des régimes spéciaux de Juppé en 1995 avait fait descendre les siens. Pas les mêmes évidemment. A l’époque, les « nantis » de la fonction publique avaient paralysé le pays. Aujourd’hui, ce sont les puissantes associations familiales qui prennent la défense des « privilégiés » de la classe moyenne. Le secrétaire d’Etat au budget, Christian Eckert, considère, dans le journal de Laurent Joffrin,  que « la modulation des allocations familiales est une mesure de justice sociale » tandis que l’éditorial d’Etienne Lefebvre, dans Les Echos d’hier, évoque la « triple peine »  infligée à ces classes moyennes. Comme quoi, la vérité ressemble à celle des (suite…)

Bouillons…

Chacun les siens. Nous aurions pu cette semaine vous parler du bouillon de l’économie, du bouillonnement social, du bouillon de culture et même du bouillon de poule, ou encore de celui de Godefroy. Cette semaine, nous n’avions en tête que celui de Grabels. Vous connaissez Grabels ? Bourg limitrophe de Montpellier où La Lettre de Galilée y a son siège (et une partie de son équipe). Que nos lecteurs nous pardonnent mais depuis la nuit de mardi où il est tombé 300 litres d’eau au m2 en 2 heures, nos neurones se sont un peu déconnectés de l’actualité « de la planète santé », occupés que nous étions à nettoyer la boue. La Lettre a pris l’eau mais elle continue…   (suite…)

Les roublards et les balourds

Editorial de la 278 Le plan tabac présenté cette semaine par Marisol Touraine donne à son auteure une dimension qu’on ne lui connaissait pas. Voilà enfin une ministre qui ne passe pas son temps à régler son compte à contretemps à une droite devenue de toute façon moribonde. Nous le disions dans nos papiers précédents, fascinée, comme Hollande, par une revanche inespérée sur une droite insolente et tapageuse, la ministre de la santé ne pouvait s’empêcher de gloser sur le passé et de provoquer sur le futur. D’ailleurs, le débat au printemps sur sa loi de santé promet bien des escarmouches. Nous apparaît aujourd’hui une ministre porteuse de consensus. On en viendrait presque à l’unité nationale, comme pour les frappes en Irak. «J’ai choisi mon camp, celui de la santé (suite…)

Assurance maladie : …de mort lente

Le rapport de la Cour des comptes sur l’exécution du LFSS 2013 continue de lancer ses flèches empoisonnées sur une institution moribonde.

Aussi bien le chef de l’Etat dans sa conférence de presse que le premier ministre dans sa déclaration de politique générale, défendent le « modèle social français ». Parée des vertus que procure une formule aussi magique, cette attitude n’en est pas moins vide de sens. Elle interdit toute évolution et laisse à l’Etat le dernier mot.
Les dernières déclarations du Medef sont pour le moins provocatrices mais, quelques mois auparavant, l’équipe de Gattaz avait produit un rapport plutôt intéressant, voué à l’indifférence générale des pouvoirs publics.

Lire notre article "MEDEF, le retour"

Il faut s’en persuader, le modèle français (en tout cas l’assurance maladie) n’existe plus depuis longtemps. Faut-il voir dans la disparition cette semaine d’André Bergeron, « le petit père du syndicalisme français » comme se plaît à le rappeler Le Figaro, quelques mois seulement après celle de Marc Blondel, la datation précise de l’extinction des derniers pachydermes de notre protection sociale.

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Que Valls devienne….

Éditorial de la 277 Particulièrement féconde en déclamations politico-médiatiques, la semaine passée nous montre cette singularité devenue ordinaire : un événement en chasse un autre. Le premier ministre, Manuel Valls, a ouvert le bal le 16 septembre. Son discours de politique générale avait quelque chose de théâtral mais était au fond bien décevant. Un observateur même distrait n’avait pas de difficultés à deviner le numéro d’équilibrisme : un petit coup de cymbale à droite sur l’entreprise, provoquant même des applaudissements sur les bancs de l’opposition (comme si la droite au pouvoir avait dans le passé diminué les charges sur les entreprises, en dehors de la chaotique TVA sociale sortie in extremis avant la présidentielle et retoquée par la gauche immédiatement) ; un petit coup de violon alto pour jouer les mélopées habituelles de (suite…)

Loi de santé : du vent et des bourrasques

La Loi de santé de Marisol Touraine est une logorrhée de mots vides. Les seules propositions à retenir sont manifestement idéologiques. Médecins libéraux et cliniques privées sont sur le pied de guerre. Le projet de loi de santé, concocté depuis de longs mois par une ministre avide de glaner quelques sympathies de l’électorat au milieu d’un océan de mécontentement contre le gouvernement, ne déverse que banalités et bricolages. On aurait pu s’en douter. Entre la « feuille de route » (23 septembre 2013) et la mouture du projet de loi, le vide reste sidérant. On ne peut pas dire que les ARS ont démérité ; de réels débats avec les usagers eurent lieu et des contributions intéressantes furent produites. Mais la feuille de route était si explicite que la contestation, ou même seulement (suite…)

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