Archives de cet auteur: Remy Fromentin

Cofondateur de La Lettre de Galilée en 2007, il a mené une carrière de dirigeant au sein de l'Assurance maladie jusqu'en 2002. Il est depuis cette date consultant international.Voir tous ses articles.

Le petit DMP est attendu à la caisse

On reparle du dossier médical personnel. Accaparés par la loi de santé, les syndicats de médecins n’ont pas eu le temps de voir s’approcher le char d’assaut de la CNAMTS. Le voilà aux portes de la ville (la médecine « de ville », s’entend) canon pointé sur les patients. Depuis plus de 10 ans qu’on tergiverse, le big data a envahi la planète, Facebook a dépassé le milliard de comptes actifs,  mais l’accès à ses données personnelles de santé reste pour le moment un vœu pieux. Un article de la newsletter de TIC-Santé évoque la cinquième conférence santé connectée organisée par Les Échos à Paris jeudi dernier. Une histoire chaotique Souvenez-vous qu’un certain ministre de la santé, aujourd’hui chantre pipolisé mais sûrement sincère de la défense des grandes causes perdues, s’était engagé en 2004 (suite…)

Médecins libéraux : la CSMF part en guerre

Éditorial de la 327 Boudée par la Ministre à son ouverture, démoralisée par le directeur de la CNAMTS à sa clôture, l’université d’été de la CSMF, qui s’est déroulée sur la presqu’île de Giens, a déterré la hache de guerre. Tout le monde s’en est ému. Pour sa 21ème édition, l’université d’été n’a pas eu droit à son traditionnel happening ministériel. Marisol Touraine est la première ministre de la santé à avoir décliné l’invitation du président de la CSMF. Raison invoquée : la proximité des élections professionnelles et la nécessaire égalité de traitement à respecter entre tous les syndicats. Là-dessus, il est vrai qu’à un mois de date à date des élections des URPS Médecins, si tant est qu’on supposât une quelconque complicité d’esprit entre Marisol Touraine et les purs et durs (suite…)

Loi de santé : panser la plaie, penser l’après

Éditorial de la 325 Sur le pied de guerre, les syndicats de médecins libéraux, ou en tout cas ceux qui en revendiquent encore l’appellation d’origine contrôlée, fourbissent leurs armes pour un combat qui n’intéresse certainement qu’eux mêmes. Allez donc demander aux patients ce qu’est une « URPS »; il y a fort à parier que nombre d’entre eux prennent cette invention de 1993 (Loi Teulade) baptisée à l’époque « URML », pour la lointaine planète d’un monde inhabité. Combien de médecins eux-mêmes connaissent les enjeux de cette élection ? Ils étaient 45% à voter en France métropolitaine en 2010, combien seront-ils à voter pour les prochaines élections ? On l’aura compris, pour les médecins excédés, la marque la plus significative des bouleversements qui ont jalonné l’évolution du monde de la santé est que cette (suite…)

La loi de santé en deux coups de cuillère à pot

Éditorial de la 306 Les débats sur la loi de santé ont repris le 7 avril pour se terminer le 10. Du vite fait bien fait, du prompt, de l’expéditif. L’hémicycle avait sa mine des jours tristes. Les députés avaient sûrement regagné leurs pénates à la reconquête des électeurs perdus. Vide. Pas plus d’intérêt pour la loi de Marisol Touraine que pour la législation sur la protection du triton marbré dans le Haut Forez. À croire que la conscience de nos élites politiques est inversement proportionnelle à la longueur des cortèges. La séance de discussion sur l’article 12 (ce fameux article «sans doute parmi les plus importants de ce texte» dira la ministre, sur le «service public territorial de santé» devenu «service territorial de santé au public» puis enfin «communauté (suite…)

Loi de santé : morceaux choisis

Éditorial de la 305 Loin de baisser la garde, les syndicats de professions de santé ont remis le couvert le 31 mars tandis que l’assemblée nationale examinait la multitude d’amendements déposés aussi bien par l’opposition que par le gouvernement. Un exécutif devenu plus souple sur certaines dispositions mais demeuré intransigeant sur d’autres. Nous avons opté, avec le retour des cloches, pour une sélection de quelques morceaux choisis tout au long de cette semaine dans les documents parlementaires ou dans la presse. « Ces dix années ont été dix années d’occasions manquées. Le seul legs laissé à nos concitoyens, ce sont les franchises et les déremboursements. Il y a des héritages plus glorieux que ceux-là. » (Marisol Touraine, 31 mars 2015, Assemblée Nationale) « Le tiers payant, c’est une mesure de progrès. C’est une (suite…)

Vagues, houle et ressac

Éditorial de la 304 Caractéristique déjà ancienne de notre démocratie qui n’en a plus que l’apparence, la direction du pays, incapable de mesurer la réalité du terrain, se complaît dans une espèce de schizophrénie paranoïde l’empêchant de comprendre réellement les aspirations des Français. Car quoi, sur quel indicateur ce week-end les partis politiques ont-ils braqué leur lorgnette ? Sur le résultat d’élections dont un Français sur deux se moque royalement, convaincu que les conseillers généraux dont on ne connaît le plus souvent ni le nom ni le rôle ne servent qu’à dépenser l’argent public. Comme le titre Le Monde du 23 mars  « c’est une élection sans perdant », car qui peut gloser sur ces résultats ? Le Front National évidemment qui ne rate jamais une vaguelette pour surfer sur le ras-le-bol, (suite…)

Les interventions non médicamenteuses (INM) à la toise

L’évaluation des interventions non médicamenteuses est-elle possible au même titre que les interventions médicales ? Des chercheurs se réuniront du 19 au 21 mars à Montpellier pour répondre à cette question Une question préliminaire mais essentielle : de quoi s’agit-il ? Traitement et soin Lors du dernier congrès sur les INM le cancérologue Henri Pujol, longtemps président de la Ligue contre le Cancer, disait : « il y a d’un côté les traitements, il y a de l’autre les soins. Les malades ne veulent plus être traités, ils veulent être soignés. Les traitements, en cancérologie,  nous les connaissons, il n’y en a que trois : la chimie, les rayons, la chirurgie. Les soins en revanche c’est tout les reste (…) « . La plaquette de la conférence organisée par l’ICEPS donne une (suite…)

La santé vue par les femmes : une enquête IPSOS – STERIA

Une enquête IPSOS-STERIA réalisée en octobre 2014 auprès de 1000 femmes à la demande du LIR nous éclaire sur les voies à prendre (ou à éviter) pour notre système de santé. Devant le déficit abyssal d’originalité de nos politiques sur les questions de santé plusieurs acteurs iconoclates formulent des propositions qui tombent avec mépris dans l’indifférence générale. La santé n’intéresse pas le pouvoir. Le jeu de cache-cache est connu. La droite quand elle est dans l’opposition fait la roue devant les médecins et, une fois au pouvoir, promesses bues, les massacre. Juppé en sait quelque chose. La gauche fait pareil. Le bulldozer idéologique se met en marche dans l’euphorie de la victoire du peuple mais ralentit quand il y a le feu. En ce moment Marisol Touraine fait du rodéo (suite…)

Données de santé : l’irrésistible aspiration de l’État

A l’approche du débat sur la loi de santé, trois documents devraient accrocher l’intérêt de nos honorables parlementaires sur l’utilisation de nos données de santé : la note de réflexion de Jean-Yves Robin, l’ancien directeur de l’ASIP, le rapport coordonné par Jacques Lucas vice-président du CNOM, le rapport remis au gouvernement par Philippe Lemoine en novembre dernier. Les trois réclament un renforcement de l’État. Mais le bénéfice-risque d’un renforcement des pouvoirs publics n’est-il pas défavorable ?

Petite histoire de monopoles

Le livre blanc du CNOM, précis comme un cours d’anatomie et habile comme un manuel pour les nuls (plus nombreux qu’on ne croit), retrace avec beaucoup d’esprit la petite histoire du numérique en France.
Pour Jacques Lucas, l’histoire du déferlement numérique remonte à seulement quelques années depuis notamment qu’un anglais a remplacé le « e » de electronic par le « m » de mobile. On ne compte plus les superlatifs pour définir aujourd’hui la période que nous vivons et qu’on assimile volontiers à une révolution mondiale aussi structurante que la révolution industrielle du XIXème siècle par son intensité et sa rapidité, tantôt redoutée (Lévy), quelques fois considérée comme une imposture (Besnier), le plus souvent encensée avec un optimisme inoxydable (Michel Serres).
Le passage du « e » au « m » marque en réalité une étape : 1980 l’ordinateur personnel, 1990 Internet, 2000 le déferlement des Smartphone, I-Phone et autres tablettes interconnectées. Le livre blanc du CNOM s’aventure à fournir des chiffres qui se périment à grande vitesse tant il est vrai que le marché des appareils connectés paraît aujourd’hui comme exponentiel (100 milliards d’objets connectés prévus sur la planète en 2020).

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Petit manuel de Macron-économie à l’hôpital

Un article du projet de loi Macron permettra aux hôpitaux d’exporter leur savoir faire. Signe d’un changement de regard sur le système de santé français ? Depuis que l’Organisation mondiale de la santé en 2000 a érigé la France au premier rang pour son système de santé -score régulièrement contredit par nos déclinologues assermentés- la médecine française jouit d’une réelle réputation dans la plupart des pays dans le monde. Les mesures proposées par Emmanuel Macron ne sont cependant pas suffisantes pour faire de la santé un secteur exportateur de richesses. Le sport de l’export La France peut-elle vendre sa médecine ? L’article paru dans Les Echos de mercredi dernier montre à quel point tout est toujours compliqué dans notre pays. Alors qu’on exporte le musée du Louvre et les grandes (suite…)

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