Archives de cet auteur: Remy Fromentin

Cofondateur de La Lettre de Galilée en 2007, il a mené une carrière de dirigeant au sein de l'Assurance maladie jusqu'en 2002. Il est depuis cette date consultant international.Voir tous ses articles.

Le pacte social, nouvelle tarte à la crème dans le débat sur la santé

Le débat sur la santé démarre, de manière inattendue, sur les chapeaux de roues. Dans les campagnes précédentes, les sujets de santé étaient plutôt évacués ou se contentaient d’enfoncer des portes ouvertes. Là, les boulets fusent de toutes parts au point que Fillon a été obligé d’intervenir pour s’expliquer. Parmi les attaques sur le document de campagne de Fillon, plusieurs relèvent du procès d’intention. On parle de « privatisation« , de « médecine à deux vitesses« , de « déremboursement »… Nous aurons l’occasion d’y revenir. Il en est un cette semaine qui retient notre attention : celui de la « rupture du pacte social ». Rien de plus facile de balancer ce type d’argument pour bloquer tout le reste. Pacte social : quésaco ? O n peut dire que le pacte social est un ensemble de droits (suite…)

3 (fausses) idées-reçues sur le programme santé de Fillon

Désormais présidentiable, François Fillon n’a pas fini de prendre des hallebardes en pleine poire. Ce qu’on a entendu cette semaine sur « la privatisation » de la sécu donne une idée de la force des mots, lancés dans l’opinion sans contrôle. D’ici mai 2017, chaque victime d’un boulet catapulté sans scrupules méritera bien une autopsie, qu’elle soit d’ailleurs de droite ou de gauche (enfin… quand cette dernière voudra bien se mettre en ordre de bataille, autrement que par les gesticulations de Marisol Touraine sur Twitter !). Privatisation a-t-on entendu toute la semaine à l’heure du café sur le zinc… Qu’en est-il ? Lire :  Primaires de droite, quelques murmures sur la santé Sacralisé autant qu’il se prétend radical, le programme publié par Fillon reste la référence. Ce programme, oui ou non, annonce-t-il une (suite…)

Primaires de droite : quelques murmures sur la santé

Surprenants, les résultats de la primaire à droite ont porté Fillon, dans tous les départements français (sauf en Aquitaine), loin devant les autres. On attendait Juppé et, pour ne rien vous cacher, nous allions dans ces lignes nous interroger sur le fait de savoir comment Juppé, devenu présidentiable, allait détricoter le plan qui porte son nom. Car au fond, cette indigestion d’Etat dont il est la cause depuis ses Ordonnances de 96 paralyse aujourd’hui la médecine française et permet depuis 20 ans aussi bien à la gauche qu’à la droite de taper impunément (c’est à dire avec la bénédiction du Parlement) dans le porte-monnaie de la vieille dame. Lire : Juppé et ses tontons flingueurs. Ouf ! diront les hussards de la CSMF qui ont battu le pavé en 1995 (suite…)

La campagne part en campagne

Éditorial de la 356 Auteur réaliste d’ »Hippocrate« , un film précédent plutôt réussi, Thomas Lilti nous sert un second long métrage décevant. « Médecin de campagne » contient tous les ingrédients d’une comédie dramatique mièvre, qui se veut à la fois réaliste (le striptease d’un obèse abruti est sûrement inutile même s’il fait partie du quotidien), volontiers donneuse de leçons (le cours du vieux médecin à sa jeune consœur sur la manière de conduire un interrogatoire avec un patient n’est pas très confraternelle), et un tantinet naturaliste (franchement, la glissade dans la boue et dans la nuit pour aller sauver un maire qui s’est fait exploser la fémorale avec une tronçonneuse, n’a rien à envier au docteur Maufrais dans le Chemin des Dames… à l’amputation près). Au fond, le docteur Werner n’est pas (suite…)

Grande conférence de la santé : pas de quoi en faire un fromage

Éditorial de la 347 Il y a tout juste 15 ans, presque de date à date, le ministre des affaires sociales et de la Solidarité, Elisabeth Guigou, réunissait son « Grenelle de la santé ». Il était question de «modernisation de la médecine » et, comme aujourd’hui, on se situait à un an d’une échéance électorale majeure. La similitude avec la « grande conférence de la santé » du 11 février dernier est frappante. Même solennité, même charabia, même clins d’œil, même microcosme avec des bidules créés ex nihilo représentant des réseaux, des pôles, des coordinations, des comités, des collectifs et autres machins. Et aussi – et surtout – des experts, ceux qui savent, ceux qui n’ont jamais mis les pieds dans un cabinet à Coucou-Les-Nuées mais qui savent, qui connaissent la saine écriture (suite…)

Loi de santé : comme une lettre à la poste

La décision du Conseil Constitutionnel était attendue par les syndicats de médecins libéraux comme la victoire d’Armageddon. La décision des Sages du Palais Royal de faire droit au recours déposé par une centaine de sénateurs et députés de l’opposition sur la loi de santé et particulièrement sur la question du tiers payant a été commentée dans la presse comme une victoire majeure. À y regarder de plus près, il n’y a pas de quoi pavoiser…  Et tout le reste est passé comme une lettre à la poste. Le double piège du tiers payant Marisol Touraine a réussi son coup. Les assurés sociaux (enfin, ceux qui payaient encore, car tous ceux pour qui le tiers payant généralisé a été institué en raison de la faiblesse de leurs ressources bénéficiaient déjà d’une dispense d’avance (suite…)

Les faits secondaires de l’actualité médicale

Éditorial de la 343 L’accident d’essai clinique survenu à Rennes a remis le projecteur sur les questions de santé. Il faut un pépin de ce genre dans un environnement plat pour que le buzz médiatique joue en faveur des toubibs et remette sur la nappe à carreaux la vaisselle conventionnelle. Pour concurrencer nos petits drames hexagonaux Ouagadougou était bien trop loin ! Nous le disions dans nos précédents articles (ici, là ou encore là) et Claude Bronner dans son Zapping n° 113 le dit aussi : « 2015 aura été d’abord une année très sombre pour la France avec les attentats des 7 janvier et 13 novembre. Sans aucun rapport, bien évidemment, ils auront curieusement réussi à chaque fois à mettre fin à des actions très importantes des professionnels de santé ». Si « l’assassin court toujours », (suite…)

70 ans de la Sécu : amnésie et radotage

Groggy par une année assombrie, à ses deux extrémités, par la violence terroriste, une grosse majorité de Français focalise ses priorités sur les questions sécuritaires et en oublie que sa sécurité… sociale cette fois, est aux prises à des difficultés grandissantes. En réalité, confusément, les voix récoltées au dernier scrutin par le parti d’extrême droite français traduisent-elles ce sentiment d’insécurité propre aux périodes où l’économie ne remplit plus son rôle. Les assurances sociales françaises ont été créées en 1928 – 1930 époque où l’économie a plongé le monde dans une misère aussi noire que le jeudi 24 octobre 1929 qui en garda le qualificatif. Nées d’initiatives mutualistes déjà anciennes, les différentes couvertures sociales de cette période marquent pour la première fois l’intervention de l’Etat sur les questions de solidarité (terme (suite…)

70 ans de la sécu : une belle dame sous tutelle

Éditorial de la 330 Bel âge. Allez dire à Pierre Arditi ou à Daniel Cohn-Bendit qu’ils sont des incapables majeurs ! C’est pourtant ce qui est arrivé sans crier gare à notre chère sécu qui n’a pourtant pas l’âge d’Eliane Bettencourt mais celui de Mia Farrow et de Caroline Cellier. La célébration du 70ème anniversaire, dont le Ministère de la santé se fait le majordome, sent la naphtaline. On rabâche depuis des décennies les vertus d’une sécu qui serait née du génie d’un père fondateur dont on se réfère sans vergogne même quand il s’agit d’en sacrifier les fondements. D’abord la sécu existait avant 1945. Elle était le fruit d’une longue tradition d’entraide professionnelle (corporatiste diront les thuriféraires d’un égalitarisme maladif) dans laquelle les organisations patronales ont autant de mérite (suite…)

Kinés acoquinés : l’art de la généralisation

Éditorial de la 329 Le rapport de la Cour des Comptes a encore fait des siennes. La presse s’est déchaînée la semaine dernière sur les abus constatés dans les comptes de l’assurance maladie sur les remboursements de soins de kinésithérapie et d’infirmier. L’intention de la Cour des Comptes n’était probablement pas intentionnelle même si parfois le président de cette haute cour donne l’impression de détenir la Vérité Révélée. Le raisonnement tient debout : les soins des auxiliaires augmentent sans que le « virage ambulatoire » soit véritablement démontré. En d’autres termes, si l’enveloppe ambulatoire augmente, l’enveloppe hospitalière doit diminuer. Où alors, la croissance n’est pas justifiée. Le Monde dans son édition du 15 septembre revient sur « l’héliotropisme » des auxiliaires médicaux, dada des magistrats de la rue Cambon, apôtres depuis des lustres de ce (suite…)

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