Archives de cet auteur: Remy Fromentin

Cofondateur de La Lettre de Galilée en 2007, il a mené une carrière de dirigeant au sein de l'Assurance maladie jusqu'en 2002. Il est depuis cette date consultant international. Voir tous ses articles.

Plof et… plof

Pour un retentissement somme toute bien maigre, l’appel « pour un débat public sur la santé« , lancé fin août suscite bien des interrogations.

Écrit et publié à un moment où les trois quarts des Français avaient encore les pieds dans l’eau, « l’appel », lancé à l’initiative d’une poignée d’habitués des coups de ce genre (Grimaldi, Bourdillon, Tabuteau…) nous interroge sur la forme et sur le fond.

Lire la suite…

Mondes parallèles

Éditorial de la 226 A la lecture concomitante de la presse économique et sociale et des rapports d’études le plus souvent commandés par le pouvoir en place, on a l’impression que deux mondes se côtoient sans qu’il n’existe de passerelles. D’un côté, la presse nous inonde de commentaires alarmistes, ou à tout le moins interrogateurs, sur les mesures prévues dans le PLFSS 2014 dont l’accouchement est prévu dans deux semaines. Les Echos, apparemment bien renseigné, nous fournit par le menu les mesures d’économie (pas moins de six milliards) dont le mode opératoire nous est resservi en copié-collé chaque année à même époque. De l’autre, on a des bénédictins, soutiers de l’ombre, choisis pour leur expertise, qui tentent bien trop discrètement de remettre à plat le système avec des solutions nouvelles. (suite…)

Calamity, Mathias et Lucky

Éditorial de la 225 Ca tire de partout. La première, après un bras de fer qui a duré tout l’été, postée au 9èmeétage de l’avenue de Ségur, a fait mouche du côté de la porte de la Villette, juste après le périph. Pas content le sioux ! Et « la stratégie nationale de santé » a du plomb dans l’aile. Vous connaissez le second ? C’est le croque-mort qui se promène avec son mètre pour prendre la dimension de son prochain client. Le ministre du budget annonce que la pression fiscale sera moins lourde que prévu mais, en même temps, lâche à la presse un certain nombre de mesures proposées dans le prochain projet de loi de finances et dans le prochain PLFSS, qui font grincer. Ca sent le sapin du côté des collectivités territoriales (- 1,5 (suite…)

Les rapports du HCFi-PS : un pré-shampoing avant la douche

Installé par le premier Ministre en septembre 2012, le Haut Conseil du Financement de la Protection Sociale n’a pas tardé à publier un premier rapport d’étape en novembre 2012 puis un second en juin dernier. Un état des lieux sans faux-semblants dans le premier, des pistes courageuses dans le second.

Un « machin » de plus direz-vous ?

Invitée à un colloque sur la sécurité sociale en novembre 2012, alors même que son premier rapport était sous presse, on aurait dû se douter que sa présidente, Mireille Elbaum, n’allait pas ronronner.

Lire  notre article : Les soupirs de la vieille dame

Rassurez-vous, la vieille dame n’est pas cette bien charmante personne dont l’efficacité vaut bien la compétence, mais notre agonisante sécurité sociale. Pour ceux qui n’auraient pas bien saisi les subtilités du financement du système français, voici deux rapports intermédiaires qui font un tour d’horizon complet de la question avec une forte dose de pédagogie. Normal : la dame Elbaum, ancienne directrice de la DREES, est professeure au CNAM de son état.

Lire la suite…

L’avis du HCAAM sur la généralisation des complémentaires : prémices d’un basculement ?

Dans la foulée des premières propositions sur le financement de la protection sociale, le Haut Conseil pour l’Avenir de l’Assurance Maladie a exprimé son avis sur la généralisation de la complémentaire santé.

Décidément l’été aura été studieux. Les rapports se bousculent ; à peine l’encre des premiers est-elle sèche que les seconds s’empilent.
Règle première : ne pas se laisser distraire à la récréation par l’élève Touraine qui a griffé son petit camarade Evin.

Lire notre article : Stratégie nationale de santé : des hommes et des envieux

Règle seconde : ne pas se laisser asphyxier. L’important en effet, au-delà du sens possiblement donné aux petites phrases qui peuvent s’échapper de la pensée des rédacteurs, est de déceler les liens entre les différentes productions intellectuelles. Car au fond, les membres des « hauts conseils » et autres comités Théodule ont le même abreuvoir : la DREES, la Cour des Comptes, l’INSEE, l’IGAS, l’IRDES. La suite est une question de mots.
Le rapport du Haut Conseil pour l’Avenir de l’Assurance Maladie (HCAAM), ce gardien inébranlable des principes de la sécu de 1945, a publié un avis le 18 juillet 2013 sur la généralisation de la couverture complémentaire santé.
Deux événements majeurs ont donné le déclic :

Lire la suite…

Les soupirs de la vieille dame

Le 12ème colloque de la protection sociale, organisé les 29 et 30 novembre 2012 par l’Ecole Nationale Supérieure de Sécurité Sociale, résume l’ambiguïté de la protection sociale française.

L’Ecole Nationale Supérieure de Sécurité Sociale, installée à Saint Etienne à la suite d’un caprice ministériel (le ministre Durafour était maire de cette ville à la fin des années 70), a longtemps été dirigée par des gens du cru : Yannick Dhaene, comme son successeur Claude Bigot, étaient d’anciens dirigeants de caisses de sécurité sociale. Depuis deux ans, c’est un énarque, Dominique Libault, connu des états-majors parisiens pour avoir dirigé la direction de la sécurité sociale au Ministère, qui préside aux destinées de cette discrète grande école. L’ENA, sa prestigieuse grande sœur, était comme il se doit, la partenaire de cette manifestation.

Lire : "l'École Nationale Supérieure de la Sécurité Sociale, cette belle inconnue"

Au-delà de la symbolique

dominique_libault_EN3S

Dominique Libault

En fait, les dirigeants de la sécu, anciens élèves de l’EN3S, n’étaient pas à la tribune mais dans la salle, spectateurs assidus d’une palanquée d’intervenants de haut vol, du beau linge venu de la commission européenne, de l’Ena, de Polytechnique, de l’Université, des administrations centrales, de la Cour des Comptes… et quelques syndicalistes pour le décor. Ne cherchons pas la petite bête : ce n’est pas sur le symbole de cette absence qu’il nous faut placer le doigt, mais bien sur la mécanique de construction d’un discours dominant.

Lire la suite…

Les presbytes, les astigmates et les nyctalopes de la rentrée

Éditorial de rentrée Question de vision. L’immédiat des premiers est dans le flou absolu. Avec l’âge, l’usure (pas déjà !), les choses n’apparaissent avec netteté qu’à un horizon de plus en plus reculé. Le président de la République a réglé sa focale sur 2025. Le devoir de vacances demandé à ses ministres nous éclaire si peu. Mauvais élèves en butte aux lazzis… Les seconds souffrent d’une déformation des objets avec un risque de reconstruire la vérité. Pathologie à chercher peut-être du côté psy. Le « droit d’inventaire » sur le bilan de Sarkozy en fait rigoler beaucoup. Même Le Figaro, c’est dire. Il paraît que les troisièmes voient dans la nuit. De retour (Oui, nous revoilà), La Lettre de Galilée ne prétend pas éclairer le monde, encore moins braquer sa (suite…)

Le patient, cet inconnu

L’actualité est surprenante. Les questions de santé tiennent une place déterminante : manifestations de rue pour réclamer le maintien d’un hôpital local, déremboursement des médicaments, prises de bec parlementaires sur la loi de financement de la sécurité sociale, incompréhension sur la campagne H1N1, scandale du Médiator…

L’opinion s’est habituée à ces paradoxes : on dénonce les déficits récurrents de l’assurance maladie mais on défile au même moment contre la fermeture d’une maternité sous-productive. On s’émeut des scandales de la chirurgie esthétique mais on se précipite chez son médecin pour renouveler son somnifère. Les discours sur la régulation du système de santé se situent au milieu de cette tourmente de contradictions. « Le Français se plaint toujours de son foie et de son Gouvernement ! » remarquait Théodore Zeldin1. Il rechigne en effet à payer la dette sociale mais en même temps, place la consommation médicale au premier rang de ses dépenses2.

Lire la suite…

[18 mois de cogitations sur la santé] Quelles tendances pour le proche avenir ? 1/6

 Dossier spécial : « 18 mois de cogitations sur la santé » Économie de la santé : des solutions qui restent prudentes et ambiguës La pharma se porte plutôt mieux que les autres industries de santé Coopérations entre professionnels et parcours de soin L’hôpital reste une question centrale Conclusion : quelles tendances ? Une lecture transversale des publications officielles, études diverses et réflexions en tout genre, parues depuis janvier 2012, nous laisse perplexes sur la soutenabilité des solutions apportées. La plupart des inepties lues et entendues pendant la campagne présidentielle de 2012 ont été oubliées, comme par enchantement, après la constitution du nouveau Gouvernement. Le discours de politique générale prononcé le 2 juillet 2012 par Jean-Marc Ayrault, sonnait le retour d’une rhétorique davantage en adéquation avec la gravité des problèmes à gérer. (suite…)

[18 mois de cogitations sur la santé] Économie de la santé : des solutions qui restent prudentes et ambiguës 2/6

 

La quadrature du cercle…

LInstitut Montaigne s’évertue à démontrer que le secteur de la santé est un « secteur stratégique » car producteur de valeur ajoutée et de croissance et que les chances de la France sur l’échiquier mondial, en raison du savoir-faire des médecins français seraient immenses en raison de la demande de soins des pays émergents (croissance estimée à 10% à moyen terme).

Mais il est bien le seul à le dire car la pensée dominante est que le système de santé français est un système « dépensier », grosso modo qui « pompe » du PIB au lieu d’en créer.

Lire la suite…

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer