Archives de cet auteur: Remy Fromentin

Cofondateur de La Lettre de Galilée en 2007, il a mené une carrière de dirigeant au sein de l'Assurance maladie jusqu'en 2002. Il est depuis cette date consultant international.Voir tous ses articles.

PLFSS 2014 et Bio-similaires : le coup du père Anatole

Avec un air de ne pas-y-toucher, l’article 38 du PLFSS tente d’assimiler les bio-similaires aux génériques. Médecins et… parlementaires réagissent… Alors que le positionnement des bio-similaires en termes juridiques n’est pas encore stabilisé et qu’il reste quelques zones d’ombre scientifiques sur leur réelle similitude, les rédacteurs du projet de LFSS tentent un passage en force pour des raisons de gros sous. Copies non conformes Le profane aura vite fait le tour : il y a quelques « pour », et beaucoup de « contre ». Comme aurait dit Churchill, cela suffit pour que les « pour » l’emportent. Du côté de ceux qui disent avec componction qu’un bio-similaire, c’est la même chose que son princeps, on trouve bien sûr les génériqueurs, persuadés que le marché va littéralement exploser sous le double effet de la mondialisation et de (suite…)

Malades ignorés et malades qui s’ignorent

On ne saurait trop insister, dans ce 4ème volet de notre première leçon, sur la relativité des attitudes face à la maladie et au système de soins. Autrefois dans une société dont l’organisation était largement sous-tendue par la religion, la grande consolation était que tout le monde finirait par mourir pour se retrouver devant dieu… à égalité.

Piètre consolation car, depuis toujours, nous ne sommes pas égaux devant la mort. Selon que vous serez puissant ou misérable comme disait le bon vieux La Fontaine dans les animaux malades de la peste, vous ne mourrez pas au même âge. Ça fait des lustres que le différentiel d’espérance de vie entre l’ouvrier agricole et le cadre supérieur est de plus de dix ans et si, globalement, l’espérance de vie n’a pas cessé de s’améliorer depuis un siècle, le différentiel demeure.

1 -Malades ignorants

Il faut chercher dans les nombreuses études sociologiques publiées depuis une cinquantaine d’années les explications à la complexité des attitudes face aux situations pathologiques. Georges Canguilhem (1), considéré comme l’initiateur d’une réflexion réellement philosophique sur la pathologie a donné l’impulsion à plusieurs générations de chercheurs qui ont permis de mieux comprendre notamment les mécanismes d’inaccessibilité aux soins. François Steudler a également présenté dans les années 70 l’état des recherches réalisées sur le sujet. Aujourd’hui, de nouvelles études viennent tempérer, confirmer ou contredire les soubassements épistémologiques de la socio-économie sanitaire.

Que ressort-il de ces recherches ? Pour faire simple il apparaît :

  • qu’il n’existe pas d’explication mono-factorielle des différences d’accès aux soins et que si le facteur économique est bien sûr omniprésent, celui-ci n’est pas essentiel,
  • que le facteur majeur est culturel et puise ses sources dans les profondeurs anthropologiques des Français

a – Le renoncement aux soins

Les comparaisons économiques menées il y a une quarantaine d’années montraient une… Lire la suite…

Médicament et croissance économique : les industries dans le cas « K »

Pourtant décrié depuis presque 10 ans, l’application du fameux « taux K » au chiffre d’affaires des entreprises du médicament est reconduite dans le PLFSS 2014. Depuis la loi de financement de la sécurité sociale de 1999, les industries productrices de médicaments sont soumises à une clause de sauvegarde consistant à verser dans les caisses de la sécu une contribution lorsque leur chiffre d’affaires dépasse celui de l’année précédente d’un pourcentage supérieur à un taux fixé par le Parlement. Rien de génial dans la technique, c’est vieux comme Hérode, simple, rapide et ça rapporte gros. Petit rappel A partir du moment où les pouvoirs publics ont pris le contrôle des caisses d’assurance maladie (ça remonte quand même à quelques décennies) et que celles-ci sont devenues des « administrations publiques de sécurité sociale » (dixit (suite…)

Prescription pharmaceutique : la CNAMTS distribue ses mauvais points

Une analyse de la prescription des médicaments de spécialité réalisée par la CNAMTS donne au PLFSS 2014 une occasion d’accroître le contrôle dans les hôpitaux.

Le n° 41 de Points de repère, intéressant petit document d’information de la CNAMTS de juin 2013, fait une analyse de la prescription des médicaments. Ses conclusions ne sont pas tombées dans l’oreille d’une sourde : le PLFSS 2014 dans son article 41 prévoit un renforcement du contrôle sur les médicaments de la liste en sus prescrits par les médecins des hôpitaux.

Cocorico

Dans un graphique montrant la remarquable dégringolade de la consommation des médicaments délivrés en officine depuis 10 ans, la CNAMTS s’envoie des fleurs : la politique de maîtrise finit par payer. Trois facteurs expliquent selon ses calculs cette décroissance continue :

  • « des mesures de régulation constantes depuis plusieurs années sur les médicaments de ville avec une maîtrise des volumes, d’importantes baisses de tarifs (baisses de prix et passages au tarif forfaitaire de responsabilité, TFR) et le développement des génériques »
  • « un ralentissement de la croissance sur des classes de médicaments qui contribuaient significativement à la croissance ces dernières années non relayé par de nouvelles classes à fort potentiel »
  • « des baisses brutales de prescriptions de médicaments dont les indications ou l’évaluation de l’apport thérapeutique a été modifié ».

Baisse des tarifs et substitution par des génériques… Lire la suite…

Industrie et PLFSS 2014 : loin de la coupe aux lèvres

Tous les comités Théodule qui ont phosphoré tout l’été nous laissaient imaginer quelques changements majeurs. Le PLFSS 2014 reste d’un classicisme décevant.

Lire aussi : "Économie de la santé : des solutions qui restent prudentes et ambiguës"

Le dossier de presse présentant le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) résume assez bien le manque d’audace du gouvernement.
Au-delà d’une série de bonnes intentions, la série de coupes-sombres budgétaires fait du projet de loi un « copié-collé » des années précédentes.

Économies, économies

Facile à comprendre, notre sécu coûte cher.
Reléguées dans une deuxième partie lénifiante, les mesures structurelles attendues sont seulement… annoncées.
L’État attend des sous. Hors ONDAM, on relèvera d’abord une économie d’1/2 milliard d’euros sur les frais de gestion. De quoi alimenter quelques mécontentements dans les organismes sociaux. Les principales fédérations syndicales d’employés et de cadres des caisses de sécu n’ont pas encore réagi. Cela ne saurait tarder.

Côté ONDAM, les mesures sont d’un classicisme démoralisant. Le gouvernement, comme les précédents, taillent dans le gras.
On attend 25% d’économies grâce à la maîtrise des dépenses de santé. Les caisses vont devoir retrousser les manches et sortir le bâton… et peut-être déployer les chars de combat. La dérobade sera difficile puisque les contrats d’objectifs et de gestion conclus entre l’Etat et les caisses devraient être renégociés sous peu.
On notera aussi une baisse des honoraires de certains spécialistes et aussi quelques hypothétiques économies dans les hôpitaux publics regroupées sous le terme « efficience à l’hôpital ».

Le gros morceau, comme les autres années, est le médicament : presque 1 milliard de baisse de prix, plus de 40% des économies attendues sur les 2,4 milliards programmés. Formatée par une communication culpabilisatrice, l’opinion accepte ; les médecins aussi.

Lire notre article « l’incroyable résistance des idées reçues »

La réaction du LEEM est aussi un « copié-collé » de… Lire la suite…

Consommation pharmaceutique : l’incroyable résistance des idées reçues

L’étude indépendante réalisée en 2012 par Pierre Chahwakillian avec la collaboration d’Antoine Ferrier-Battner à partir des données d’IMS-Health fournies par le LIR sur les ventes de médicaments de 8 classes thérapeutiques entre 2000 et 2011 dans 7 pays européens chamboule les idées reçues sur la position de la France dans la consommation des médicaments.

Le rififi provoqué au début de l’été par la parution du rapport établi conjointement par Michèle Rivasi, eurodéputée (Europe-Ecologie), Philippe Even président de l’Institut Necker, habitué des coups médiatiques, et Serge Rader pharmacien à ses heures, a fourni l’occasion à une presse en mal de moralisation de touiller quelques contrevérités sur la pharmacie dans le chaudron des idées reçues.
Les assertions du trio militant ont provoqué une vigoureuse mise au point du LEEM.

La question aujourd’hui est de savoir ce qui reste dans l’opinion publique de ces buzz médiatiques récurrents sur l’industrie pharmaceutique aussi éphémères que souvent mensongers.
Prenons encore l’exemple des conclusions de la conférence organisée en février 2013 par Jean-François Derre, directeur associé de CELTIPHARM, reprises illico dans Le Point, L’Express, Le Parisien et même largement diffusées dans la presse gratuite. Que disaient-elles ? La baisse de consommation des médicaments traduirait pour la première fois une « crise de confiance » ponctuelle des consommateurs dont la cause – pour le moins subjective – serait produite par le raffut fait sur le Médiator et sur la pilule de 3ème génération. Dont acte.
Cette avalanche de papiers suit de 6 mois une autre agitation médiatique, celle provoquée fugacement par le communiqué signé par le LIR, « la fin de l’exception française » en juillet 2012, démontrant un mouvement de fond et déjà ancien de la consommation pharmaceutique française.

Comment expliquer l’ensevelissement en moins de six mois d’une démonstration par une autre présentation radicalement opposée ?

En vérité, les informations se suivent mais s’évaporent. Si le papier s’empile, dans le virtuel, la dernière information écrase la précédente. C’est en tout cas ce qui se passe dans… Lire la suite…

Patients consommateurs et consommateurs impatients

La première façon de cerner la réalité des maladies est de constater ce que les patients consomment, c’est-à-dire ce qu’ils paient pour leur santé… ou plutôt ce que paient leurs organismes d’assurance maladie.

1 – La consommation de biens er de services médicaux

a – dépenses globales de santé

Que dépensent les malades pour leur santé ? La réponse est difficile pour deux raisons :

  1. La première tient à ce qu’une partie des soins n’est pas prise en charge par un système d’assurance (public ou privé) Or, il n’est pas aisé de savoir ce que paient les gens de leur poche.
  2. La seconde tient à l’imperfection des statistiques qui rend compliqué de tracer une ligne précise entre ce qui est remboursé par les caisses d’assurance maladie, les organismes complémentaires, l’Etat, les collectivités locales…

Le rapport de la MECSS (mission d’évaluation et de contrôle des politiques de sécurité sociale) dans son rapport de juin 2008, présenté par le sénateur Vasselle souligne cette difficulté (si vous n’avez pas la migraine, vous pouvez toujours aller voir ici). Les rapports intermédiaires du Haut Conseil du Financement de la Protection Sociale (HCFi-PS novembre 2012 et juin 2013) fait un tour d’horizon complet de la situation.

Lire notre article : "rapports du HCFi : pré-shampoing avant la douche"

Dans les subtilités de la comptabilité publique, il faut distinguer :

  • La CSBM : consommation de soins et de bien médicaux
  • La DCS : la dépense courante de santé
  • La DNS : la dépense nationale de santé
  • La CTS : la dépense totale de santé

La plus utilisée est la CSBM (184 milliards d’euros en 2012). La plus réaliste est la DCS (dépense courante de soins : dépasse 240 milliards d’euros)
Quelle que soit la méthode utilisée, il faut retenir la répartition suivante qui, sur les 2 dernières décennies, montre une remarquable stabilité.

Caisses

Complémentaires

Etat et autres

ménages

CSBM %

77%

13%

1,3%

8,5%

Y-a-t-il une modification importante sur le long terme de cette répartition ?

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La météo des plages : des universités d’été si banales

Le tour des Universités d’été nous renseigne sur les préoccupations du moment. Rien de bien original, ou presque, sur les questions de santé (quand elles figurent au programme !). Quelques bonnes idées cependant… Les universités d’été sont avant tout des événements médiatiques. On soigne la forme, le fond reste secondaire. L’arrivée des stars répond à une mise en scène millimétrée, chrono en main, pas trop tôt, pas trop tard, pour passer au JT de 20 heures. Les hommes ont tombé la veste, chemise blanche ouverte jusqu’au 2ème bouton; les femmes en robe d’été, lunettes de soleil élégamment calées dans les cheveux, le regard circulaire à l’affût des photographes… Les politiques en maillot Le Front de Gauche a choisi Grenoble, il est vrai un peu loin des embruns. Le ténor charismatique (suite…)

La paille et le grain

Le rapport d’étape du HCFi remis au premier ministre au cours de l’été a publié en annexe les contributions apportées par ses membres aux discussions. La lecture des différents textes nous renseigne sur l’attitude syndicale possible des prochains mois.

Dans le monde syndical, comme partout, il y a les gesticulations, les manifs et les porte-voix et aussi quelques-unes de ses productions écrites qui marquent parfois quelques distances par rapport aux slogans entendus dans la rue.

Lire notre article : Les rapports du HCFi-PS : pré-shampoing avant la douche

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Plof et… plof

Pour un retentissement somme toute bien maigre, l’appel « pour un débat public sur la santé« , lancé fin août suscite bien des interrogations.

Écrit et publié à un moment où les trois quarts des Français avaient encore les pieds dans l’eau, « l’appel », lancé à l’initiative d’une poignée d’habitués des coups de ce genre (Grimaldi, Bourdillon, Tabuteau…) nous interroge sur la forme et sur le fond.

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