Archives de cet auteur: Jean-Pol Durand et Rémy Fromentin

Depuis 2007, chaque mardi, Jean-Pol Durand, ancien rédacteur en chef du Quotidien du Médecin, Impact-Médecin Quotidien, Filières & Réseaux, et Rémy Fromentin, ancien haut responsable de l’assurance maladie, ont partagé leur vision sur l’actualité de la santé en France autour d’une lettre commune.

Grand écart, long vol et petite voix

Au milieu de la tourmente sur l’affaire Williamson, le Saint-Siège vient d’annoncer l’organisation d’un congrès international sur Galilée pour commémorer le 400ème anniversaire des premières observations astronomiques de notre grand homme. Et aussi pour montrer la capacité du Vatican à faire le grand écart. 
L’écho que la Lettre de Galilée fera cette semaine de nos petits défilés sans tambours ni musique du 29 janvier apparaîtra bien tiède. Toutes proportions gardées, on retiendra un paradoxe – un de plus – auquel notre petit monde de la santé s’est habitué. Dans une pagaille finalement moins forte que prévue, la mobilisation des personnels des hôpitaux publics, médecins hospitaliers compris, a été forte. Avec, en vedette, le très médiatique Patrick Pelloux, tête de file des urgentistes. C’est en tout cas ce que rapporte le (suite…)

Hello goodbye

Ce mardi 20 janvier palpite à l’heure américaine. À Washington, les rues glaciales se remplissent des premiers supporters matinaux, persuadés d’être « in the history », traversant le Potomac comme nos parisiens franchissaient la Seine pour se rendre à la République un certain 6 mai 2007. Toutes les liesses se ressemblent. Mais, en dehors des premières dames, toutes deux callipyges, la comparaison s’arrête là. Bush boit un dernier café dans la cuisine de la Maison Blanche avant de disparaître. Good bye Dabeuliou. Le 44ème président des Etats-Unis sera investi dans quelques heures. Réputée pour sa modération, l’équipe d’Obama va maintenant se mettre au travail et affronter la houle. Tom Daschle, le nouveau ministre de la santé, sexagénaire comme la plupart de ses collègues, a la lourde tâche de réformer le (suite…)

Un Plan B pour la liberté d’installation

C’était donc vendredi soir à Paris, la manchette du quotidien vespéral, plus prémonitoire encore que l’annonce de la tempête du lendemain à la Une de Sud-Ouest. Or, plus encore que Le Quotidien du Médecin, Le Monde est le baromètre le plus pertinent de la météo de la politique de santé. Car quand ce journal-là en parle, on sait que le sujet aura sa place dans les JT du soir ! Et dans les dîners du Rotary et du Lions-Club ! Ainsi donc, le gouvernement n’entend plus laisser d’échappatoire aux médecins à refuser d’affronter plus longtemps la question de la liberté d’installation. Il a raison, des cinq principes de la Charte libérale de 1927, celle-là est la dernière conservée intacte depuis plus de 80 ans : le paiement à l’acte a (suite…)

Yes, we can !

Le nom de Health Consumer Performance nous est encore largement étranger. A tort. Et Jean-Marie Bertrand, architecte de la nouvelle gouvernance déconcentrée de la santé, devrait trouver auprès de cette société de conseil tous les éléments susceptibles d’alimenter la feuille de route de ses 26 futurs directeurs d’Agences Régionales de la Santé (ARS). Résumons : la société a vu le jour en 2004 en Suède sur le projet d’élaborer un palmarès de performance sanitaire des différents comtés du pays. Un savoir faire qu’elle a ensuite décliné au Canada simultanément à un travail de comparaison international. Troisième du genre, l’index 2008, publié en fin d’année dernière, n’a pas connu dans notre pays la notoriété qu’il méritait pourtant. Et mérite encore, même s’il est sans doute un peu injuste pour notre pays. (suite…)

Mages, hommage, chantage

La première Lettre de Galilée de 2009, forte des centaines d’encouragements et de commentaires que vous lui adressez régulièrement (coup de chapeau au passage à Claude Bronner et à Gérard Bieth pour leur aimable relais dans « EG zapping » et « annuaire sécu »), ne résiste décidément pas à puiser dans une actualité riche en hypocrisies. On eut pu imaginer benoitement que nos Chaldéens modernes, devenus plus exégètes qu’astrologues, se fussent davantage précipités vers la nouvelle petite étoile blanche, née le 2 janvier dans une proprette étable du 16ème arrondissement. Histoire d’amuser le petit peuple de France, à peine remis de ses agapes, avec des contes très bibliques de conception sans géniteur, en tout cas identifié comme tel par nos tabloïdes habituels. Nos mages de la presse, dans l’entre-deux fêtes, (suite…)

Entourloupe au tribunal des flagrants délires

Il arrive que, dans le débat public sur les questions de santé, les orateurs s’égratignent, s’invectivent, s’outragent parfois. S’insultent, rarement ; s’envoient du papier bleu, à l’occasion … Mais enfin, les querelles ne finissent pas plus souvent au Tribunal que sur le pré. Voilà un déficit en voie d’être comblé, à l’initiative d’un interlocuteur qu’on pensait plus tolérant, à savoir la vénérable Mutualité Française ! En cause, une phrase, une seule : « La Mutualité française dit avoir des valeurs, effectivement ce sont des valeurs de l’entourloupe. » Signée Christian Saout, président du Collectif interassociatif sur la Santé (Ciss) devant la dernière Université d’été de la CSMF fin septembre dernier à Cannes. « Insulte au mouvement mutualiste, injure publique » s’emporte Jean-Martin Cohen-Solal, directeur adjoint de l’institution.On remarquera d’abord que (suite…)

La Citadelle assiégée

Le point de presse de la CNAMTS du 4 décembre sur les prescriptions hospitalières rend justice, bien tardivement il est vrai, aux premiers combattants de la transparence et mérite un petit rafraichissement mnésique. Après le Yalta de 1996 arbitré par les Ordonnances Juppé entre la ville et l’hôpital, l’assurance maladie n’était plus autorisée à poser les pieds dans les espaces hospitaliers. Exit le service médical, qui avait pourtant une longue expérience de « l’adéquation » hospitalière (en d’autres termes : les malades sont-ils à la bonne place dans les hôpitaux ?), exit les caisses et leurs fantasmes sur les dépenses, l’assurance maladie était frappée d’interdiction de séjour…hospitalier. Aux URCAM, le marigot de la médecine de ville ; aux ARH, le noble secteur de l’hôpital. Aux deux, une curiosité juridique, les cliniques, (suite…)

Ces 4 écueils qui barrent l’horizon conventionnel

Dinorino Cabrera, pragmatique président du SML (Syndicat des Médecins Libéraux) n’aura sans doute pas l’opportunité d’apposer, mercredi 10 décembre, son ultime signature au bas du parchemin conventionnel. Il quitte ses fonctions le 11. Or s’il n’y a pas d’avenant en état d’être paraphé demain, il n’y en aura sans doute pas plus d’ici la Trêve des confiseurs. En janvier peut-être, ou même au delà,… si signature il y doit y avoir ! La Convention médicale se meurt. 4 points achoppent toujours, dont il faut bien se demander si leur issue est à portée de négociation. 1/ Les honoraires constituent le premier point de la mécanique conventionnelle. Pour les médecins, il s’agit évidemment de l’aspect fondamental et un calendrier de passage de la consultation à 23 € est impératif pour que (suite…)

Le pavé de Door

Le Centre National d’Expertise Hospitalière (CNEH) présidé par Christian Paire, un soutier aguerri des réformes du système de santé, avait organisé vendredi dernier, devant un parterre aussi hétéroclite qu’angoissé, un colloque sur la mise en œuvre des futures ARS (agences régionales de santé). Au menu : après un exposé par Jean-Marie Bertrand rempli de cette componction si caractéristique des grands commis de l’Etat chargés d’expliquer le mode d’emploi de réformes indigestes, un échange plutôt riche entre des professionnels d’horizons opposés convaincus que, sur le terrain, le mariage entre l’assurance maladie et les services déconcentrés de l’Etat n’est qu’une question de temps. Pour clôturer ce colloque, comme il se doit, un ring avait été dressé pour un débat gauche-droite dans la pure tradition télévisuelle française. D’un côté, Le Guen-Pigement pour le (suite…)

L’éducation thérapeutique, marqueur de la viabilité de la réforme

L’éducation thérapeutique va enfin connaître un cadre juridique pérenne. Jusqu’à maintenant objet d’expériences, rapports et colloques, la voici dotée du statut de « priorité nationale » par l’article 22 de la loi Hôpital, Patients, Santé, Territoires promise au débat du Parlement dans les premières semaines de 2009. Son sort apparaît intimement attaché à l’avenir des ARS (Agences Régionales de Santé) qu’on pressent prometteur. Pourtant, on aimerait que ce qui apparaît bien comme le prochain défi de l’ingénierie sanitaire ne se retrouve pas exposé au même risque, létal, que ne le furent les réseaux eux aussi liés aux premiers pas de la régionalisation. Trois points, au moins, mériteraient d’être explorés par le législateur avant de valider le cadre juridique suggéré par le gouvernement : quels acteurs ? quel périmètre de légitimité (suite…)

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