Archives de cet auteur: Jean-Pol Durand et Rémy Fromentin

Depuis 2007, chaque mardi, Jean-Pol Durand, ancien rédacteur en chef du Quotidien du Médecin, Impact-Médecin Quotidien, Filières & Réseaux, et Rémy Fromentin, ancien haut responsable de l’assurance maladie, ont partagé leur vision sur l’actualité de la santé en France autour d’une lettre commune.

DMP…de lapin?

Bondée, la salle Pierre Laroque au ministère de la santé pour écouter ce jeudi 9 avril le discours fébrilement attendu de la ministre sur « le programme de relance du DMP et des systèmes d’information partagés de santé ». Initialement prévue le 23 mars, cette grand-messe apostolique aurait pu être repoussée de quelques jours supplémentaires pour coïncider pile poil avec la Résurrection. Car, après la traversée du désert que Roseline Bachelot a infligée elle-même au dossier en diligentant « une revue de projet » restée mémorable, il s’agissait bien d’une renaissance. Une répétition tellement vraie que Christian Saout, le président du Collectif inter associatif sur la santé (CISS), frappé par la métempsychose du DMP, se demandait s’il n’avait pas déjà vécu ce moment … dans une autre vie. Même réaction (suite…)

Le canard, le boomerang et la chasse aux éléphants

Alors que la Loi HPST issue de l’Assemblée se retrouve soumise à l’exégèse active des Sénateurs, eux-mêmes exposés à l’activisme – totalement inédit – des lobbyistes de toutes obédiences, pourvoyeurs de « suggestions d’amendements » plus corporatistes les unes que les autres, les observateurs comptent les jours. Et pour certains les points ! Les jours car il semble acquis que le Sénat ne sera pas en mesure d’achever l’adoption du texte avant le mois de juin. Qu’il conviendra, dès lors que l’urgence est prononcée, évidemment de réunir une Commission mixte paritaire et attendre de l’Opposition une immanquable saisine du Conseil Constitutionnel … La publication au JO ne saurait donc intervenir avant juillet, … dans la meilleure hypothèse ! Seule certitude : le mercredi consécutif entérinera la nomination des directeurs d’ARS, (suite…)

La carotte et le bâton

Dans son rituel point d’information, la CNAMTS vient d’exhiber, non sans bonnes raisons, les résultats de sa politique de contrôle engagée depuis plus de 4 ans. Manière de rappeler que la Loi Bachelot est certes sur les fonds baptismaux mais que celle de 2004 n’est pas tout à fait morte. Car, il est vrai que les résultats obtenus dans la branche maladie sont assez spectaculaires. Pas seulement pour les initiés, mais aussi pour ceux qui ont, un jour, connu l’une ou l’autre des extrémités du bâton. Les leviers de l’assurance maladie sont faibles : les négociations sur le médicament se font au CEPS (Comité Économique des Produits de Santé), les arbitrages hospitaliers dans chaque ARH (Agence Régionale de l’Hospitalisation), les leviers de la prévention dans les GRSP (Groupement Régional de (suite…)

Syndicalistes et plaideurs…au-dessous du volcan

Dimanche avait lieu l’assemblée générale ordinaire de la CSMF. L’occasion de « sabrer le champagne » après la victoire de la centrale devant la Cour d’Appel à la suite de sa condamnation par le Conseil de la Concurrence à une amende pour incitation à des dépassements de tarifs. La Confédération n’était pas la seule dans cette affaire de plainte de l’organisation « Familles Rurales » puisqu’elle cohabitait sur le banc des plaideurs avec l’Umespe (sa branche de spécialistes), le SML, la FMF, le Syndicat des Psychiatres Privés, celui des Gynécologues Obstétriciens et celui des Pédiatres … Ce succès judiciaire était pour partie prévisible, compte tenu du fait que la marge de manœuvre du Conseil de la Concurrence s’écrit depuis quelques années à coup de procédures d’appel. Comme déjà signalé dans (suite…)

La loi kâma sûtra

Pour son 69ème numéro, la Lettre de Galilée a bien cherché dans le microcosme sanitaire quelques clins d’œil grivois, histoire de dérider une actualité, dirons-nous … plutôt tendue. En vain. Les nuits ont été chaudes mais l’activité textuelle de nos députés terriblement sérieuse. « Je suis là, vous êtes là…» répondait notre ministre de la santé, plus en forme que jamais, à 2 heures 50 du matin à un honorable parlementaire qui réclamait un report de la discussion : Diable ! C’était bien parti pour introduire un peu de légèreté dans l’examen du chapitre de la loi HPST consacré aux ARS. Faute d’être érotique, le dernier marathon infligé aux députés aura à peine été …erratique. À peine. Car Roselyne Bachelot, « femme redoutable, intelligente, ambitieuse et exceptionnellement phallique » –pour (suite…)

Médecins-Majorité: vrai divorce ou simple crise passagère?

Mais quelle mouche a donc piqué les députés de la majorité qui font désormais preuve de cette même imagination à contrarier le lobby médical qu’ils déployaient jadis à lui complaire ? Légitimement inquiets à la perspective de voir les routes de leur circonscription plus facilement empruntées par les vétérinaires que par les médecins, nos édiles ont été fort marris de voir le gouvernement déserter le dossier au motif que les partenaires conventionnels ont, eux-mêmes, refusé « la patate chaude ». Et l’on aboutit à cette disposition qui cumule à peu près tous les défauts en renvoyant à l’horizon 2012 le principe d’un concours obligatoire au « service médical commun » sous peine d’amende. Du même coup : – Les promoteurs de la formule sont irrités du « sursis » à statuer (suite…)

Histoire d’échelles

Pendant que Jean-Marie Bertrand, secrétaire général chargé de la mise en place des ARS, s’évertuait le 13 février à rassurer les syndicats de la Sécurité Sociale sur le sort des 2000 agents des caisses d’assurance maladie invités à émigrer dans ces nouvelles « maisons communes » aux forts relents étatiques (on peut lire le compte rendu de cette rencontre, avec des colorations diverses, des principaux syndicats sur annu-secu), les débats sur la territorialisation reprenaient de plus belle. Il suffit parfois de jeter en l’air quelques concepts mal compris pour créer la zizanie. Le concept de territoire en fait partie. De quel territoire parle-t-on ? La confusion entre le pilotage d’un espace et son organisation est fréquente. Et les géographes eux-mêmes sont parfois coupables d’imprécision. On peut rendre grâce à Jean-Marie (suite…)

Délégations de tâches et cris d’orfraies

Nos députés ayant délaissé – le temps de leur semaine de vacances d’hiver – l’exégèse du projet de loi HPST et de ses 2500 amendements (dont 2000 issus des rangs de la majorité et … 200 du seul Jean-Luc Préel, dont on connaît l’intérêt et la qualification pour ces sujets) la tentation est grande d’aller, comme eux, respirer l’air frais des grands concepts ! La délégation de tâches en est un, même si une des dernières études de la DREES donne à penser que l’ampleur du déficit démographique médical peut finalement être (presque) contenu.Ce sont les infirmiers libéraux de la Fédération qui viennent de « lever le lièvre », à la faveur d’un projet, porté par le tandem DHOS-DSS, visant à expérimenter des alternatives au paiement à l’acte dans six (suite…)

Les paradigmes artificiels

Le déficit chronique de l’assurance maladie se fait oublier. Par temps de crise, les paradigmes changent, les ordres de grandeur aussi. Il y a un peu moins d’un an, Eric Woerth se félicitait d’un déficit moins grave que prévu : 9 milliards au lieu de 11. Aujourd’hui, aucun économiste ne s’aventure à évaluer les conséquences catastrophiques que la dépression économique entraînera sur les comptes de l’assurance maladie même si on peut déjà pronostiquer que les experts de la commission des comptes de la sécurité sociale n’auront pas au printemps une langue de bois de circonstance. Car en effet les circonstances sont curieuses. Le président de la République réunit les partenaires sociaux demain à l’Elysée pour un « sommet social », quelques jours à peine après l’annonce par Total de son (suite…)

Carhaix-Plouguer et l’HPST magique

Jour de fête pour Roselyne Bachelot : l’Assemblée nationale entame, ce mardi, le débat de la Loi qui portera, indissolublement, son nom. En attendant le jugement de l’histoire, qui commencera de s’exercer dans une dizaine d’années, celui de ses contemporains importe sans doute plus à la ministre. Deux sujets, qui n’en font qu’un seul, les mobilisent vraiment : comment sont-ils soignés aujourd’hui et par qui le seront-ils demain ? La première question se réduit à un petit point sur la carte de France : Carhaix-Plouguer dans le Finistère, juste en dessous du village d’irréductibles gaulois sur la carte de Gaule des albums de Goscinny-Uderzo (besoin de réviser ?). Et à un maire à tête d’Astérix, ancien brasseur et ancien journaliste, qui ne cache pas avoir voté contre le rapprochement avec le (suite…)

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer