Archives de cet auteur: Jean-Pol Durand et Rémy Fromentin

Depuis 2007, chaque mardi, Jean-Pol Durand, ancien rédacteur en chef du Quotidien du Médecin, Impact-Médecin Quotidien, Filières & Réseaux, et Rémy Fromentin, ancien haut responsable de l’assurance maladie, ont partagé leur vision sur l’actualité de la santé en France autour d’une lettre commune.

French model et bon cholestérol

L’histoire récente nous vaut de curieux revirements. Suprême injure pendant les primaires américaines faisant de Hilary Clinton une gauchiste, la référence au « modèle français » est aujourd’hui à la mode. Dans la crise, la France, en fin de compte, s’en sortirait mieux que les autres, à en croire les principaux indicateurs économiques. A tel point que le plus virulent pourfendeur du système français, le journal libéral anglais, The Economist, consacrait le mois dernier un article dithyrambique à la revanche du « French Model ». C’est aussi en lorgnant sur le système de protection sociale français que le président américain, nous dit-on, bouclerait le budget de sa réforme (1000 milliards de dollars), en faisant, comme en France, les yeux doux aux médecins réticents de la puissante American Medical Association. Inutile de préciser (suite…)

Le Haut Conseil pour l’Avenir de l’Assurance Maladie,ultime arbitre de la vie conventionnelle

Attention, zone de fortes turbulences conventionnelles en vue ! Alors que la Commission mixte paritaire ( 7 députés et 7 sénateurs) entame demain matin ses travaux de « synthèse » des textes de la Loi HPST, issus des débats successifs de l’Assemblée et du Sénat, l’actualité s’est légèrement déplacée ce week-end sur le terrain purement conventionnel. Car le télescopage des calendriers « légaux » va poser un problème absolument inédit à la table de négociations conventionnelles. Analysons d’abord le contexte juridique avant de s’intéresser aux forces politiques à l’ouvrage. Le contexte de la vie conventionnelle avait été affecté par la Réforme Douste-Blazy/Bertrand de 2004, laquelle avait modifié substantiellement les modalités de reconduction/renégociation d’une convention médicale. –    Le nouvel article R162-54-2 qui en est issu prévoit que les organisations syndicales représentatives d’une profession (suite…)

Tactiques d’avants…

Ce n’est pas du passé qu’il s’agit, mais de rugbystique. Car en ouvrant le 39ème congrès de la mutualité française, sur fond bleu de France, Jean-Pierre Davant, nom et physique prédestinés à s’engouffrer dans la mêlée, s’offrait son ultime match de gala devant 3000 supporteurs.Préparé de longue date en recourant au débat public sur Internet – qui dira que la Mutualité n’est pas moderne ?– le rapport présenté à Bordeaux le 4 juin par la FNMFavec un titre très tendance, « Innover pour un monde plus solidaire : de nouveaux territoires pour la Mutualité », plantait quelques drops entre les deux piliers rectilignes de l’assurance maladie obligatoire. À commencer par ce « coup de pied en coin » sur l’hégémonie des régimes obligatoires dans des relations avec l’UNOCAM où, à (suite…)

HPS…T … comme Titanic

Alors que les Sénateurs sont, enfin, entrés dans le sprint final qui les amènera à se prononcer, dans la semaine, sur le texte de la Loi HPST largement amendé par rapport à la version de l’Assemblée nationale, il est de plus en plus clair que le grand rendez-vous avec l’histoire ne sera pas honoré. Avec l’article 15, les membres de la Haute Assemblée devaient donc se prononcer sur le mécanisme régulateur de la liberté d’installation. Le résultat en a été l’adoption, dans sa version originelle absolument ridicule, du Contrat Santé Solidarité censé solder le problème des déserts. Résumons sans caricaturer : dans certaines zones, définies comme « sur-denses », les médecins candidats à l’installation ou… déjà installés devront donc aller prêter la main à des confrères des zones « sous-denses (suite…)

Capi…tation ? Capi… lotade ?

Marginalisée par l’agitation sur la loi HPST, la fronde des médecins libéraux contre le CAPI (contrat d’amélioration des pratiques individuelles), métastase inattendue de la loi du 13 août 2004, s’est en un mois totalement affadie. Les médecins auraient-ils capi…tulé devant l’assaut de la CNAMTS ou bien, dans un sursaut cérébral ultime, auraient-ils mesuré le véritable enjeu ? Revenons aux faits. Le CAPI est un texte réglementaire du 9 mars 2009, une « décision » qui, dans la hiérarchie administrative, a force d’arrêté, signé de Frédéric Van Roekeghem, et publié au Journal Officiel le 21 avril, en application de la LFSS 2009. Dans la rubrique « touche pas à ma convention collective », réaction pavlovienne immédiate : les médecins libéraux montent au créneau, UNOF en tête, pour considérer que « l’amélioration (suite…)

Le dernier passage par la voie parlementaire

De qui cette citation «  On nous reprochait de détruire la médecine , de transformer les meilleurs des médecins en fonctionnaires asservis, de vouloir faire périr « l’élite », de briser les plus belles traditions, de nous nourrir de chimères et aussi, j’ajoute, de pousser vers la misère des groupes d’hommes jusqu’alors assez opulents ! Les « intérêts » étaient en jeu et l’on sait qu’ils savent se défendre. Ils savent aussi s’abriter derrière le respect des grands principes Il n’est pas douteux que jamais la réforme n’aurait pu être appliquée devant la coalition bruyante et agissante des passions . » ? Réponse en fin de billet. Mais avant, soyons clairs : à ce stade du processus législatif d’adoption de la Loi HPST, nul n’est plus en mesure de savoir (suite…)

Chiffons rouges et banderoles

Écorchée jusqu’à l’os par plus de 1400 amendements et 60 heures de discussions opiniâtres en commission sociale –du jamais vu– la loi Bachelot est examinée aujourd’hui par le Sénat en séance plénière. La torpeur légendaire des sages de la chambre haute n’est plus ce qu’elle était. Les souvenirs du plan Barre de 1980, Séguin de 1987 et celui de Juppé de 1995 ont produit des antidotes énergiques contre la somnolence camérale. Il suffit d’entendre le pas des manifestants sur le pavé parisien pour éveiller spontanément un réflexe pavlovien contre l’endormissement du pouvoir. D’autant plus efficace qu’on sait que ce genre de manif, celle des médecins, se paie généralement à l’élection suivante. Car, tout de même, il n’est pas coutumier de voir tant de grands patrons de la médecine, habituellement si (suite…)

Quoi de neuf? Des noms !

La météorologie politique est  une science délicate …  Bien malin qui pourrait prédire aujourd’hui dans quel état la Loi HPST sortira, début juin, du vote du Sénat. Quel compromis devra être passé, dans la foulée en Commission Mixte Paritaire, entre le Palais Bourbon et le Luxembourg. Puis la portée d’une éventuelle censure du Conseil Constitutionnel lorsqu’il aura été saisi, comme c’est probable, par une Opposition requinquée. Tel est sans doute le lot des textes législatifs trop composites : la Loi HPST était au départ un ambitieux dispositif censé répondre simultanément aux dysfonctionnements de l’hôpital comme du secteur ambulatoire, mais aussi  rénover la gestion du risque et sa gouvernance, la FMC et la permanence des soins, … en soignant de menues irritations comme la vente aux mineurs des boissons alcoolisées ou (suite…)

Blouses blanches et lessive

Entre la menace de démission des présidents de CME (commission médicale d’établissement), la manif aujourd’hui des chefs de service de l’AP-HP (assistance publique Hôpitaux de Paris), la mise au point chlorhydrique de Guy Vallancien dans les Echos du 21 avril sur « la cacophonie étrange » de ses congénères parisiens, le vitriol des limiers du Point (cf. La lettre de Galilée de la semaine dernière) et la deuxième couche de goudron noir de l’Expansion de vendredi sur les abus hospitaliers, voilà une loi HPST encore bien chahutée. Derrière le charivari des tempes grises en blouses blanches, les effets de la crise économique sont mis en sourdine. Les grands indicateurs de ce même mensuel économique, tout aussi catastrophiques qu’ils fussent, sont entrés dans la routine. La croissance du PIB est à (suite…)

Sénateurs sous hyper-pression médiatique

À mesure qu’approche l’heure du débat sénatorial, l’actualité semble concentrer le débat sur le volet hospitalier du dispositif organisé par la Loi HPST. Deux événements largement médiatisés y concourent en effet : –    la grève orchestrée à l’hôpital dans une semaine tout juste par un conglomérat syndical un peu disparate mais emmené par 25 mandarins d’établissements parisiens, à qui Le Nouvel Obs a complaisamment ouvert ses colonnes, familiers des coulisses du pouvoir et des plateaux de télé où ils alternent JT et émissions people … –    le brûlot journalistique signé du trio-vedette* de l’hebdomadaire Le Point et qui « cartonne » très opportunément en librairie avec un deuxième retirage qui n’est sans doute pas le dernier. En face, Roselyne Bachelot n’a guère à avancer que … le Rapport Larcher, qui (suite…)

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