Archives de cet auteur: Jean-Pol Durand et Rémy Fromentin

Depuis 2007, chaque mardi, Jean-Pol Durand, ancien rédacteur en chef du Quotidien du Médecin, Impact-Médecin Quotidien, Filières & Réseaux, et Rémy Fromentin, ancien haut responsable de l’assurance maladie, ont partagé leur vision sur l’actualité de la santé en France autour d’une lettre commune.

Quand les députés ne sont plus godillots …

Il est des moments -et ce printemps en constitue un- où on ressent l’impression que l’histoire s’accélère. Enfin ! Mais comment ne pas s’inquiéter des risques d’un tel maelström réformateur ? Le gouvernement est dans cette situation totalement paradoxale d’avoir peu ou prou convaincu ses relais sociaux de l’urgence de réformer, y compris sur le calendrier du « tout en même temps », mais sans être en mesure de livrer simultanément la clé doctrinale qui permettrait de lire enfin l’esprit de la réforme. Quelle inspiration dicte l’urgence des ARS ? Centralisatrice, voire étatique, avec l’objectif d’une mise au pas « déconcentrée » des acteurs et un pilotage enfin opérationnel de la fongibilité des enveloppes ville/hôpital ? Ou au contraire franchement décentralisatrice avec une marge de manœuvre opérationnelle abandonnée à un exécutif responsable ? Mais quel type d’exécutif ? Celui du (suite…)

Mission Flajolet : bienvenue chez les ch’tis

Après le rapport de Philippe Ritter sur l’organisation territoriale, celui du tandem constitué de François Berland et Annie Podeur sur l’organisation de la santé et enfin celui de Gérard Larcher sur l’hôpital, voilà le quatrième évangile, qui donne à l’avènement de l’ARS (agence régionale de l’hospitalisation) sa dimension véritablement messianique. Le rapport du député du Pas de Calais, André Flajolet, au moment où la quasi-totalité des Français se découvre une sympathie pour les Ch’timis, a l’avantage de puiser directement son inspiration dans une région qui réunit tristement les difficultés sanitaires les plus criantes du pays. La mission qui a été confiée à ce parlementaire, professeur de philosophie de son état et connu dans le microcosme des questions environnementales pour avoir déjà commis un projet de loi sur l’eau, passe en (suite…)

« Ma sécu » en librairie, ou la frustation du débat politique

Au secours, les journalistes s’intéressent à nouveau à la Sécu : les rayons des libraires se sont enrichis cette semaine d’un bouquin qui peut, sans autre préjudice que quelques moments d’irritation, accompagner un aller-retour en TGV pour un week-end « à rallonge ». Sobrement titré « Ma Sécu », il est signé de deux journalistes « d’investigation », Éric Merlen, free-lance et Frédéric Ploquin, grand reporter à Marianne. Les deux, qui avaient déjà cosigné le même type d’enquête sur la DST, le fisc et le trafic de drogue, ont donc exploré pendant 3 ans les arcanes de l’assurance maladie. Disons-le ici tout net : il n’y a pas de scoop dans ce pavé de 400 pages sinon quelques confidences distillées par des interlocuteurs généralement méconnus du grand public comme Jean-Marc Aubert, le « Dir Cab » de Frédéric Van Roekhegem (suite…)

Bouclier sanitaire : Brennus ou Titus ?

Le Haut Commissaire aux Solidarités Actives contre la pauvreté a le vent en poupe. Interrogé sur le RSA (revenu de solidarité active) lors de son grand oral télévisuel du 24 avril, le Président de la République a manifesté à Martin Hirsh un soutien appuyé en promettant la mise en place, dès l’année prochaine, de « cette bonne idée » pour « sortir de la panade » tous ceux qui en ont besoin. L’autre bonne idée concoctée par le même Haut Commissaire, en réaction aux franchises, tickets modérateurs et exonérations de toutes sortes destinées à responsabiliser les patients, suit un cheminement plus chaotique. Le « bouclier sanitaire » a fait l’objet, en 2007, d’une étude aussi complexe que fouillée par deux orfèvres, Bertrand Fragonard et Raoul Briet, le premier présidant aux destinées du Haut Conseil pour l’avenir (suite…)

La mission-Gagneux sur le DMP : empirique mais œcuménique

On peut juger de la portée d’un rapport à son contenu –et c’est généralement la règle des commentaires saluant la publication d’un document officiel demandé par le gouvernement à une personnalité– et on peut aussi l’aborder par … ce qu’il ne dit pas. Ainsi le rapport-Larcher se montre-t-il peu disert sur les deux sujets « qui fâchent » à savoir le lien quasi-incestueux entre le management de l’établissement et la collectivité locale d’accueil, la protection des personnels par le statut avantageux du Titre IV de la fonction publique. L’auteur a de toute évidence opté pour une proposition ménageant la congruence des élus locaux et la … susceptibilité des partenaires sociaux. Cette stratégie de contournement s’avère finalement assez pragmatique et n’étonnera pas de la part d’une personnalité qui ferait, à défaut de la (suite…)

Curée d’ARS ?

Roselyne Bachelot met des gants. Attendue demain à la CNAMTS par l’ensemble des directeurs de caisses d’assurance maladie, elle dira sûrement, avec cette componction séductrice qu’elle sait utiliser quand il faut, ce qu’elle a écrit la semaine dernière aux directeurs de DDASS et de DRASS. « Connaissant votre attachement au service public et la capacité d’adaptation dont vous avez fait preuve (…) nous savons pouvoir compter sur chacun d’entre vous pour faciliter la mise en œuvre de la réforme et contribuer à son succès ». Habitués à un management de fer par l’actuel directeur de la caisse nationale et à être rabroués à la moindre fausse note, il n’est pas sûr que les derniers grognards de la sécu sortent de leur silence contrit pour dire à la ministre ce qu’ils pensent. L’expression (suite…)

Le Tribunal inattendu du syndicalisme médical

En prononçant de lourdes peines à l’endroit de 7 syndicats médicaux « coupables » d’avoir incité, en 2001, leurs adhérents à user de toutes les facultés que leur ouvrait la réglementation du « DE » (Dépassement Exceptionnel, pour exigence du patient), le Conseil de la Concurrence s’est invité dans un débat où -à vrai dire- personne ne l’attendait. En tout cas pas les intéressés qui avaient même oublié qu’ils avaient dû répondre il y a quelques mois à certaines questions embarrassantes sur le sujet. C’était en décembre 2006, l’affaire remontait à 2001, la plainte à 2003, émise par une obscure association de « Familles Rurales » et les prévenus s’étaient empressés d’oublier l’épisode. Passé le moment de sidération, la riposte commence à s’organiser. A la CSMF d’abord, lourdement « touchée » au porte monnaie. Directement à hauteur de (suite…)

L’École de la Sécurité Sociale, cette belle inconnue

En 1960, l’Etat met de l’ordre dans les organismes de la sécurité sociale : il sort le décret du 12 mai, véritable « loi de 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat » dans la sécu. Églises ? Le terme « chapelles » est plus approprié tant il est vrai que le texte vise les syndicats de salariés auxquels le gâteau de la jeune sécurité sociale a été donné par de Gaulle au sortir de la guerre. Et l’Aristide Briand de l’époque n’est autre que son antithèse, un certain Raymond Marcellin, connu pour sa fermeté et sa rigueur, celui-là même qui envoya les forces de l’ordre au quartier Latin en 1968. Le décret du 12 mai 1960 fabrique le dirigeant de la sécurité sociale : un statut, une liste d’aptitude publiée au JO, un agrément (suite…)

Internet, l’Ile Maurice et l’ex-président américain

Les réticences argumentées des médecins du net (i-med ou atoute.org) ou les cris d’orfraie des institutions médicales (CNO, CSMF, SML) lancés sur le net pour stigmatiser l’initiative de notation des praticiens par les patients sur le site note2bib.com témoignent surtout d’un grand mépris pour les techniques d’évaluation éprouvées partout dans le monde et dans tous les secteurs, d’une parfaite méconnaissance des ressources de ce média, y compris en France, et d’une extrême nervosité à voir le patient sortir un tant soit peu de sa passivité obligée. « Interdiction, interdiction, interdiction » est donc, 40 ans après Mai-68, la seule réponse que la nomenklatura médicale trouverait à opposer à la soif de transparence de sa patientèle. Et ceci sur le seul terrain où cet avis est légitime : l’accueil, la ponctualité, l’empathie, la pédagogie, (suite…)

Médicaments ombres et lumières

Le président du Leem (Les entreprises du médicament), qui accompagnait la Ministre Roselyne Bachelot venue faire ce matin son traditionnel footing dans les allées du MEDEC, aura-t-il eu le temps, entre le stand sucré du DMP (dossier médical personnel) et celui moins en vue des associations de santé, d’exprimer son mécontentement ? Christian Lajoux, en effet, n’en finit pas de pester contre les « contrevérités » répandues par les institutions publiques et médiatiques sur l’attitude de l’industrie pharmaceutique dans la consommation des médicaments. Indiscutablement, le rapport de l’IGAS de l’automne sur l’influence de la visite médicale a ouvert quelques plaies qui ont du mal à cicatriser et qui n’empêchent pas l’impitoyable collectif Formindep de lancer quelques flèches supplémentaires, bien acérées, sur l’influence des labos dans le contenu des formations que suivent les médecins. (suite…)

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