Tag archives : innovation

Prix du médicament : les labos pharmaceutiques sont-ils des escrocs ?

La dernière campagne de Médecins du Monde tire à boulets rouges sur les profits des grands laboratoires pharmaceutiques et les prix disproportionnés de certains médicaments. Pour certains, la diatribe est justifiée. Pour d’autres, comme pour les principaux intéressés, elle est caricaturale. La Commission des Affaires Sociales de l’Assemblée Nationale a donc auditionné les industriels du médicament le 22 juin dernier. La semaine suivante, c’était au tour du Sénat de se pencher sur la question. Au-delà du débat sur la fixation du prix du médicament, c’est bien plus la place de l’innovation dans les stratégies des industriels de la santé dont il est question. Les propositions du Leem Il est vrai, comme le remarque Challenges, que seule l’industrie du tabac affiche des taux de profit supérieurs. Néanmoins, la recherche coûte cher (20% (suite…)

Les Big Pharma peinent à innover

Une étude d’Idea Pharma classant les 30 laboratoires pharmaceutiques les plus innovants vient d’être publiée. En tête de classement : Johnson & Johnson, Takeda (+14 places par rapport à 2014) et Novo Nordisk (+15). Trois constats : ce ne sont pas les plus gros poids lourds en termes de chiffres d’affaires qui sont représentés, ils le sont d’ailleurs moins qu’en 2014 et les labos français ne sont pas dans le Top 10. Quelles en sont les raisons ?

Lire : le marché pharmaceutique en baisse pour la 3ème année consécutive

Du marketing plutôt que de l’innovation ?

Les Chroniques d’un jeune médecin quinquagénaire reviennent sur un ouvrage de Peter Gøtzsche, intitulé Psychiatrie mortelle et déni organisé (en anglais) qui décrypte la novlangue de bigpharma. Et notamment l’évolution des noms des médicaments qui s’adoucissent et séduisent davantage au fil du temps pour s’adapter et mieux toucher leurs cibles. « Les noms commerciaux des médicaments sont de toute évidence l’objet d’études savantes (études marketing s’entend) car leur influence sur la perception par les médecins en dépend. Dans le genre, Aerius (Desloratadine) est une merveilleuse trouvaille pour la rhinite allergique – alors même qu’il n’apporte rien de nouveau par rapport à la Loratadine (La Revue Prescrire Décembre 2011/Tome 31 N°338 p 906, Desloratadine, juste un métabolite de la Loratadine). Pourtant peu après son lancement dans les années 2000, il caracole en tête des ventes des antihistaminiques loin devant la Clarityne (qu’il remplace pour cause d’obsolescence de brevet) et de ses génériques. Bien que l’effet soit le même, il est si facile de retenir que l’Aerius est plus efficace que la Loratadine. »

Lire : l'innovation en santé est-elle un moteur de croissance ?

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L’innovation en santé est-elle un moteur de croissance ?

Les nouvelles technologies perturbent profondément les organisations existantes. C’est ce que Clayton Christensen nomme les innovations disruptives. L’innovation en santé est-elle pour autant un moteur de croissance pour notre pays ? Trois rapports permettent de faire le point sur la question : un rapport de la Commission nationale de l’évaluation des politiques revient sur quinze ans de politique d’innovation en France, un autre rapport du Conseil national du Numérique défend une vision stratégique du numérique pour la France. La semaine dernière, c’est au tour de la Fondation Croissance Responsable de présenter son rapport : Public-Privé : balles neuves, le numérique va-t-il tout chambouler ?

Lire : la santé en panne d'innovation ?

Dans sa chronique dans Les Échos, Jean-Marc Vittori revient sur la reprise économique annoncée à grand renfort de communicants. L’économie française serait-elle enfin repartie s’interroge-t-il. « La chute des cours du pétrole a libéré à elle seule 15 milliards d’euros de pouvoir d’achat. (…) Dans ces conditions, la performance de l’économie française fait penser à celle d’une mobylette dopée à l’alcool, capable d’accélérer brutalement, petitement et momentanément. »

La Lettre de GaliléeSelon les chiffres publiés par l’OCDE, et donc (à peu près) comparables d’un pays à l’autre, la productivité du travail a progressé en France de 5% sur la dernière décennie (2005 à 2015). Le ralentissement semble inexorable de décennie en décennie : +49% entre 1965 et 1975, puis +26%, et ensuite +19%, et encore après +13% de 1995 à 2005 avant d’atterrir au fameux +5 %. Pour Robert Gordon : »Il n’y a pratiquement pas eu de croissance dans le millénaire qui s’achève en 1770, seulement une croissance lente dans le siècle de transition avant 1870, une croissance notablement rapide dans le siècle s’achevant en 1970, et une croissance plus lente depuis. » Son explication : « Certaines inventions sont plus importantes que d’autres, et la croissance de l’Amérique dans le siècle qui a suivi la guerre civile a été rendue possible par la combinaison, fin XIXe siècle, de ce que j’appelle les « Grandes Inventions » – l’électricité, l’automobile, l’ascenseur, les antiseptiques, etc. Nous avons d’abord pris les fruits les plus faciles à cueillir. Les technologies de l’information, elles, sont confinées dans « une sphère étroite d’activité relative aux divertissements , aux communications, à la collecte et au traitement de l’information ». Pour R.Gordon, l’iPhone change moins nos vies que la chasse d’eau.

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Faut-il soutenir l’innovation ?

Selon un rapport intitulé Quinze ans de politique d’innovation en France, publié par la Commission nationale de l’évaluation des politiques publiques le mois dernier, « l’effort consenti par les entreprises en matière de R & D demeure en deçà des objectifs fixés par les pouvoirs publics. Ces derniers, depuis les sommets européens de Lisbonne (2000) et de Barcelone (2002), visent à porter à 3 % le rapport entre la dépense intérieure de R & D (DIRD) et le PIB, avec un partage de deux tiers pour le secteur privé et d’un tiers pour le public. Cela signifie en particulier que la DIRD effectuée par les entreprises devrait se monter à 2 % du PIB en France, alors qu’elle n’en est encore actuellement qu’à moins de 1,5 %. Or le niveau de DIRD des entreprises est largement l’effet de la structure sectorielle de l’économie. En France, l’étiolement de l’industrie a eu pour conséquence une baisse du niveau spontané de la R & D, en particulier en comparaison de l’Allemagne. » (p.16). Ainsi, la France fait preuve d’une « incontestable dynamique de création d’entreprise« , mais elle a encore beaucoup de mal à faire accéder les meilleures de ces dernières au statut de « champions nationaux ou mondiaux« , notamment dans le domaine très technologique des start-ups, vecteur privilégié de l’innovation de rupture.

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Médicament : l’ire du LEEM et l’âme du LIR

La stratégie de communication du LEEM et du LIR s’appuie sur un nouveau paradigme. Mais des efforts de transparence restent à faire sur la fixation des prix La décapitation sans sommations de l’état major de SANOFI par son conseil d’administration la semaine dernière montre la brutalité du management des capitaines d’industrie, même si Pôle Emploi, toute compassion gardée, n’est pas la destination promise à Christopher Viehbacher, son sémillant ex-DG, après que les actionnaires de la grande firme française ont décidé de le virer. Capital, au printemps dernier, ironisait sur son salaire car, dixit le journal, le patron de Sanofi était le mieux payé des 98 premières entreprises françaises. Au-delà des vicissitudes des grands de ce monde, le départ de Viehbacher coïncide avec le décrochage du titre de Sanofi en bourse. (suite…)

La météo des plages 2015 : l’argent, l’économie et l’innovation

Dans notre panorama sur les tendances de rentrée, nous nous étions attardés dans notre météo des plages aux orages grondant dans le ciel lillois. Les universités d’été de la CSMF et celles de l’ANAP qui, toutes deux, avaient élu domicile dans la capitale de Flandres, en septembre dernier, n’avaient pas défrayé la chronique. La Ministre avait tenté de rassurer ses ouailles, en vain. Tour d’horizon sur la CHAM, les universités d’été du MEDEF et les Premières Assises Internationales de la Silver Economie. Tout un programme !

Liberté, santé, inégalité !

Les dernières assises de la Convention on Health Analysis and Management (CHAM), la danseuse du médiatique Guy Vallancien, à Chamonix, les 26 et 27 septembre dernier. Elles ont pour but d’être « un lieu privilégié d’une réflexion libre et innovante sur l’organisation et le management des systèmes sanitaires, grâce à la rencontre et aux échanges entre décideurs et experts de premier plan issus d’horizons divers. » Cette année le thème était porteur. C.H.A.M a été inauguré par une vibrante interrogation morale sur le capitalisme et le social. Le capitalisme peut-il être solidaire ? Repenser le capitalisme sanitaire. C’est à la mode.

Lire : Piketty, Pisani et le Pape


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La santé en panne d’innovation ?

Dans le contexte politique et économique actuel, bien morose, d’aucuns cèdent volontiers au pessimisme ambiant et à la critique facile. La ménagère n’écoute plus les commentaires alarmistes d’un David Pujadas annonçant que la dette publique française a dépassé les 2 000 milliards d’euros au deuxième trimestre 2014; ni même l’humour grinçant d’un Jean-Michel Apathie brandissant un rapport du Sénat affirmant que ladite dette est de l’argent sale détenu par le Luxembourg, le Royaume-Uni et les Îles Caïmans.  Tant qu’il y aura du pain sur la table, on ne sera toujours pas surpris par des annonces à venir, encore plus catastrophiques. Les chiffres sont tellement abyssaux que le « trou de la sécu » est devenu un incontournable des comptoirs.  Et dans un élan très schopenhauerien, les Français se conforment à la doxa médiatique : il n’y a pas pire (suite…)

Les étranges convergences entre le MEDEF et la FHF

À quelques semaines d’intervalle, la Fédération Hospitalière de France et le MEDEF publient leur plateforme respective. On y relève quelques étonnants points communs.

La Lettre de GaliléeAllons donc ! Ne nous mettons pas à imaginer que les scribouillards de la Fédération Hospitalière de France et les gratte-papier du Medef se réunissent à la nuit tombée pour tremper leur plume dans le même encrier quelque part entre l’avenue Bosquet et la rue Cabanis.
Notons seulement qu’à la lecture des propositions de la FHF, présentées par son fringant président, Frédéric Valletoux, le 11 avril dernier, on y pêche quelques similitudes avec la « contribution du Medef au débat sur la stratégie nationale de santé » parue en février dernier.

Lire : Touraine en mode mineur

Desserrer l’étau de l’État

O n peut s’en douter, quand l’État annonce 10 milliards d’économie sur l’assurance maladie, on entend rugir des sauve-qui-peut dans les fonds de cales. Même s’il n’est pas facile à identifier, le plan de redressement économique annoncé par le premier ministre aura au moins la vertu de stimuler les cerveaux de l’intelligentsia sanitaire pour trouver des exécutoires et sauver son pré-carré.

La FHF en vient à considérer le plan comme une chance pour l’avenir du secteur hospitalier.

La FHF en vient à considérer le plan comme « une chance pour l’avenir du secteur hospitalier. En clair, il s’agit de faire rapidement des économies à court terme, comme la lutte contre les prescriptions inutiles, tout en mettant fin à l’inflation de procédures bureaucratiques source de surcoûts prohibitifs ».

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Du vu, du vide, du vent

Editorial de la 233 François Hollande avait bien dit dans son programme que la santé devait devenir un « puissant moteur de développement économique » et que nous devions « sortir de la vieille image de la santé vue comme un coût ». On a bien vu aussi le 5 juillet dernier le premier ministre sortir ragaillardi d’un Conseil Stratégique des industries de Santé (CSIS) fort de 44  mesures stratégiques pour une industrie responsable, innovante et compétitive contribuant au progrès thérapeutique, à la sécurité sanitaire, à l’économie nationale et à l’emploi en France ». Le PLFSS 2014 n’a rien repris de cette grande idée de faire du monde de la santé un levier économique. Rapiéçages et bouche-trous, rustines et emplâtres mais rien des promesses entendues. Le vide sidéral. Impopularité pour impopularité, n’était-il pas opportun d’entreprendre des réformes structurelles audacieuses ? Le discours (suite…)

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