Tag archives : DMP

Rapport Villani sur l’Intelligence Artificielle : quelles perspectives pour la santé ?

Jeudi 29 mars dernier, Cédric Villani, l’excentrique mathématicien et député LREM d’Essonne, présentait au Collège de France son rapport sur l’intelligence artificielle (IA). Édouard Philippe, en septembre dernier, l’avait chargé d’une mission parlementaire de 6 mois. Une dizaine de pages sont consacrées au domaine de la santé. Décryptage.

Les experts sont unanimes pour saluer le travail considérable réalisé par l’équipe de Cédric Villani en un temps si court. La France doit se positionner pour jouer un rôle dans le développement de l’intelligence artificielle. Le rapport insiste sur la nécessité, dans tous les domaines, de renforcer les programmes de recherche, de s’interroger sur les limites juridiques et éthiques. Toutefois, si le rapport a le mérite de marquer et d’éveiller les consciences sur l’ampleur du phénomène IA, certains soulignent la faiblesse des crédits alloués (1,5Md€ sur 4 ans) et l’absence remarquée des entreprises.

Lire : Santé connectée : faut-il craindre les robots ?

La révolution de la médecine prédictive

Dans le domaine de la santé, l’intelligence artificielle « ouvre des perspectives très prometteuses » pour le patient grâce à une prise en charge « plus personnalisée et prédictive« .

Lire : Comment les Big data sauveront nos vies

Lire la suite…

Richard Ferrand, la prescription et les déserts médicaux

Éditorial de la 427ème Affaire classée sans suite. Dans son commmuniqué publié vendredi dernier, le procureur du tribunal de Brest a lavé Richard Ferrand, dans les affaires des Mutuelles de Bretagne, estimant que « les infractions d’abus de confiance et d’escroquerie ne sont pas constituées, faute d’un préjudice avéré.«  Seul bémol tout de même : « la question est apparue plus complexe s’agissant de la commission éventuelle d’un délit de prise illégale d’intérêts« . Il aurait fallu que les Mutuelles de Bretagne soient reconnues comme chargées d’un servie public. Or, bien qu’elles touchent des subventions publiques et offrent des prestations pour le public, leur statut de personne morale de droit privé les dédouane. « Le parquet de Brest aurait pu envisager l’ouverture d’une information judiciaire« . Mais de toute façon, les faits sont prescrits ! Ah (suite…)

Télémédecine sur internet : la course aux trésors ?

Une histoire qui fait couler beaucoup d’ancres. La télémédecine pouvait être considérée, jusqu’en 2009, comme une activité médicale « sous marine » qui, pour prendre l’air du large, avait besoin de remonter à la surface des océans. L’Amirale Bachelot, alors aux commandes de la flotte, créa dans sa loi HPST1 les conditions atmosphériques propices à l’émersion de la télémédecine. Mais, même bien programmé, l’anticyclone peine à s’installer durablement sur l’océan de la santé numérique. Nul besoin de longue vue pour remarquer que la majorité de la flotte est restée au port. L’Assurance Maladie, zone de basse pression, retient précieusement dans ses Caisses un fabuleux trésor, la rémunération des actes de télémédecine. Seule une petite flotte, a pris le vent, attirée par le scintillement d’un autre trésor, bien plus sensible que visible. Et, (suite…)

Le petit DMP est attendu à la caisse

On reparle du dossier médical personnel. Accaparés par la loi de santé, les syndicats de médecins n’ont pas eu le temps de voir s’approcher le char d’assaut de la CNAMTS. Le voilà aux portes de la ville (la médecine « de ville », s’entend) canon pointé sur les patients. Depuis plus de 10 ans qu’on tergiverse, le big data a envahi la planète, Facebook a dépassé le milliard de comptes actifs,  mais l’accès à ses données personnelles de santé reste pour le moment un vœu pieux. Un article de la newsletter de TIC-Santé évoque la cinquième conférence santé connectée organisée par Les Échos à Paris jeudi dernier. Une histoire chaotique Souvenez-vous qu’un certain ministre de la santé, aujourd’hui chantre pipolisé mais sûrement sincère de la défense des grandes causes perdues, s’était engagé en 2004 (suite…)

Données de santé : l’irrésistible aspiration de l’État

A l’approche du débat sur la loi de santé, trois documents devraient accrocher l’intérêt de nos honorables parlementaires sur l’utilisation de nos données de santé : la note de réflexion de Jean-Yves Robin, l’ancien directeur de l’ASIP, le rapport coordonné par Jacques Lucas vice-président du CNOM, le rapport remis au gouvernement par Philippe Lemoine en novembre dernier. Les trois réclament un renforcement de l’État. Mais le bénéfice-risque d’un renforcement des pouvoirs publics n’est-il pas défavorable ?

Petite histoire de monopoles

Le livre blanc du CNOM, précis comme un cours d’anatomie et habile comme un manuel pour les nuls (plus nombreux qu’on ne croit), retrace avec beaucoup d’esprit la petite histoire du numérique en France.
Pour Jacques Lucas, l’histoire du déferlement numérique remonte à seulement quelques années depuis notamment qu’un anglais a remplacé le « e » de electronic par le « m » de mobile. On ne compte plus les superlatifs pour définir aujourd’hui la période que nous vivons et qu’on assimile volontiers à une révolution mondiale aussi structurante que la révolution industrielle du XIXème siècle par son intensité et sa rapidité, tantôt redoutée (Lévy), quelques fois considérée comme une imposture (Besnier), le plus souvent encensée avec un optimisme inoxydable (Michel Serres).
Le passage du « e » au « m » marque en réalité une étape : 1980 l’ordinateur personnel, 1990 Internet, 2000 le déferlement des Smartphone, I-Phone et autres tablettes interconnectées. Le livre blanc du CNOM s’aventure à fournir des chiffres qui se périment à grande vitesse tant il est vrai que le marché des appareils connectés paraît aujourd’hui comme exponentiel (100 milliards d’objets connectés prévus sur la planète en 2020).

Lire la suite…

DMP : chronique d’une folie d’État

Le DMP, dossier médical partagé devenu « personnel» à force de balbutiements stratégiques, n’en finit pas d’agoniser. L’énormité des sommes englouties n’étonne plus. Le fiasco fait à peine l’objet de temps à autres d’un subreptice article dans la presse. Comment expliquer cet échec, alors que la plupart des autres secteurs ont réussi leur tournant technologique ? Le DMP est le prototype même d’une couillonnade publique hissée en dix ans au niveau de l’excellence dans l’échelle du ridicule.

Douste l’approximatif

La Lettre de Galilée

Tout le monde se gausse de Douste-Blazy, coupable d’avoir imprudemment annoncé en 2004, alors qu’il était ministre de la santé et de la protection sociale, l’accès de chaque Français à son dossier médical informatisé d’ici… 2007. Ceux qui l’ont connu ou simplement côtoyé savent que le maire de Toulouse survolait les dossiers, ne regardait pas ses notes et donnait des sueurs froides à ses scribouillards lorsqu’il commençait un discours. On ne nous enlèvera pas de l’idée qu’il n’y avait pas, dans son cabinet, quelques esprits éclairés sur les questions de technologies de santé pour lui souffler une énormité pareille. Si la vision n’était pas fausse et eut pu fort bien être inspirée par un Alexandre Moatti alors conseiller du ministre, le premier « monsieur DMP » avant son officialisation par la loi du 13 août 2004, l’argument économique, selon lequel le dossier médical éviterait 3 milliards d’euros de dépenses par an à la sécu, relève davantage de la rhétorique du directeur de cabinet lui-même, un certain Frédéric Van Roekeghem, dont on connaît aujourd’hui la destinée.

Peu importe aujourd’hui la responsabilité des Pygmalion de l’époque. Le discours est parti trop vite. Le concept n’a pas été ficelé. On y décèle en effet trois fonctions dont on ne sait pas, dix ans après, encore se départir :

  • Coordination entre les professionnels
  • Information du patient
  • Économie pour la sécu.
Ces trois ambitions du DMP sont complémentaires mais incompatibles. Le glissement sémantique de « partagé » vers « personnel » montre bien la confusion. Avant de préférer le ministère des affaires étrangères à un méga-ministère de la santé, Douste le dandy met

Lire la suite…

Qui veut tuer son chien

On ne peut pas dire que la nouvelle équipe de l’ASIP (acronyme pas encore entré dans l’usage au-delà des rangs des seuls initiés) n’ait pas tenu ses engagements. Créée après moult turbulences provoquées par celui-là même qui en deviendra le président potiche, cette Agence des Systèmes d’Information Partagés (ajoutez : de santé pour être complet) a reçu son acte de baptême seulement en juillet 2009. Pourtant un an avant, on commençait à susurrer le nom de son chef d’orchestre, Jean-Yves Robin, médecin passé dans l’industrie… non pas pharmaceutique, mais de l’informatique, pour être finalement présenté au grand jour le 9 avril par une ministre passée experte dans l’art du suspense. Si un scepticisme parfois cynique est encore mesurable sur le terrain à l’intensité des étonnements, en particulier dans les établissements (suite…)

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer