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Plan France Médecine Génomique 2025 : ambitieux ou dépassé ?







Le 21 juin dernier l’Institut National de la Santé américain (NIH) a autorisé un essai clinique de thérapie génique anticancéreuse, pour la premier fois directement sur l’homme, en utilisant la nouvelle technique révolutionnaire baptisée CRISPR-cas9 qui permet de « découper » l’ADN. Certaines voix s’élèvent d’ailleurs sur les risques de ces envolées transhumanistes. L’UNESCO dans un appel en octobre dernier avait demandé un moratoire sur l’ingénierie de l’ADN humain. Le Comité Consultatif National d’Ethique pour les sciences de la vie et de la santé a rendu en début d’année un avis (n°124) sur le séquençage à très haut débit de l’ADN humain en alertant sur les risques éthiques et les dérives liées à l’utilisation de données personnelles.

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Le rapport remis par Yves Levy, le patron de l’INSERM, le 22 juin dernier au Premier Ministre et à la Ministre de la Santé intitulé « France Médecine Génomique 2025 » détaille, en une quarantaine de pages et 14 mesures, les « conditions de mise en œuvre du séquençage du génome à grande échelle dans le cadre du parcours de soins« . L’objectif est de propulser la France en tête de peloton sur la recherche génétique et le séquençage à très haut débit de l’ADN humain. Concrètement le plan proposé s’attache à « mettre en œuvre un parcours de soins générique avec un accès privilégié, commun, à tous les patients affectés par les cancers, maladies rares ou communes permettant, à l’horizon 2025, un accès à la médecine génomique pour l’ensemble des personnes concernées (malades et leurs familles selon les indications) sur notre territoire. Prendre en charge, à l’horizon 2020, environ 235 000 séquences de génomes par an correspondant à 20 000 patients atteints de maladies rares et leurs familles (environ 60 000 génomes) et 50 000 patients prioritaires car atteints de cancers métastatiques/réfractaires au traitement (environ 175 000). Au-delà de 2020, une montée en puissance du dispositif est prévue avec la prise en considération de maladies communes.« 

Sur Radio Classique, Marisol Touraine a annoncé la création de 12 plateformes haut débit de séquençage du génome et a promis 670 M€ sur cinq ans (dont 1/3 par des acteurs privés), pour développer une « médecine personnalisée, adaptée au capital humain de chacun ». Une goutte d’eau pour amorcer la pompe et rattraper le retard de la France en la matière. Les États-Unis, le Royaume-Uni et la Chine, en particulier, ont déjà massivement investi dans ce secteur. Mais ce sont les géants de l’Internet, comme Google avec 23andme ou Calico, qui ont déjà trusté le secteur.

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Le rapport publié cette semaine souhaite proposer une vision à long terme du positionnement de la France et des enjeux à évaluer (innovation, développement économique et technologique, implications éthiques). Un modèle médico-économique « intégrant la prise en charge par l’Assurance maladie et le développement d’une filière industrielle pour soutenir cette initiative » en s’appuyant sur la mise en place une « task force public-privée » (p.34) est prévu. C’est d’ailleurs l’École d’Economie de Toulouse qui y planchera.

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À propos de Vincent Fromentin

Blogueur santé et directeur de publication de La Lettre de Galilée. Voir tous ses articles.

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