Numérique

Rapport Villani sur l’Intelligence Artificielle : quelles perspectives pour la santé ?

Jeudi 29 mars dernier, Cédric Villani, l’excentrique mathématicien et député LREM d’Essonne, présentait au Collège de France son rapport sur l’intelligence artificielle (IA). Édouard Philippe, en septembre dernier, l’avait chargé d’une mission parlementaire de 6 mois. Une dizaine de pages sont consacrées au domaine de la santé. Décryptage.

Les experts sont unanimes pour saluer le travail considérable réalisé par l’équipe de Cédric Villani en un temps si court. La France doit se positionner pour jouer un rôle dans le développement de l’intelligence artificielle. Le rapport insiste sur la nécessité, dans tous les domaines, de renforcer les programmes de recherche, de s’interroger sur les limites juridiques et éthiques. Toutefois, si le rapport a le mérite de marquer et d’éveiller les consciences sur l’ampleur du phénomène IA, certains soulignent la faiblesse des crédits alloués (1,5Md€ sur 4 ans) et l’absence remarquée des entreprises.

Lire : Santé connectée : faut-il craindre les robots ?

La révolution de la médecine prédictive

Dans le domaine de la santé, l’intelligence artificielle « ouvre des perspectives très prometteuses » pour le patient grâce à une prise en charge « plus personnalisée et prédictive« .

Lire : Comment les Big data sauveront nos vies

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PLFSS 2018 : Agnès Buzyn, Brahim Hammouche, l’apocalypse ou la résurrection ?

Éditorial de la 433ème Dans ses colonnes, La Lettre de Galilée empruntait récemment le chemin des arts divinatoires pour connaître l’avenir de l’article 36 du projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour l’année 2018 (PLFSS 2018). En effet, depuis l’examen de celui-ci en première lecture par l’Assemblée, plane sur cet article une terrible prophétie : l’amendement n° 489 du député Brahim Hammouche. Lire : PLFSS 2018 et télésurveillance médicale : qu'en penserait Nostradamus ? L’article 36 – du PLFSS 2018 prévoit de faire basculer dans le droit conventionnel la rémunération des actes de téléconsultations et téléexpertises par le lancement prochain de négociations conventionnelles entre l’Assurance Maladie et les syndicats signataires de l’actuelle convention médicale. L’article prévoit également à l’origine de mener pour une durée de 4 ans (suite…)

PLFSS 2018 et expérimentations de la télésurveillance médicale : qu’en penserait Nostradamus ?

L’amendement n° 489, adopté en première lecture par l’Assemblée nationale, sonne-t-il comme une prophétie annonciatrice de l’échec des expérimentations de la rémunération des actes de télésurveillance médicale de patients souffrants de maladies chroniques en rendant leur évaluation impossible ? Pour savoir ce qu’il en sera vraiment, empruntons les procédés divinatoires (les quatrains en moins) de Michel de Nostredame, apothicaire astrologue plus connu sous le nom de Nostradamus.   Lire : Financement de la télémédecine en panne et si on chamboulait tout ! C’est par une nuit sans pleine lune que les députés ont adopté contre l’avis de la Commission des affaires sociales, mais avec « la sagesse de l’Assemblée », l’amendement n° 489 du député Brahim Hammouche portant sur l’article 36 – du projet de Loi de Financement de la (suite…)

Financement de la télémédecine en panne, et si on chamboulait tout !

Si notre République est aujourd’hui en marche, qu’en est-il vraiment de la télémédecine et de son financement, en particulier de la rémunération des actes ? Le projet de santé d’Emmanuel Macron prévoit de déverrouiller la télémédecine. Ainsi il est inscrit dans son programme : « Nous déverrouillerons massivement l’accès à la télémédecine, levier de lutte contre les inégalités sociales et territoriales de santé. Nous aiderons financièrement les patients, les associations, les professionnels et les établissements à s’équiper en technologies numériques, devenues indispensables pour assurer une offre de soins de qualité partout. » Il s’agit pour Emmanuel Macron, grâce à la télémédecine, d’accélérer la lutte contre les inégalités d’accès à la santé et les déserts médicaux. Si le sujet du déploiement de la télémédecine ne résidait que dans le financement des (suite…)

Marisol Touraine rend visite à Google

Le 15 mars dernier, avant de s’envoler pour la Californie à la rencontre des entrepreneurs de la médecine de demain, la Ministre de la Santé a annoncé, dans le cadre du plan d’investissements 2017-2021 (2Md€) prévu par la réforme des groupements hospitaliers de territoire (GHT), le déclenchement de 550M€ pour 2 programmes afin « d’accompagner les établissements de santé dans le virage numérique« . Depuis près de 20 ans, on engloutit des milliards d’euros dans l’interopérabilité de systèmes d’information hospitaliers, le numérique à l’hôpital ou le dossier médical. Pourtant, à l’hôpital, on colle toujours des post-it avec les codes de connexion sur les écrans d’ordinateur. Pourtant, avec les technologies, les hôpitaux sont encore la cible privilégié des hackers et des ransomware : selon Microsoft, les hôpitaux américains sont en tête du classement; la France, derrière la Turquie, est en 7ème position. 

La semaine dernière, notre Ministre de la Santé, Marisol Touraine, était en Californie pendant trois jours pour valoriser « l’excellence médicale française » au travers des partenariats noués entre la France et les États-Unis. Se serait-elle donc jetée dans la « Google » du loup, pour parodier le titre de l’ouvrage (à lire) de Christine Kerdellant publié en janvier dernier chez Plon, en visitant Verily, l’une des filiales à haute valeur ajoutée d’Alphabet (Google) ? Installée dans le Sud de la Californie, cette société, qui cultive le secret, est dirigée d’une main de fer par le scientifique et entrepreneur Andy Conrad. Des projets pour « révolutionner la médecine« , pharamineux voire irréalistes, qui ont même fait fuir certains talents et cerveaux recrutés par la société.

Lire : la e-santé, les connexions dangereuses.

Comme Calico, ces sociétés qui bénéficient de budgets colossaux, d’investissements hors du commun ou de placements et d’optimisations dans tous les paradis fiscaux du monde, sont prêtes à tout pour révolutionner la génétique et la santé. Mais le plus effrayant n’est pas qu’ils aient potentiellement tous les moyens pour y parvenir, argent comme data, mais bien plutôt qu’ils n’aient aucun frein à leurs desseins transhumanistes : aucun comité d’éthique ou conseil médical indépendant pour freiner leurs ardeurs.

Lire : Quand Google nous vaccinera.

En septembre dernier, Verily et Sanofi s’étaient alliés en injectant chacun 250M€ dans une société commune baptisée Onduo. L’objectif est de tirer profit de « l’expérience de Verily en matière d’électronique miniaturisée, de techniques analytiques et de développement de logiciels grand public » et du « savoir-faire et de l’expérience cliniques de Sanofi« , leader sur le marché des médicaments pour diabétiques, afin de proposer des traitements innovants à destination des 442 millions de patients souffrant de diabète dans le monde. Une manière certainement de diversifier les activités du laboratoire pharmaceutique dans un marché en expansion mais à un moment où son médicament phare, le Lantus, tombe dans le domaine des génériques. Alors qu’en France les taxes sur l’industrie du médicament ne cesse d’augmenter opportunément, de quoi ont bien pu parler Marisol Touraine et Andy Conrad ?

Lire : Sécurité sociale, la révolution du financement prédictif

La laborieuse et coûteuse informatisation de l’hôpital

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Big Data en santé : le grand naufrage européen

La quasi-totalité des data center, les bibliothèques numériques du XXIe, sont sous contrôle américain. Les Etats-Unis ont un quasi-monopole sur les données de santé et sur la recherche médicale numérique, plaçant l’Europe et la France dans une situation de totale vassalisation. Le combat est-il perdu d’avance ? A Paris, au bord de la Seine, sur la rive gauche, trône en majesté La Bibliothèque nationale de France, François Mitterrand avec ses 4 tours de verre en forme de livres ouverts. Avec ses centaines de millions d’ouvrage de toute nature, la BNF renferme la quintessence de la culture humaine depuis que l’Homme crée et produit de la pensée jusqu’au XXe siècle. Mais où est la culture du XXIe siècle qui n’est plus dans les livres mais dans le Big Data, ce monde (suite…)

La soli-data-rité ou l’extension du concept de solidarité aux données personnelles de santé

Selon les prévisions convergentes de la plupart des cabinets d’études, le marché des objets connectés dédiés à la santé aurait dû décoller en 2014. Puis en 2016. Et maintenant, ce serait pour 2020… Pourquoi ce marché reste-t-il en France toujours émergent ? Si l’on se réfère à l’ensemble des objets connectés « santé », c’est-à-dire les dispositifs médicaux connectés (glucomètre, tensiomètre…) et ceux appartenant à la sphère du « bien-être » (traqueurs d’activité, bracelets, balance…), le taux d’équipement des Français n’a toujours pas franchi le seuil des 3 %, soit moins de 2 millions de personnes. À titre de comparaison, le taux d’équipement des Américains a d’ores-et-déjà franchi le cap des 10 %. Une proportion très faible donc, et ce malgré l’importance des besoins en termes de prévention et de suivi des maladies chroniques qui (suite…)

Santé connectée : faut-il craindre les robots ?

Avec 6,4 milliards d’objets déjà connectés, reliés à Internet, et 5,5 millions nouveaux appareils qui sont installés par jour (selon Gartner), l’Internet des objets (IoT) constitue une cible de prédilection pour les pirates. Le 21 octobre dernier, la société Dyn aux États-Unis en a fait les frais en essuyant une attaque qui a paralysé de nombreux sites Internet comme CNN, The Guardian, Netflix ou Twitter. Le pirate avait réussi à prendre le contrôle de 100 000 caméras. Avec l’arrivée des voitures connectées, des brosses à dents ou des bracelets connectés, la menace est prise au sérieux par l’Union Européenne qui prépare un label de sécurité européen. La HAS a publié hier un guide de recommandation pour les applis santé. Faut-il vraiment craindre les objects connectés ?

Lire : Comment les Big Data sauveront nos vies ?

En France, c’est l’hébergeur OVH qui a subi, mais déjoué, le même type d’attaque utilisant des objets « zombies », des caméras de surveillance. Selon la société Flashpoint, les pirates ont recours à un malware appelé Mirai qui utilise des failles de sécurité dans les objets connectés.

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Plan France Médecine Génomique 2025 : ambitieux ou dépassé ?

Le 21 juin dernier l’Institut National de la Santé américain (NIH) a autorisé un essai clinique de thérapie génique anticancéreuse, pour la premier fois directement sur l’homme, en utilisant la nouvelle technique révolutionnaire baptisée CRISPR-cas9 qui permet de « découper » l’ADN. Certaines voix s’élèvent d’ailleurs sur les risques de ces envolées transhumanistes. L’UNESCO dans un appel en octobre dernier avait demandé un moratoire sur l’ingénierie de l’ADN humain. Le Comité Consultatif National d’Ethique pour les sciences de la vie et de la santé a rendu en début d’année un avis (n°124) sur le séquençage à très haut débit de l’ADN humain en alertant sur les risques éthiques et les dérives liées à l’utilisation de données personnelles.

Lire :  Quand Google nous vaccinera

Le rapport remis par Yves Levy, le patron de l’INSERM, le 22 juin dernier au Premier Ministre et à la Ministre de la Santé intitulé « France Médecine Génomique 2025 » détaille, en une quarantaine de pages et 14 mesures, les « conditions de mise en œuvre du séquençage du génome à grande échelle dans le cadre du parcours de soins« . L’objectif est de propulser la France en tête de peloton sur la recherche génétique et le séquençage à très haut débit de l’ADN humain. Concrètement le plan proposé s’attache à « mettre en œuvre un parcours de soins générique avec un accès privilégié, commun, à tous les patients affectés par les cancers, maladies rares ou communes permettant, à l’horizon 2025, un accès à la médecine génomique pour l’ensemble des personnes concernées (malades et leurs familles selon les indications) sur notre territoire. Prendre en charge, à l’horizon 2020, environ 235 000 séquences de génomes par an correspondant à 20 000 patients atteints de maladies rares et leurs familles (environ 60 000 génomes) et 50 000 patients prioritaires car atteints de cancers métastatiques/réfractaires au traitement (environ 175 000). Au-delà de 2020, une montée en puissance du dispositif est prévue avec la prise en considération de maladies communes.« 

Sur Radio Classique, Marisol Touraine a annoncé la création de 12 plateformes haut débit de séquençage du génome et a promis 670 M€ sur cinq ans (dont 1/3 par des acteurs privés), pour développer une « médecine personnalisée, adaptée au capital humain de chacun ». Une goutte d’eau pour amorcer la pompe et rattraper le retard de la France en la matière. Les États-Unis, le Royaume-Uni et la Chine, en particulier, ont déjà massivement investi dans ce secteur. Mais ce sont les géants de l’Internet, comme Google avec 23andme ou Calico, qui ont déjà trusté le secteur.

Lire : Comment les Big Data sauveront nos vies.

Le rapport publié cette semaine souhaite proposer une vision à long terme du positionnement de la France et des enjeux à évaluer (innovation, développement économique et technologique, implications éthiques). Un modèle médico-économique « intégrant la prise en charge par l’Assurance maladie et le développement d’une filière industrielle pour soutenir cette initiative » en s’appuyant sur la mise en place une « task force public-privée » (p.34) est prévu. C’est d’ailleurs l’École d’Economie de Toulouse qui y planchera.

Lire : L'ubérisation de la santé est en marche.

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e-santé : les connexions dangereuses

L’heure du big data en santé a sonné. Les objets connectés se multiplient. L’assurance passe d’une logique de mutualisation à une logique d’individualisation du risque. Les progrès potentiels en termes de prévention, de traitement et d’observance sont considérables. Mais les risques de dérives éthiques et sociétales ne le sont pas moins. De big data à big brother, il pourrait n’y avoir que quelques codes informatiques. La santé tend à devenir un véritable eldorado pour les objets connectés et les applications smartphones. Selon une étude publiée par le cabinet de conseil en protection sociale Crysal, il y aurait 100 000 applications santé disponibles sur le marché. 60% de ces objets auraient pour finalité l’auto-mesure (pouls, battement du cœur, hypertension, etc…). Mais la connexion en santé va au-delà de ce qui est (suite…)

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