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La santé dans les primaires de gauche : les 7 candidats ont livré leur programme… ou presque

Éditorial de la 389

En 2011, 2,9 millions de Français s'étaient pressés pour départager les candidats lors des primaires de gauche. Depuis l'idée a fait son chemin et gagné tous les partis. Le 22 et 29 janvier prochains, 7 candidats de la "belle alliance populaire" se présenteront au vote pour de nouvelles primaires de gauche : Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Vincent Peillon, Sylvia Pinel, François de Rugy et Jean-Luc Bennahmias.

Quelques florilèges de leurs idées sur la santé.

La Lettre de Galilée

Manuel Valls

Si le programme est encore assez succinct et flou, on peut s'attendre, dans la veine des réformes déjà engagées et des promesses de la Grande Conférence de Santé l'année dernière à une poursuite voire un renforcement de la politique menée par Marisol Touraine en matière de santé.

Manuel Valls sur son site de campagne lance des idées fortes notamment la suppression des dépassements en secteur II et la fin du numerus clausus : "Augmenter le nombre de médecins avec la suppression du numerus clausus dans les études médicales" et "En finir avec les dépassements d’honoraire en secteur II conventionné". Nous évoquions récemment les réflexions sur le revenu universel, le candidat souhaite "créer un revenu décent issu de la fusion de minimas sociaux qui sera attribué, sous conditions de ressources, à toute personne âgée de plus de 18 ans résidant régulièrement sur le territoire national. L’accès devra être aussi simple et légitime que de bénéficier d’allocations familiales lorsqu’on a des enfants ou du remboursement de ses soins lorsqu’on est malade."

Lire : Valls, une volte-face peut-elle en cacher une autre ?

Arnaud Montebourg

Arnaud Montebourg sur son site de campagne pose directement la question à ses internautes : comment renforcer l’accès aux soins et leur efficacité partout en France ? Le défenseur de la 6ème République souhaite parmi ses 20 propositions phares "proposer à chaque Français l’accès à une mutuelle publique à 10 euros par mois" et "créer 5 000 postes dans les hôpitaux" (propositions 7 et 8). Pour lutter contre les déserts médicaux, il propose carrément de "salarier les médecins" et demanderait à la sécurité sociale de "créer des dispensaires".

Benoît Hamon

Outre la légalisation du cannabis et la mise en place d'un revenu universel (de 750€ par personne), Benoît Hamon veut éradiquer les déserts médicaux par la force : "Je lutterai contre les déserts médicaux en retirant le conventionnement aux médecins qui s’installent en zone surdotée. Cette mesure n’entrave en rien la liberté d’installation du médecin, qui peut toujours choisir de s’y installer : il ne bénéficiera simplement plus du conventionnement. J’encouragerai le développement de maisons de santé pluridisciplinaires rassemblant des médecins libéraux, appuyés par une société de service pour les fonctions support."

Il est également favorable à un droit à une aide médicale pour mourir dans la dignité "pour toutes les personnes atteintes d’une maladie incurable qui le demandent, au moment où elles le demandent".

Vincent Peillon

Le candidat s'oppose à la vision autoritaire de Hamon ou Montebourg et préfère renforcer les avantages des zones très sous-dotées en médecin (cumul emploi retraite, exonération fiscale pour les médecins remplaçants, etc.). Dans une interview parue ce lundi sur Le Quotidien du Médecin, il se dit attaché à la Sécurité Sociale, "un des piliers de notre République sociale". Mais si "la Sécurité sociale doit continuer de prendre en charge tous les risques", se pose aujourd’hui "un problème d’accès à une mutuelle". Il propose ainsi, comme Arnaud Montebourg, la mise en place d’une "complémentaire santé publique à un coût acceptable" pour une "couverture de qualité".

Il défend la PMA pour les couples de femmes et la légalisation de l'aide médicale à mourir. "La loi sur la fin de vie a permis plusieurs avancées significatives, en particulier sur la mise en place d’une sédation profonde et continue pour les patients en fin de vie. Je propose d’aller plus loin, en légalisant l’aide médicale à mourir, tout en universalisant l’accès aux structures de soins palliatifs, pour que tous les Français soient autonomes et libres de leurs choix en ce qui concerne la fin de leur vie."

Sylvia Pinel

Peu de mots sur la santé. Outre la légalisation du cannabis ou l'aide médicale à mourir, le programme du parti radical propose ainsi que "la lutte contre les déserts médicaux (qu’ils se situent en zone rurale ou urbaine) qui est une des principales préoccupations des français, doit également être renforcée, au-delà des maisons de santé, par une redéfinition des critères de présence des hôpitaux et des maternités. L’implantation de médecins dans des territoires sous-dotés doit être encouragée par le renforcement de mécanismes incitatifs. Par ailleurs, au sein du cursus des études de médecins, des stages obligatoires dans ces territoires pourraient être imposés."

François de Rugy

François de Rugy soutient une vision axée autour des mutuelles : "sur la base du volontariat, les Français pourront signer un contrat de santé avec leur médecin généraliste et leur mutuelle, qui leur garantira un suivi régulier et personnalisé pour améliorer la prévention et une limitation des coûts des soins. Les mutuelles verront leur rôle et leurs capacités d’intervention renforcés pour l’offre de soins."

Il est également favorable à l'euthanasie. "Les personnes en fin de vie, qui jugent leurs souffrances physiques et psychologiques insupportables, et pour lesquelles aucune solution de soulagement réel n’existe pourront avoir recours au suicide médicalement assisté. Pour celles qui ne sont pas en état de procéder elles-mêmes à l’injection ou à la consommation du produit létal, mais qui auront clairement exprimé leur volonté, une euthanasie pourra être proposée."

Jean-Luc Bennahmias

Comme Arnaud Montebourg, Jean-Luc Bennahmias souhaite installer "dans les grandes agglomérations" des "dispensaires" pour soulager les services d'urgences. Il propose également de taxer davantage le secteur pharmaceutique : "Une participation à l’effort de santé public et d’équilibre des comptes de l’Assurance maladie, sera demandée aux acteurs de l’industrie pharmaceutique, français ou intervenant en France. En retour, l’État doit faire un effort pour participer plus massivement à la recherche médicale, qui permettra à la France de garder sa place d’excellence mondiale dans ce domaine."

Quelques bonnes idées noyées dans un bain d'idéologie. On attend avec impatience les trois débats avant le premier tour organisés ce jeudi 12, dimanche 15 puis jeudi 19 janvier; ainsi que le débat d'entre deux tours le mercredi 25 janvier.

Pour aller plus loin :
Crédits photos : Ania Mendrek.

À propos de Vincent Fromentin

Blogueur santé et directeur de publication de La Lettre de Galilée. Voir tous ses articles.

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