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Fin de vie : chronique d’une loi qui déçoit

Le vote de la loi sur la fin de vie ne se fera pas sans douleurs. Mesure emblématique du candidat Hollande, l’engagement 21 souhaitait ouvrir  "pour toute personne majeure en phase avancée d'une maladie incurable" un droit à "bénéficier d'une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité". Le 14 janvier, lors d'une conférence de presse à l’Élysée, il a rappelé qu’il souhaitait une nouvelle loi pour compléter la loi Leonetti du 22 avril 2005 relative aux droits des patients en fin de vie. Aujourd’hui débattue au Parlement, cette loi tiède déçoit les parties prenantes.

Retour sur un "sujet présidentiel"

François Hollande a su maintenir le flou artistique jusqu’au bout, quitte une fois de plus à se griller les ailes avec sa propre majorité. "C’est l’histoire d’une promesse de campagne si habilement formulée que chacun y a lu ce qu’il voulait y voir" formulait habilement Le Monde. Même Leonetti reprochait à Hollande de "flouter ses positions" dans son entêtement à ne pas préciser sa pensée sur la fin de vie.

Dès son élection, le président fraîchement élu semble s’emparer du sujet de la fin de vie. En juillet 2012, il missionne Didier Sicard, l’ancien président du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), sur le sujet. A la remise du rapport, six mois plus tard, François Hollande demande au CCNE un travail sur les directives anticipées, écrites par le patient qui permettent d’éclairer sur son choix de fin de vie, et sur la manière de "rendre plus dignes les derniers moments d’un patient dont les traitements ont été interrompus", mais aussi sur les "modalités et conditions strictes" qui permettraient "l’assistance médicalisée au suicide". La porte est-elle pour autant ouverte ?

L’ampleur des manifestations contre le mariage pour tous qui ont rassemblé des centaines de milliers de Français a certainement fait réfléchir l’Élysée. Début 2013, la fin de vie n’est plus d’actualité. Le sujet semble enterré. Mais, un an plus tard, lors d’une conférence de presse en janvier 2014, François Hollande revient sur son engagement et annonce qu’un nouveau texte "rassembleur" sera déposé. "Je souhaite que ce texte puisse être élaboré sans polémiques, sans divisions et simplement dans l’idée qu’un cheminement est possible pour rassembler toute la société", déclare le chef de l’État.

Marisol Touraine, favorable à la mise en place du suicide assisté depuis longtemps, aurait pu mener la barque mais certainement trop occupée avec sa loi de santé, elle est mise sur la touche. L'enjeu est présidentiel et une mission parlementaire est nommée, portée par deux parlementaires : Alain Claeys et Jean Leonetti. Modérés, leur expertise sur le sujet doit permettre de trouver une entente...

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À propos de Vincent Fromentin

Blogueur santé et directeur de publication de La Lettre de Galilée.

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