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Conférence sur le climat – épisode XXI : « Si j’avais un marteau »

Ce 12 décembre 2015, les pays membres de la COP21, tels une armée de Jedi, ont été submergés par la force lumineuse d’un petit marteau vert les engageant à sauver la planète d’un réchauffement climatique anthropique.

De retour dans les salles obscures, le réveil de la force, 7ème opus de la saga Star Wars avec dans les premiers rôles le très sage Maître Yoda et son célèbre sabre laser, devra faire face à une rude concurrence. A la Conférence sur les changements climatiques de Paris, COP21, le monde entier assistait à un véritable tour de force de Laurent Fabius en grand sage du climat et de son éblouissant petit marteau vert. Tous deux ont scellé l’avenir de la vie sur terre. Ainsi, le 21ème opus des Nations Unies sur le climat se termine par un accord historique. Un clap de fin, début d’une merveilleuse espérance pour la vie...

Lire : Les fourberies de la COP21

D’aucuns trouveront cet accord vidé de contenu. Il ne s’agirait au final que d’un succès diplomatique et non climatique. Du côté obscur de la force, il y aura toujours des détracteurs pour voir le coût de l’organisation de la COP ou le verre à moitié vide de cette conférence, qui accouche pour certains défenseurs de l’environnement, d’un calendrier de mise en œuvre trop lointain et de financements incertains. Il est vrai que l’humanité entame une course contre la montre pour limiter l’augmentation de la température en deçà des 2°C. Mais un consensus porte ontologiquement son imperfection.

Et quand bien même il ne s’agirait que d’un succès diplomatique, rien, non rien ne peut ternir l’universalité de cet accord et sa puissance. Aussi loin que remonte l’histoire de l’humanité, jamais un consensus entre 196 pays aux intérêts immédiats parfois très divergeants n’avait été établi. L’accord de la COP21 est le terreau fertile dans lequel chaque pays pourra faire pousser des actions concrètes en faveur du climat.

Revoir les modèles énergétiques, agir sur les comportements environnementaux de façon collective ou individuelle ne servent pas uniquement à limiter l’augmentation de la température.

L’Organisation Mondiale de la santé nous dit que :

  • "le changement climatique impacte les déterminants sociaux et environnementaux de la santé : air, eau, nourriture, habitation.
  • Entre effets bénéfiques et maléfiques du réchauffement climatique, la balance penche du côté maléfique.
  • Avec des températures plus élevées, on assistera à une exacerbation des maladies cardiovasculaires et respiratoires et à un accroissement de leur morbidité. Les catastrophes naturelles et les variations de précipitations entraîneront  une destruction des habitations, des déplacements de populations, un manque d’eau douce salubre, des problèmes d’approvisionnement et de contamination de cette eau douce, de la malnutrition et de la dénutrition causées par l’impossibilité de cultiver la terre et d'élever du bétail.
  • Les conditions météorologiques influent fortement sur les maladies à transmission hydrique et celles véhiculées par les insectes. Le paludisme tue près de 800 000 personnes par an, pour la plupart des enfants africains de moins de 5 ans. Selon certaines études, 2 milliards de personnes de plus pourraient être exposées au risque de transmission de la dengue d’ici les années 2080.
  • Entre 2030 et 2050, le changement climatique pourrait entraîner environ 250 000 décès supplémentaires par an : 38 000 dus à l’exposition à la chaleur des personnes âgées, 48 000 dus à la diarrhée, 60 000 dus au paludisme, et 95 000 dus à la sous-alimentation des enfants."

Devant ces perspectives accablantes si l’on ne change rien, il est important de se réjouir de cette prise de conscience universelle ; urgent aussi de la cultiver. Les contraintes imposées par cet accord devraient sur ce dernier point nous y aider.

Lorsque la chanson contestataire "If i had a hammer", écrite en 1943 aux Etats Unis, fut adaptée en français pour devenir une chanson populaire consensuelle "Si j’avais un marteau", personne ne se doutait qu’un jour un petit marteau aurait le pouvoir de changer la face du monde.

« Si j'avais un marteau

Je cognerais le jour

Je cognerais la nuit

J'y mettrais tout mon cœur

Je bâtirais une ferme

Oh oh, ce serait le bonheur »

Avant et pendant cette COP21, Laurent Fabius a-t-il fredonné ces paroles ? Nul ne le sait …

À propos de Inès Caramouche

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