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Big Data : les Français s’en méfient

Cette semaine, un sondage Harris Interactive pour Quantmetry nous apprend que les Français connaissent mal les Big Data et le perçoivent généralement comme un flicage. Ils feraient plus confiance à leurs médecins qu’aux réseaux sociaux. Même si en réalité, Google ou Facebook en savent certainement beaucoup plus sur la santé et les risques à venir de leurs internautes que les médecins eux-mêmes…

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Ainsi, si la majorité des Français estiment que le Big Data sera de plus en plus utilisé dans le futur, 59% d’entre eux ne savent pas ce que signifie le terme "Big Data" et 87% s’estiment mal informés sur l’utilisation de ces données par les entreprises et les organismes publics. En revanche, parmi les acteurs à qui ils font confiance, ce sont les professionnels de santé qui arrivent en tête du classement (67% de confiance), devant la CNIL (65%) et les organismes publics comme la sécurité sociale (62%). Les réseaux sociaux ou les GAFA quant à eux au contraire n’emportent pas la sympathie : seulement 18% des Français ont confiance en eux.

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Un Français sur deux estime que les Big Data amélioreront le service rendu aux citoyens par les services publics mais en majorité les Français redoutent une intrusion plus poussée dans leur vie privée : 61% refusent de recevoir des publicités et des messages ciblés ou d’être géolocalisés par leurs services publics. Ils craignent ainsi une logique de "fichage" accru (81%). Seulement 15% pensent que les Big Data pourront offrir des opportunités pour les consommateurs parce que leurs besoins pourront être mieux connus.

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La santé semble un champ d’avenir pour le Big Data, plébiscité par les internautes. Encore faut-il des données de qualité. Ce qui n’est pas le cas de la majorité des innombrables applis commercialisées pour suivre son pouls ou sa tension. Une étude américaine de l'université Johns Hopkins, rapportée par Perruche en Automne, révèle comment une application populaire sur Iphone pour vérifier sa pression artérielle ne propose que des résultats soit faussement rassurants soit surévalués. Ce qui fait conclure à notre blogueur que "pour surveiller sa pression artérielle, il faut acheter un appareil certifié d’auto-mesure de préférence avec prise au bras plutôt qu’au poignet. Ne dépensez pas votre argent pour ces applications non validées cliniquement. Il y a un vrai danger. Le ministère plutôt que de faire de la démocratie sanitaire à deux balles ferait bien de s’occuper de ce vrai problème. La sécurité des patients est en jeu."

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Un autre événement fait écho à ces actualités sur le Big Data : la victoire d'AlphaGo, un logiciel développé par DeepMind, l’une des filiales de Google, face au meilleur joueur de go du monde, Lee Sedol. L'humain a abandonné face à l’intelligence artificielle. Selon les experts, l'ordinateur a joué de manière "créative" et "agressive". Une avancée majeure et un point de plus marqué dans l’appui essentiel que peut apporter l’intelligence artificielle, comme à un professionnel de santé par exemple. Eric Schmidt, le président exécutif d'Alphabet Google, reconnaît dans une interview aux Échos, que l'intelligence artificielle sera un des "grands défis mondiaux" pour la santé et le vieillissement.  On connaît Watson développé par IBM qui permet de confronter le diagnostic d'un professionnel à une base connectée où sont recensés des millions d’autres cas. L’intelligence artificielle permet d’analyser toutes les données rassemblées autour d’un patient -qu'un scientifique ou un médecin aurait mis des années à analyser : symptômes, découvertes, remarques du praticien, entrevues avec le patient, précédents familiaux. Cette intelligence artificielle engage un dialogue avec le professionnel dans le but de déterminer le diagnostic le plus vraisemblable et les options de traitement.

Ce 9 mars 2016, un article du MIT relatait l'ajout d'une fonctionnalité d'intelligence artificielle sur la plateforme anglaise Babylon, financée en partie par Demis Hassabis et Mustafa Suleyman, les fondateurs du projet Google DeepMind. Selon le fondateur de Babylon, Ali Parsa, sur le modèle de Watson, "le système est capable d'analyser des centaines de millions de combinaisons de symptômes instantanément", tout en tenant compte des informations génétiques, de l'environnement et du comportement du patient. "Un résultat plus sûr qu'un diagnostic annoncé par un humain"...

Les Français sont-ils prêts à relever ces défis ?

Crédits photos : Julien Rougeron.

À propos de Vincent Fromentin

Blogueur santé et directeur de publication de La Lettre de Galilée. Voir tous ses articles.
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