Archives de cet auteur: Remy Fromentin

Cofondateur de La Lettre de Galilée en 2007, il a mené une carrière de dirigeant au sein de l'Assurance maladie jusqu'en 2002. Il est depuis cette date consultant international.Voir tous ses articles.

Les leçons d’une crise inédite : Peut-on parler d’une impéritie de l’État ? (2/3)

La Lettre de GaliléeLes pays sont-ils tous égaux face à la pandémie de COVID-19 ? Peut-on dresser une typologie des systèmes de santé en fonction des premières données épidémiologiques disponibles ? C’est à cet exercice que se prête Rémy Fromentin, consultant international et fondateur de La Lettre de Galilée, dans une analyse dont il nous livre aujourd’hui le deuxième volet.

Lire le premier volet : Existe-t-il un modèle de santé efficace ? (1/3)

Lire la suite…

Les leçons d’une crise inédite : existe-t-il un modèle de santé efficace ? (1/3)

La Lettre de GaliléeLes pays sont-ils tous égaux face à la pandémie de COVID-19 ? Peut-on dresser une typologie des systèmes de santé en fonction des premières données épidémiologiques disponibles ? C’est à cet exercice que se prête Rémy Fromentin, consultant international et fondateur de La Lettre de Galilée, dans une analyse dont il nous livre aujourd’hui le premier volet.

Lire le deuxième volet :  Peut-on parler d’une impéritie de l’État ? 

 

Les résultats épidémiologiques et de mortalité publiés par l’OMS tout au long de cette crise sanitaire, si tant est qu’ils fussent validés par les instituts les plus sérieux de l’expertise statistique, montrent d’étonnantes disparités. Laissons de côté les données issues de pays dans lesquels l’infrastructure sanitaire est d’une telle pauvreté qu’il est impossible de dénombrer quoi que ce soit ; passons aussi sur les pays dans lesquels le mensonge d’État est érigé en principe avancé de géopolitique (voir à ce sujet le rapport de la commissaire européenne Vera Jourova qui pointe la Chine, Poutine et Donald Trump comme champions de la désinformation)

La question ici est de savoir si le modèle de santé mis en place par les pays touchés par la pandémie y est ou non pour quelque chose. Plus précisément, si l’organisation, la gouvernance, le rôle de l’État ont eu une influence sur les résultats observés.

Lire la suite…

COVID-19 : l’État ne sait toujours pas compter

Comptes, Contes et petit comte : le confinement à cause du COVID-19 aura au moins une vertu : celle de se donner le temps de prendre du recul sur les événements et de faire le tri dans les inepties qui circulent et que relaient sans ciller les médias et les réseaux sociaux. Car même dans les documents officiels il est parfois difficile de faire la différence entre les compteurs et les conteurs. Dans la santé, on ne sait toujours pas compter C’est d’une évidence à pleurer. Le recueil des informations sanitaires fait, depuis des décennies, l’objet d’une ardeur sans limite et d’un zèle inusable. Et pourtant, si sophistiqués fussent-ils, les systèmes d’informations, dans notre pays exemplaire, ne savent pas prendre en compte ce genre de situation. Pourtant pas si ancienne, l’expérience (suite…)

Mais où donc est passé notre beau modèle sanitaire français ?

Éditorial de la 488ème Il n’y a pas si longtemps, il était fréquent d’entendre que le système de santé français était le meilleur du monde, l’un des plus chers certes grâce à une sécu généreuse, mais dont la qualité était enviée par de nombreux pays. Cocorico. De réformes en réformes (une en moyenne tous les cinq ans), de ministres en ministres (un ou une en moyenne tous les deux ans et demi), de grèves en grèves (on ne les compte plus), voilà le maçon au pied du mur : un virus venu de Chine d’une contagiosité extrême, une situation inconnue depuis la grippe espagnole de 1918, et voilà, patatras, rien ne marche, notre beau modèle de gouvernance sanitaire démontre son inanité. La tête de l’État monte aux créneaux pour calmer les (suite…)

Retraites : une exaspération qui vient de loin

Éditorial de la 482ème Les récentes rectifications et la démission expresse du commissaire au gouvernement sur les retraites, Jean-Paul Delevoye, empêtré dans ses mensonges et ses multiples mandats, ne sont pas de nature à calmer la grogne populaire, même si, examinés de plus près, une dizaine de ces mandats relèveraient d’une activité bénévole. Mais enfin ! mentir de 50 000 euros pour un quasi-ministre est un sale coup porté à la probité publique. Ce n’est pas le premier de l’ère Macron. Sur la réforme annoncée depuis juillet, tout et son contraire circulent sur les réseaux sociaux avec un foisonnement de sites, de blogs et autres experts auto-proclamés qui, malgré les erreurs et les approximations, ont cependant tous un point commun : la dénonciation instinctive d’une vaste entourloupe. Et Jean-Paul Delevoye incarne (suite…)

CSG : le tour de passe-passe du Gouvernement

Après un été brûlant, l’automne pourrait bien être chaud. Le projet de suppression des cotisations chômage et du chouya de cotisation maladie en contrepartie d’une augmentation conséquente de la CSG fait partie de ces tours d’illusionnistes dont la gent publique a le secret. Derrière l’opération de jonglerie financière se confirme un mouvement de fond.

Le scénario est éculé. La première étape, dans l’euphorie du renouvellement politique, consiste à promettre une augmentation du pouvoir d’achat. La suppression de la part salariale des cotisations chômage (2,40 % sur le salaire plafonné) et de la part salariale de la cotisation maladie (0,75% sur le salaire total) est une ingénieuse poudre de perlimpinpin puisque il est prévu parallèlement une augmentation de la CSG de 1,7%.

Le différentiel pourrait apparaître intéressant (+ 1,35%). Encore convient-il de prendre la calculette car en effet le double jeu du déplafonnement et de la non-déductibilité partielle de la CSG de l’impôt sur le revenu mérite d’y regarder à deux fois.

Notons en effet que la CSG est une invention exemplaire : une somme que vous ne touchez pas mais sur laquelle vous payez des impôts sur le revenu. Même Necker en 1789 n’avait pas osé.

Sommes nulles

Quoi qu’il en soit, la mesure prévue (sans doute dans la loi de finances de l’automne) offre un coup double aux magiciens de l’économie et des finances : d’une main on donne du grain à moudre aux salariés (comme aurait dit Bergeron en 1958, le père de l’assurance chômage) et, de l’autre, on prélève sur les revenus de ceux qui sont le moins enclins à descendre dans la rue.

Encore que …

Lire la suite…

Merci Simone

Nous étions le 19 juin 1989. Le syndicat des cadres Force Ouvrière, peu habitué il est vrai à sortir de sa naphtaline, s’était aventuré, contre l’avis du tout récent grand chef à plume du syndicalisme réformiste Marc Blondel, à consacrer la première journée de son congrès à un débat sur l’avenir de la sécurité sociale. Simone Veil devait présider la table ronde. Il y avait là une belle brochette de «patrons» de la sécu : Gilles Johanet, Dominique Coudreau, Bertrand Fragonard, Christian Marie… il y avait aussi Maurice Derlin, le «sphinx» de la CNAM. Simone Veil en 1989 Catastrophique, le score des élections européennes était tombé. La liste du parti centriste menée par Simone Veil venait de prendre une veste : un poussif 8%, tout juste sept élus, une gifle pour l’ancienne (suite…)

Entre le chaos et l’eau tiède

Le chamboulement politique que vivent les citoyens français les place dans une situation cornélienne : empêcher le chaos qu’entraînerait une victoire du Front National ou opter pour le projet peu argumenté d’un jeune premier de la classe, arrivé premier au premier tour, qui s’évertue à ménager la chèvre et le chou dans l’espoir de rebattre les cartes de la gouvernance politique française. La mal-être de beaucoup de citoyens est visible car les voilà coincés, les citoyens français, dans une situation sans comparaison possible avec le 21 avril 2002. En quinze ans, le FN s’est dédiabolisé, s’est banalisé, Marine Le Pen sourit, édulcore, rassure au point de faire oublier le fond de commerce d’un parti qui prend racine dans ce que l’histoire française renferme de plus détestable. On n’écoute plus les experts, (suite…)

Osez Monsieur le Président !

Quelques propositions au futur chef de l’Etat pour améliorer le système de santé Le premier tour de la présidentielle 2017 aura été historique : l’effondrement des deux grands partis de gouvernement avec un Hamon dépité mais digne et un Fillon jugé par les électeurs avant de l’être par la justice, la fin du rêve de Mélenchon, mauvais joueur, qui aura montré son vrai visage tard dans la soirée en prenant le ton et l’allure d’un vieux général vaincu de la guérilla bolivarienne, un Front National éméché qui dansait la lambada en buvant du champagne et Emmanuel Macron, le vainqueur, savourant son succès à la porte de Versailles dans un costume encore un peu grand pour lui, « en marche » vers la victoire. Alexandre Jardin clôturait le grand show politique (suite…)

À propos du petit risque : la reculade de Fillon

Éditorial de la 386 Assailli par les reproches sur son programme santé, Fillon a été obligé de faire marche arrière. Les péripéties de ses propositions sur la politique de santé confirment la difficulté à réformer le secteur. Eric Le Boucher dans sa chronique des Echos de samedi résume parfaitement la situation : « le candicat (…) a dû reprendre sa copie devant les critiques et les sondages qui montrent que 9 Français sur 10 veulent qu’on préserve le système de santé. Et l’auteur identifie deux raisons : la première est la « schizophrénie de nos concitoyens » favorables aux réformes … sauf à celles qui touchent à leur sécu. La seconde est l’emballement médiatique sur des sujets trop ardus. « La réforme proposée n’a pas fait l’objet d’analyse sur le fond, dit-il, et tant (suite…)