Archives de cet auteur: Jean-Pol Durand et Rémy Fromentin

Depuis 2007, chaque mardi, Jean-Pol Durand, ancien rédacteur en chef du Quotidien du Médecin, Impact-Médecin Quotidien, Filières & Réseaux, et Rémy Fromentin, ancien haut responsable de l’assurance maladie, ont partagé leur vision sur l’actualité de la santé en France autour d’une lettre commune.

ALD : le nouvel épicentre de la réforme …

Venant après de nombreux autres plaidoyers en faveur de la réforme du régime de l’exonération de ticket modérateur, l’exhorte de la Haute Autorité de Santé au gouvernement apparaît comme un des appels les plus convaincants car elle ouvre, enfin, des pistes concrètes. Au nombre de trois, assez bien hiérarchisées : 1/ne rien faire, 2/tout bousculer au profit du « bouclier social » ou 3/retenir la solution intermédiaire de la réforme des critères d’accès. Roselyne Bachelot a aussitôt fait connaître son intention de … surseoir. C’est la seconde fois de sa courte histoire, après la proposition de déremboursement des veinotoniques, que le Collège des Sages de la HAS fait, de la sorte, la démonstration de son indépendance intellectuelle et politique. Justifiant au passage l’ambition nouvelle que vient de lui assigner le législateur dans la (suite…)

Le « chemin des dam » de l’information médicale

Quel que soit son émetteur -IGAS, IGF, Cour des Comptes, MECSS- la publication d’un rapport signé d’un des grands corps de contrôle suit invariablement le même scénario : la presse s’en saisit à la faveur d’une « fuite » tout à fait innocente sinon opportune, puis, après une poussée médiatique ciblée sur quelques coupables, le soufflet retombe aussi rapidement qu’il avait levé pour finir dans l’oubli généralisé. Le rapport de 252 pages que l’IGAS (inspection générale des affaires sociales) vient de consacrer à « l’information des médecins généralistes sur le médicament » méritait mieux, de la part de la presse, que quelques coups de griffes assassins sur les visiteurs médicaux. De France Info à Europe 1 en passant par Le Figaro ou Les Echos, on n’a retenu que ce qui pouvait aiguiser davantage la suspicion (suite…)

« Reloguer » le logiciel conventionnel

Quand l’historien aura à relire les premiers pas de la gouvernance Sarkozy, il est possible qu’il cite le PLFSS au nombre des actes refondateurs du contrat social de la France du XXIème siècle. C’est finalement moins la portée immédiate des mesures prévues qui fonde ce pronostic que le germe de « rupture » qui nous intéressera ici : Avec les franchises, c’est moins la ressource nouvelle (850 millions d’euros) qui importe que le changement de paradigme politique. Depuis 1945, les actifs bien portants payaient pour le risque financier lié à la maladie -n’oublions jamais que les arrêts de travail constituaient l’essentiel des remboursements jusqu’en 1958 !- mais le législateur semble convenir aujourd’hui que le statut de malade ne dispense plus du devoir de solidarité. Reste à porter le vrai débat devant l’opinion : pour la (suite…)

L’imbroglio de l’EPP

À force de remettre à plat depuis 10 ans le dispositif de la formation continue et de lancer l’évaluation des pratiques dans tous les sens, le paysage de la qualité médicale a du mal à s’éclaircir. Un médecin généraliste témoin de l’évolution du processus depuis 1980 n’hésite pas, dans un supplément du Quotidien, soutenu financièrement par un laboratoire pharmaceutique, à parler « d’usine à gaz ». Il est vrai qu’il est difficile d’y voir clair. L’histoire de l’évaluation des pratiques médicales est chaotique. On se souvient d’un Gilles Johanet exhorter les médecins à une évaluation régulière de leur pratique professionnelle dans un courageux « plan stratégique » qui, au-delà de la petite leçon de science politique qu’il infligeait à la ministre de l’époque, contenait puissamment l’arrière-pensée du conventionnement sélectif. Et de la réaction outrée (suite…)

Le capitalisme de santé « allié objectif » de la politique de maîtrise des dépenses ?

Une nouvelle génération de raiders déferle sur la santé ! La discrétion est le levier de son efficacité mais le milieu de l’hospitalisation privée ne bruit que des dernières acquisitions -Strasbourg, Brest, Montauban- qui précipitent, cette fois pour de bon, les derniers bastions du capitalisme de papa dans le monde impitoyable de la finance internationale. Le phénomène des chaînes a fait son apparition en France il y a une vingtaine d’années, dans le milieu des cliniques privées d’abord -avec la Générale de Santé, Medifutur, Hexagone- puis, plus récemment, dans le secteur de la biologie privée où la France est mise en demeure, par Bruxelles, de lever ses barrières réglementaires à la constitution de chaînes. Du moins reste-t-on sur une logique « métier » dont on peut contester la légitimité -ce dont ne se (suite…)

Le nouveau triptypique de la maîtrise : Chasse, Pêche et … Innovation

Pendant que le PLFSS entame sa navette parlementaire et que les sénateurs s’apprêtent à digérer les dizaines de pages des travaux de la commission des affaires sociales, la CNAMTS peaufine un plan d’actions dans le droit fil de son engagement de l’été. Alors qu’en effet le microcosme de la santé se focalise sur les ARS ou sur les franchises, les services de la caisse nationale concoctent un plan à plusieurs détentes, une sorte de couteau suisse avec des lames de tous calibres pour ne laisser aucune chance aux resquilleurs de tous poils. Les trois étages de la stratégie de la CNAMTS vont du plus simple au plus difficile, du plus visible au plus discret. 1/ La lutte contre la fraude L’activité de contrôle de l’assurance maladie est la partie visible, (suite…)

La mission d’audit public sur le DMP, … le bébé et l’eau du bain

Une véritable « Bérézina » : le mot est suffisamment rare sous la plume des très prudes inspecteurs de l’IGAS, de l’IGF et du Conseil Général des Technologies de l’Information (CGTI) pour aiguiser la curiosité de tous les observateurs qui ont eu à connaître le chantier-DMP. Leur rapport d’audit, maintes fois différé, n’est pas encore officiellement publié -Mme Bachelot le fera sous quelques jours simultanément à l’annonce de ses propres conclusions- que la curée médiatique a déjà commencé. Un peu malsaine venant d’anciens thuriféraires du chantier et de ses maîtres d’œuvre. C’est à la fois trop d’honneur et largement indigne. Trop d’honneur parce qu’il n’était pas besoin d’une mission d’audit public pour entériner un constat que tout le monde avait fait de longue date : ce chantier était décidément mal-né (suite…)

Débat sur les ARS : La souris qui accouche d’une montagne

Pilotée par l’ancien directeur de l’ARH d’Ile de France, aujourd’hui préfet en semi retraite, la « Mission Ritter » a 6 mois pour remettre son rapport. Aux termes de ses cogitations, un projet de loi sera déposé au printemps prochain dans la perspective d’une mise en place opérationnelle au 1er janvier 2009. Un premier séminaire a été ouvert le 11 octobre dernier par la ministre Roselyne Bachelot-Narquin qui a affirmé faire des ARS, mission que lui a confiée Nicolas Sarkozy, le « pilier essentiel de son action ». Les premiers échanges font toutefois penser à un étrange dialogue de sourds. Le paradoxe du sujet réside à la fois dans son ahurissant pouvoir de fascination, en même temps que dans son étonnante capacité à cristalliser les confusions. Entre deux épisodes de (suite…)

La face cachée du conflit des internes

Mauvaise pioche pour Nicolas Sarkozy qui ne s’attendait sans doute pas à mettre 10 000 carabins dans la rue en risquant la carte « Liberté d’installation des médecins » sur la table de jeu de la politique médico-sociale. C’était il y a quelques jours au Sénat à l’occasion d’un discours-programme sur la politique sociale de son quinquennat. A quelques encablures, à Bordeaux devant un parterre hospitalier, il a semblé faire marche arrière en démentant quelque velléité que ce soit de sa part contre les libertés fondamentales du libéralisme médical. Las, sa majorité parlementaire, qui n’avait sans doute pas compris le message subliminal, a provoqué un sérieux couac en retirant d’abord du PLFSS, pour les remettre en l’état quelques heures plus tard, les deux articles « qui fâchent » … Il (suite…)

Mémoire courte ?

Entre deux tourbillons médiatiques, le Président de la République a rendu publiques, le 21 septembre dernier, journée nationale de la maladie d’Alzheimer, les grandes lignes du plan dont le dispositif détaillé sera dévoilé début novembre. Au même moment, à Bruxelles, s’est tenu le congrès des neurologues de langue française au cours duquel une association nationale des réseaux mémoire a vu le jour. Quel lien entre ces deux événements ? La maladie d’Alzheimer n’est pas un effet de mode. Pour plagier Philippe Douste-Blazy lors de l’annonce du plan Alzheimer précédent, on est bien en face d’«une vague de trente mètres que personne n’a vu venir ». En 1962, Pierre Laroque, le père de la Sécurité Sociale, qu’on était allé chercher pour évaluer le délabrement économique des personnes âgées, ne pouvait s’imaginer (suite…)

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer