Archives de cet auteur: Jean-Pol Durand et Rémy Fromentin

Depuis 2007, chaque mardi, Jean-Pol Durand, ancien rédacteur en chef du Quotidien du Médecin, Impact-Médecin Quotidien, Filières & Réseaux, et Rémy Fromentin, ancien haut responsable de l’assurance maladie, ont partagé leur vision sur l’actualité de la santé en France autour d’une lettre commune.

Pelote de laine

Il y a plusieurs façons d’aborder une rentrée dont la plus familière aux gazettes en mal d’inspiration est de considérer qu’elle sera forcément « chaude » … Comme si la somme des motifs de mécontentement ou simplement d’inquiétude était génératrice de dynamique, fut-elle revendicatrice … Cette rentrée-ci s’accommode mal du cliché tant elle échappe aux pronostics … Sa principale caractéristique est d’être d’abord peu lisible.Inventaire : il y a donc d’abord cette fameuse loi SPT (Santé Patients Territoire) dont on sent, confusément, qu’elle a du mal à s’organiser. On était partis en vacances avec la conviction que les cabinets allaient s’y vouer corps et âmes … Quitte à bousculer quelques forteresses, foi de Ritter et Larcher réunis … Et l’on revient avec l’impression désagréable que l’affaire est loin d’être bouclée, les arbitrages rendus. (suite…)

Été meurtrier ?

Tout le monde ne part pas en vacances mais parmi ceux qui iront quand même s’aérer les pieds après le marathon conventionnel de la semaine dernière, beaucoup d’entre eux laisseront leurs téléphones branchés et leur blackberry sur le coin de la serviette. Marathon ? Non pas vraiment. Personne, à ce qu’on sait, n’est mort en annonçant la victoire. Plutôt entraînement de préchauffe avant les retrouvailles de septembre. S’il n’y a pas eu d’accord le 24 juillet c’est bien parce que l’été est incertain et que la marge de manœuvre des discutants manque de clarté. Qu’on s’aventure à proposer des économies sur les ALD et vlan ! retour à l’expéditeur sous forme de soufflet cinglant de la ministre. Qu’on s’amuse à piétiner sur l’asphalte et faire semblant de courir, et la menace vient (suite…)

Vingt ans après…

Alors que le PLFSS (projet de Loi de financement de la sécurité sociale) commence ses pérégrinations estivales souterraines pour recueillir avis, réactions et commentaires, le Haut Conseil pour l’Avenir de l’Assurance Maladie publie un rapport 2008, plein de pragmatisme et, comme à son habitude, d’un bon sens à faire froid dans le dos. Notons que l’histoire de cet aréopage de hauts responsables est assez atypique. Scénario devenu classique : quand une idée naît sous le crâne d’un ministre et qu’une réforme se fomente dans le secret de son cabinet, le pouvoir politique crée un comité de sages. En 1987, Philippe Séguin, alors ministre des affaires sociales, avait puisé dans l’intarissable exemple de l’histoire athénienne pour amorcer le débat sur l’avenir de notre bonne sécu. Six sages (pas sept) avaient été désignés (suite…)

Petites maisons dans la vallée …

Écrasé par une actualité débordante, le colloque organisé par l’URCAM de Franche-Comté le 13 juin dernier sur le thème des maisons médicales n’a probablement pas eu le retentissement escompté, comme d’ailleurs sont passés tout aussi furtivement dans la presse spécialisée les recommandations de la HAS (Haute autorité de santé) d’avril 2008 sur les délégations transferts et nouveaux métiers dans la santé, et, un mois plus tard, un nouveau document de travail du Sénat, décidément infatigable, sur la démographie médicale. Au moment où les élus des villes pleurent la fermeture de leur caserne, de leur tribunal d’instance et de leur maternité, les édiles des champs s’engouffrent avec un bonheur gourmand dans la brèche des maisons médicales. Ce sont en effet les communautés de communes rurales, regroupements largement encouragés par les pouvoirs (suite…)

Trois pataquès et une usine à gaz

La semaine avait commencé avec un couac de taille : la Cour des comptes qui, depuis quelques temps il est vrai, nous fournit généreusement une matière inépuisable, lançait un pavé dans le marigot des comptes de la sécurité sociale, en refusant de certifier les recettes encaissées par l’ACOSS (agence centrale des organismes de sécurité sociale). « Le déficit affiché ne reflète pas fidèlement la réalité » avait signifié gravement Philippe Séguin, premier président de la Cour, au ministre du budget Eric Woerth, tout étonné d’un durcissement de la haute juridiction par rapport à l’exercice passé. Il est vrai que l’erreur ne porte pas sur des vétilles : rien moins qu’un milliard d’euros dont il faudra bien faire l’économie un jour ou l’autre. Dans le même temps, le directeur de la CNAMTS, Fréderic Van Roekeghem, (suite…)

Les empêcheurs de compter en rond

L’actualité politique offre parfois des télescopages amusants : en matière de santé, les deux vedettes du jour se disputent le rôle d’empêcheur de compter en rond. L’un du nom de Philippe Seguin, connu de ce côté de l’Atlantique pour ses coups de gueule de gardien sourcilleux de l’orthodoxie comptable, et son alter ego américain répondant au patronyme de Ben Bernanke, patron de la célèbre FED, Banque fédérale américaine. Le premier s’est comporté comme un vulgaire président polonais, n’hésitant pas à gâcher la fête de la présidence française de l’Union européenne en accusant d’« insincérité » l’évaluation du déficit des comptes sociaux. L’accusation du patron de la Cour des Comptes est à la fois grave et désuète dans sa formulation mais elle porte gravement à conséquence : si, comme le prétend M. Seguin, le déficit (suite…)

Transferts, glissements et catharsis

Au moment où Eric Woerth exhorte la Cnamts à lancer un nouveau plan d’économie de 3 milliards d’euros en 2009, les questions du financement de la santé inondent la presse économique et les revues spécialisées. Sur le tapis, l’incontournable interrogation sur le financement de la dépendance, celle plus feutrée du mode de rémunération des médecins, enfin celle désormais plus ouvertement affichée de la refonte de la prise en charge des ALD (affections de longue durée). Avec, en ligne de mire, et à la faveur de la publication des mauvais comptes de la sécurité sociale, un PLFSS 2009 (projet de loi de financement de la sécurité sociale) qui promet bien des affrontements. Au chapitre des « coucou me revoilà », l’incontournable Alain Vasselle, sénateur largement impliqué dans les problématiques ardues du financement de la (suite…)

Moïse, Harris et les 10 commandements

L’annonce de la relance du DMP par la ministre de la santé est prévue pour cette semaine. Le danger pour Roselyne Bachelot, est qu’à force de remettre au lendemain sa communication officielle, elle n’a plus rien à annoncer ; les apôtres chargés, autour de leur chef, de porter la bonne parole, s’en occupent. C’est ce que font Michel Gagneux et Jacques Sauret (respectivement auteur du « rapport de relance » et directeur du GIP-DMP) venus à Montpellier, le vendredi 30 mai, tâter le pouls des 17 URML (unions régionales des médecins libéraux) qui avaient répondu spontanément à l’invitation de Dominique Jeulin-Flamme, présidente de l’URML du Languedoc-Roussillon et rare rescapée SML de la tornade des dernières élections de ces turbulentes institutions régionales. Après des exposés roboratifs sur les expériences de messagerie (expériences si peu (suite…)

La défaite des réformateurs !

Pourquoi faut-il que ce soit toujours la Droite parlementaire qui engage le bras de fer avec le corps médical ? La désillusion du corps médical a commencé en 1945 lorsque le gouvernement du Général de Gaulle a, par voie d’ordonnance, profité de la période de reconstruction du pays pour obliger les médecins à concevoir l’idée d’un tarif opposable… Elle s’est poursuivie en 1960, lorsque le gouvernement du même général de Gaulle, porté par la dynamique de la jeune Vème République, voulut à nouveau forcer la main des réfractaires … Elle s’est continuée en 1979 lorsque Raymond Barre a voulu imposer au corps médical le principe de l’enveloppe globale dont un voyage en Allemagne lui avait appris les vertus. Enfin plus près de nous, on se souvient de la façon cavalière dont (suite…)

Le médicament, Roekeghem et Orion

Le Président de la République le revendique haut et fort : le rythme des réformes est voulu. « J’ai lancé 55 réformes, parce que tout se tient. Parce que nous sommes dans une société complexe, que chaque réforme tient l’autre … » a-t-il indiqué il y a un mois à la télévision. Dans ce déferlement réformateur jamais vu –plus d’une réforme par semaine depuis un an !– la santé se taille la part du lion. Et la « cure de discrétion », il est vrai inattendue, de la Ministre de la santé, que souligne le faux ingénu Eric Favereau dans Libé (9 mai) ne suffit pas à dissiper le malaise. Au milieu de cette cacophonie, le rapport d’information sur le médicament établi par la Mission d’évaluation et de contrôle des lois de financement de la sécurité (suite…)

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